‹ Histoire de S. Thomas de Villeneuve, dit l'aumonierChapitre 8 sur 37 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

nante, qui devine le besoin comme par instinct, qui n'attend pas pour donner que la main du pauvre se soit ouverte pour recevoir ; nous disons enfin l'aumône intelligente, qui soulage le corps au profit de l'âme, qui, tout en remédiant aux maux du temps, se propose pour fin suprême de prévenir ceux de l'éternité. Saint Thomas posséda éminemment le génie de l'aumône, entendue selon l'esprit de l'Evangile. Par la pratique de cette œuvre de miséricorde, il contribua à affaiblir l'influence de deux grandes causes de désordres, du luxe et de la misère, et il obtint des résultats étonnants pour l'amélioration morale des habitants de sa ville épiscopale (1).

Saint Thomas n'a pas recours à un autre moyen pour reformer son clergé : il fait l'aumône à ses prêtres, non-seulement l'aumône spirituelle de la prière et de la correction fraternelle, mais encore l'aumône des larmes et de l'expiation, l'aumône du sang. Oh ! nous n'oublierons jamais les douces émotions qui pénétraient notre cœur de prêtre lorsque notre main écrivait ces pages où nous représentons le bon pasteur passant les nuits entières en prières, arrosant son lit de ses larmes, faisant même retentir ses appartements de ses sanglots, en pensant à ceux de ses frères dans le sacerdoce dont il connaît la conduite criminelle ; ces

(1) On s'occupe beaucoup aujourd'hui de la question des tours pour les enfants abandonnés ; plusieurs de ceux qui ont parlé de cette salutaire institution, ignorent peut-être qu'un évoque catholique avait établi des tours , il y a plus de trois siècles, à la porte de son palais. V. 3e part. liv. 2e de cette histoire.

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