‹ Histoire de sa sainteté Pie IXChapitre 10 sur 27 · FUITE DE PIE IX · texte numérisé non relu

FUITE DE PIE IX

LIVRR V.

Celait le 16 novembre, le lendemain du jour où le comte tlossi était tombé sous le poignard républicain. La population de Rome s^était éveillée de meilleure heure qu'à l'ordinaire. De grands événements avaient été annoncés par les chel^ de la révolution.

t>es troupes d'hommes, à sinistres visages, et armes, ayant à leur tête des individus qui semblaient leurs chefs, parcoû* raient la ville, parlant entre eux d'un air de mystère, et ar« rêtant parfois les passants. Ils leur adressaient quelques mots, puià les laissaient s'éloigner pensifs et préoccupés de ce qui Veiiait de leur être dît.

Là physionomie de ces aventuriers était sombre; ils marchaient deux à deux, s^arrêtant quelquefois en cercle comme pour recevoir un nouveau mot d'ordre ou se communiquer une idée : après quoi ils reprenaient le cours de leur promenade et continuaient leur propagande populaire.

Quelque chose de mystérieusement sinistre, semblable aux sourdes convulsions de la nature qui précèdent Forage, agitait le peuple de Rome,

Cette abominable journée était grosse de révolte. L'insurrection avait été préparée par les agents des sociétés se* crêtes.

N'aurait-on pas pu appliquer a ces serpents ces paroles de saint Mathieu : « — Vous faites mourir les justes et les prophètes : or, le sang des justes et des prophètes retombera sur vous"! »

Ces misérables portaient des vêtements sordides, quoique quelques-uns fussent dans Taisance ; tout ce qui se voyait sur leurs personnes témoignait d'une absence complète de tout soin extérieur qui rappelait Jean-Paul Marat. L'expression de leurs yeux, à la fois audacieuse et ambiguë, était faite pour effaroucher la pudeur et inspirer de l'horreur et de la crainte* Ils se préparaient, en révolutionnaires au cœur plein de rapine et d'intempérance, à tondre les brebis que le bon Pasteur avait portées sur ses épaules, et à s'enrichir de leurs dépouilles- Ce n'était pas assez pour la révolution d'abrutir le peuple, de le réduire à l'athéisme et à la misère, d'en faire un trou-* peau de révoltés, c'est-à-dire d'esclaves; elle ne se contentait pas de si peu; il fallait qu'elle le rendit infâme, qu'elle le rendit régicide et déicide. Et c'est au nom de la Inerte et de Dieu qu'elle parlait et agissait !...

Vers midi, la foule, parmi laquelle on remarque un grand nombre de gardes nationaux et les chefs des sociétés secrètes, ainsi que les carbinicrs et les soldats de la ligne qui ont trahi Tordre et abandonné leur drapeau, la foule se porte sur la Place du Peuple et se rend au Quirinal pour assiéger Pie IXdans son palais. Voici les conditions que formulent pour elle les chefs du complot :

1^ Promulgation de la nationalité italienne ;

2** Convocation d'une Assemblée constituante ;

S"" Accomplissement des mesures votées par les Chambres, relativement à la guerre ;

4^ Acceptation du programme Mamiani, du 5 juin;

8^ Un iDini»tëre démocratique, composé de Sterbini, de Mamiani, de l'avocat Galetti, etc.

Ce dernier, l'un des lieutenants de Mazzini/ était arrivé de Bologne, le jour même de l'assassinat de M. Rossi, dans l'espoir de ramasser son portefeuille dans son sang. Joueur, débauché, criblé de dettes indignes, pilier des lieux honteux, Joseph Galetti avait déjà bien mérité de la démocratie par ses crimes. Fils d'un barbier de Bologne, il avait d'abord embrassé la profession paternelle; mais bientôt, plein de mépris pour le rasoir de Figaro, il l'avait quitté pour le poignard des carbonari. C'était un beau jeune homme, pâle, élégant, aux manières distinguées, au langage doucereux, un profond hy« pocrite qui pouvait pleurer à volonté. Il avait le regard fascinateur et la voix musicale, tout ce qu'il fallait pour entraîner et séduire; aussi rendit-il, par ses qualités de serpent, d'im-* menses services aux conspirateurs. Il était habile, dissimulé, sans conscience. Il parlait bien; il devint un airocat distingué.

