XII INTRODUCTION
mesures pour raffermir le nerf affaibli de la discipline ; mais, après tant de soins, il dit adieu à ses frères insoumis, avec la prévision, trop souvent justifiée, que les avis qu'il a donnés seront bientôt méconnus, que les règlements qu'il a portés ne tarderont pas à tomber dans l'oubli.
La réforme d'un corps religieux est, il faut le dire, une œuvre difficile et ingrate quand elle porte sur des âmes depuis longtemps énervées par la tiédeur. Déjà cette œuvre avait été tentée à plusieurs reprises et sans beaucoup de succès dans l'Ordre des Ermites de Saint- Augustin. Saint Thomas lui-même eut la douleur de n'obtenir que des résultats incomplets.
Cependant il ne se découragea pas. La stérilité de ses efforts servit à lui faire comprendre qu'il devait recommencer son œuvre sur un plan nouveau. C'est alors que nous le voyons, promoteur infatigable de la réforme, grouper autour de lui un certain nombre de disciples choisis, qu'il élève selon les traditions primitives de l'Ordre. Bientôt après, il confie aux flots de l'océan ces semences bénies, lesquelles, poussées par le vent de la Providence sur les plages du Nouveau- Monde, se développent avec rapidité sur cette terre vierge encore, y croissent, y grandissent, et produisent enfin la nouvelle famille des Augustins déchaussés.
Nous espérons que cette partie de notre histoire sera lue avec un fruit particulier par toutes les personnes qui ont fait des vœux de religion. Saint Thomas a connu tous les secrets de la vie religieuse, il en a éprouvé les douceurs et les amertumes, il en a rempli