X INTRODUCTION
copal, partout où son action se fit sentir, il fut apôtre, et apôtre de la réformation.
Nous ne doutons pas que nos religieux lecteurs ne suivent avec un égal intérêt le récit des travaux accomplis par notre illustre Saint dans les situations diverses où il plût à Dieu de le placer. Parmi ces travaux, nous en racontons qui jettent un vif éclat sur les pages de notre histoire ; d'autres y occupent un rang plus modeste; mais cette circonstance, qui se rencontre partout, est ici de peu d'importance. Personne n'ignore, en effet, que cet éclat extérieur qui s'attache aux actions des grands hommes est moins une suite de leur mérite personnel qu'un emprunt fait à la position qu'ils ont occupée. D'ailleurs, en lisant la vie des saints, l'âme pieuse ne cherche qu'un aliment à sa piété., et le philosophe chrétien lui-même s'applique surtout à y étudier cette action intime et mystérieuse que la grâce exerce sur la nature pour la purifier, pour la transformer, pour l'élever à une hauteur d'abnégation et de dévouement à jamais inaccessible à la faiblesse humaine. Or, il nous semble qu'un tel spectacle est également digne d'attention, soit qu'il se développe silencieusement à l'ombre de la solitude, soit qu'il se produise sur le théâtre bruyant du monde.
Saint Thomas consacra plusieurs années de sa vie au gouvernement de la famille religieuse qui l'avait adopté. Les Ordres religieux, sauf d'honorables exceptions, avaient eux-mêmes subi, dans une certaine mesure, les atteintes de la décadence générale. Parmi les Augustins d'Espagne, on voyait, à côté de commu-