Il y a quelques avocats qui se respectent, hommes conscien* cieux, pour lesquels leur profession n'est point un vil métier. Galetli n'était pas de ceux-là ! Il était de ceux qui aiment à gagner de l'argent, à déchirer et à mordre ; qui ne ménagent rien, ni l'honneur des familles, ni la réhabilitation de l'homme calomnié, ni la pudeur du foyer domestique ; vipères dans une robe noire, dont la langue bave la diffamation corrosive, dont les mains puantes et indiscrètes déchirent à l'envi les réputations. Ce sont ces gens-là qui ont compromis le gou^vernement constitutionnel et inventé son exagération, le parlementarisme^ ce fléau parlant.

Jusqu'à la dernière heure, Galetti trompa Pie IX, qui le crut sincèrement converti.

Eu 1831, il avait quitté la toge pour les armes ; il prit part aux guerres civiles qui désolèrent alors l'Italie. Chef de brigands intrépide et résolu, il se distingua à Cento, à Rimini, à Cesena , où il fut blessé, à la tête de ses partisans. Vaincu, il

(Mirviûti s'échapper, comme c'est le sort ordinaire des chefs, et se retira en exil, oii il chercha à intéresser la pitié étrapgèrci pour ses infortunes méritées*

Douze ans plus tard , il revint dans sa patrie pour dirigef une conspiration, ayant pour but d'assassiner le Pape Gré^ goire XVI. II fut arrêté avant d'avoir pu exécuter son exécrable dessein. Condamné, à Rome, aux galères à perpétuité, sa peine fut commuée en celle de la détention, par la générosité du Pqq< tife qu'il avait voulu immoler. Il était encore en prison lorsque Tamnistic de Pie IX lui en ouvrit les portes. Il fut se jeter au3( pieds du Pontife qui lui rendait la liberté ; il lui fit le serment de le servir pendant le reste de sa vie ; il abjura publiquement et bruyamment ce qu'il appelait les erreurs de sa jeunesse ; enfin ses protestations de repentir et de dévouement étaient poussées jusqu'à l'importunité. Le Saint-Père fut obligé d'en modérer l'ardeur, et de lui dire de sa voix paternelle : c Eh bien ! oui, mon cher enfant, je vous crois; mais c'est asseï^ c'est assez! >

Sa reconnaissance et son amour étaient devenu» indiscret? : c'était le mot d'ordre de Mazauni.

Depuis quelques jours, Galetti» comme les autres, avait jeté le masque et marchait impudemment à la ruine de son bien^ faiteur.

La multitude débordée se rendit à la Chambre des Députés, afin que celle-ci nommât une commission, tirée de son sein, chargée par elle d'appuyer les prétentions de l'émeute. L'im* portance véritable et la considération de l'homme politique, c'est sa fidélité au mandat dont il est investi. Il ne se gratdit pas en excédant ses droits, il s'affaiblit et s'abaisse. Les députés n'avaient pas le droit de céder à ces exigences; il devaient les repousser avec dignité ; mais déjà déshonorés par leur impassibilité complice, lors de l'assassinat de M. Rossi, ils suivirent la pente infâme sur laquelle ils s'étaient engagés. Ne roulant pas résister à lu révolution , ils devaient ki subir. Us oouvri*

reni la manifestation anarcbique d'un semblant de légalité^ en consentant à nommer cette commission.

La députation envoyée au Quirinal, dont les conjurés gar^ dftient l'entrée, fut reçue, non psff le Saint-Përe» comme elle le demandait, m»is par le cardinal Soglia , un vaillant cœur. Cet intrépide prélat répondit qu'il prévenait tout d'abord les rebelles qu'ils n'obtiendraient rien par la violence, et que le Pape ne céderait pas à Tinsurreetion ; puis il alla prendre les wdres de Sa Sainteté. En revenant, il dit aux députés de Té* mente que Pie IX examinerait leurs réclamations et aviserait dans la liberté de son droit et de sa sagesse. Les députés se retirèrent ftirieox, et allèrent faire part à la foule du résultat de leur démarobe« Une immense clameur de colère accueillit cette réponse... Une seconde députation, composée d'olBciers de carabiniers^ qui se présenta sur ces entrefaites, fut admise auprès du Saint-Père, qu'ils trouvèrent entouré des membres du corps diplomatique , accourus auprès de son auguste per^ aouie pour la protéger contre les violences de la révolution, et protester au nom de l'Europe. Les carabiniers supplièrent leur souverain de céder aux veeux du peuple, dont il leur semblait, disaient-ils, impossible de conjurer la colère. Pie IX leur répondit avec une noble fermeté que son devoir, comme sou* verain et comme Pontife, était de ne pas se laisser imposer de eonditions p» l'émeute, et M. Martinez de la Rosa leur dit , avec l'accent de l'indignation :

c —» Allez, Messieurs, allez dire aux chefs de la révolte que sHls persistent dans leur odieux projet, il leur faudra passer sur mon cadavre pour arriver jusqu'à la personne sacrée du souverain Pontife ; mais alors, dites-le*leur bien, la vengeance de l'Eqiagne sera terrible ! >

Les officiers répondirent, qu'en acceptant la mission qvTih rmpUssaient, ils n'avaient eu pour but que de conjurer une déplorable collision. M. le duc d'Harcourt , ambassadeur de Franoe, leér répliqua vivement :

a — Si VOUS faisiez votre devoir » Messieurs \ vous empêcheriez par les armes les malheurs que vous ne préviendrez point par de stériles paroles. »

— a Sachez, Messieurs, ajouta M. Martinez de la Rosa, sachez que les souverains de TEurope ne laisseront point impuni un sacrilège d^à consommé par les menaces impies d'une canaUte sans foi ni loi. »

Tous les membres du corps diplomatique (n^ésents à cette scène, firent écho^ et jurèrent que leurs gouvernements tire* raient une éclatante vengeance du moindre attentat. Les oiïi-' ciers des carabiniers promirent de résister à la canaille sans fin ni loi, si le Saint-Père le leur enjoignait» ajoutant qu'ils seraient inévitablement massacrés par la populace. Pie IX répondit qu'il ne pouvait ni ne voulait ordonner Teffusion du . sang, mais qu'il recommandait à chacun de faire son devoir. Les carabiniers se retirèrent en s'inclinant.

Pendant ce temps , les meneurs travaillaient la foule , hurlante aux abords du palais ; ils semaient la colère pour la tempête prochaine. Dans cette situation, dont chaque minute augmentait I^ périls , Pie IX demeurait calme y prêt à tout, à la mort même, s'il le fallait. C'est surtout en ces temps misérables et pénibles que la mort est un bienfait; car mieux vaut aller retrouver les grands cœurs des martyrs que de courber son front au milieu des lâches. Pie IX avait devant l'adversité cette attitude intrépide et résignée, ce stoîque sangfroid par lui conservé lors et depuis son élévation. U était toujours le même devant la fortune et devant les revers. Il semblait se mouvoir dans une sphère à lui, d'où il planait au-dessus de riiumanité, dans une majesté pleine de rayons.

Quoi de plus admirable que la pieuse et magnanime résignation de cette ame vraiment chrétienne! Dégagée des terreurs de ce monde, elle s'élevait plus haut que la terre» jusqu a cette espérance sublime, héritage de l'Homme-Dieu, son Mai** Ue, éternel consolateur de ceux qui souffrent» Pie IX avait dit

comme le Christ en buvant son amer calice : c Mon père, que votre volonté soit faite 1 » La mort ne l'eût point épouvanté ; il l'eût reçue comme un gage de la vie éternelle.

U rentre dans son oratoire pour prier, puis il revient auprès des ambassadeurs. Son beau visage, tout à l'heure pâle, est illuminé d'un céleste rayonnement. De ses yeux si intelligents et si doux, une flamme divine semble jaillir. Ses deux mains Jointes entre elles , et réunies sur son sein , lui donnent l'aspect héroïque d'un de ces sublimes martyrs qui , à Rome , mouraient pour la foi de Jésufr-Ghrist.

Son caliee de douleur n'était pas encore rempli.

Le cardinal Antonelli , apprenant que l'émeute menaçait d'envahir le palais , donne l'ordre aux gardes suisses , restés fidèles à la papauté, de défendre le terrain pied à pied.

«— c Nous sommes là , ajouta ce courageux prélat , nous sommes li pour mourir avec eux !

— c Oui ! oui ! » répétèrent les assistants.

C'étaimt le capitaine des gardes suisses et ses officiers ; le cardinal Soglia; inonseigneur Médici, maître de la chambre; Butaoni , maître du sacré palais; le marquis Sachetti, souspréfet du palais apostolique ; le médecin du palais ; les camériers secrets ; le Père Vaures ; un autre Français, le comte de Malherbe, qui tous étaient accourus pour protéger la personne de Pie IX, et mourir en le défendant. Ëtaient encore présents les ambassadeurs : le duc d'Harcourt, représentant la France; Martinez de la Rosa, l'Espagne, avec son secrétaire le cheva* lierd'Amao; le comte de Boutenicf, la Russie; le comte de Spaur, la Bavière; le baron de Veuda da Gruz » le Portugal , avec son secrétaire le commandeur Husson ; Figuereido , le Bréttl ; de Liledekerque , la Hollande. — * Le réprésentant de l'Angleterre n'y était point!...

Les intrigues auxquelles se livrait Tagent de la Grande-Bretagne à Rome n'étaient point un fait isolé. La même politique était pratiquée dans le reste de l'Italie, et nous devons ajouter

par toute l'Europe. La politique extériewe de TAûgleterre consiste à tout sacrifier pour arriver au but et à ne recaler devant aucun moyen. L'or de TÂngleterre, ennemie de la papauté, solda les agitateurs et les assassins des sociétés secrètes. Au surplus^ cette politique n'est pas nouvelle à Saint^Iames^ Nous pourrions citer les noms des officiers et des matelots de la marine française qui» en d'autres temps^ furent empoisonnés et assassinés traîtreusement par des btavi payés à cet effet par les agents de l'Angleterre.

La sédition grondait, et de moment en moment augmeatait sa furie. II faut une vigueur indomptable^ prompte surtout, pour soumettre les populations mutinées : cela manquait.

ËQ bas, aux portes du palais du Saint-Père> se passaient les scènes les plus lamentables.

. Cependant les Suisses tiennent toujours bon. Des hommes» qui semblent exercer un commandement sur la populace, les lèvres crispées par 1^ fureur, les yeux injectés de sang, les narines gonflées, s'apprêtent, semblables à des tigres, à se jeter sur eux. Ce sont les chefs des sociétés secrètes, des monstres, qui ont perdu tout sentiment d'humanité, qui égorgent les hojinétes gens avec cette rage impitoyable, cette rage démocratique qui se retrempe et prend une nouvelle vigueur dans le sang qu'elle fait couler.

Les gardes Suisses résistaient avec courage aux efforts de la populace, qui essayait de pénétrer dans l'intérieur du palsûs. Leur énergique et vaillante coopération sera la honte étemelle des autres troupes romaines qui se trouvaient là, et surtout de la garde civique. Ces braves Suisses furent ce qu'ils devaient être, dignes de l'uniforme qu'ils portaient, dignes de la cause de Dieu qu'ils défendaient. Si le combat se fût engagé, ils se fussent fait massacrer jusqu'au dernier; jamais ils ne se fos*» sent rendus; pour les vaim^re, il aurait fallu les tuer, et ils seraient tombés comme tombent les braves^ la face tournée à l'ennemi.

Ab ! le courage ne mauquait pas à ces quelques défisoseurs de la papauté ! Ils étaient de ceux qui combattent avec vail** lance, au grand jour» poitrine découverte, et contre qui? Contre des ennemis ténébreux» retranchés dans l'ignorance at les vices du peuple comme le bandit dans les broussailles du chemin.

La garde suisse, défendant le Quirinal, n'était composée que de soixante-dix hommes; chacun d'eux n'avait que trois cartouches pour toute munition. Il font néanmoins bonne contenance, et parviennent à empêcher la foule d'entrer» L'un d'eux est désarmé de sa hallebarde ; un autre est privé de son plumet, coupé par un enfant du bataillon de rEspérance, qui a pu parvenir jusqu'à lui» porté par les bras de quelques émeu* tiers. Le sergent Martin Grëtter s'avance alors vers les anarchistes, et leur reproche leur lâche conduite en termes énei*^ giques; il reçoit un violent coup de bâton qui lui meurtrit le bras, entame les chairs et met en lambeaux son uniforme. Cette brutale agression est accueillie par les cris de : <c À bas le9 Suisses ! Mort aux Suisses ! Tuez*les ! tuez-les ! d

Les gardes suisses ne répondirent pas par une décharge, comme c'était leur droit, car ils avaient été attaqués ; maisj phis modérés que leurs ennemis, ils se contentèrent de sa re* plier et de fermer la porte principale du palais. Un coup de fusil est tiré. Les conjurés, imitant leurs frères de Paris au 24 février 1848, s'écrient, à ce signal convenu: « On égoi^e nos frères ! Vengeance ! Aux armes ! y> Plusieurs se répandent dans la ville consternée, et dans laquelle le tambour de la garde civique bat traîtreusement le rappel.

A ces cris, se mêlent ceux d'une nouvelle bande qui arrive en armes en criant : « Vive la Constituante italienne I vive le gouvernement démocratique ! vive la république ! » Ce sont les étudiants de la Sapience , élevés aux frais du gouverna ment!.,.

A la tête de ces jeunes gens et de quelques membres des

sociétés secrètes, le citoyen Charles Bonaparte» qui déjà a quitté le nom de prince de Canino» parait armé d'un fusil. Ce père de famille, cet obligé de la papauté, s'apprête à payer sa dette de reconnaissance à coups de fusil. Il sera président de cette assemblée ré?olutionnaire, que son cousin, Louis Napoléon, en prince catholique « ira bientôt disperser. A chacun la responsabilité de ses actes. La louange n'a de prix qu^autant qu'elle n*est pas servile.

Quand nous nous sommes montré sévère , ce n'est ps^s rhomme que nous avons attaqué, c'est le principe qu'il représente. Nous ne pouvions nous en dispenser sans trahir les convictions de notre âme. Nous ne commettrons jamais ni cette inconséquence, ni cette faiblesse.

Donc, telle fut la conduite des révolutionnaires de Rome dans cette journée criminelle.

Et ces hommes, attachés au pilori de la honte par l'histoire, à laquelle ils appartiennent , quoi qu'ils fassent, ont encore l'impudence de protester quand l'histoire flétrit leurs actes. Mais ils ne corrompront pas son impartiale justice; ils ne donneront pas le change à la postérité. S'ils rougissent de leurs forfaits, de la part féroce, odieuse, active, qu'ils ont prise à toutes les iniquités commises par la révolution, qu'ils le con* fessent publiquement, courageusement; ils n'obtiendront la grâce de Dieu que par la prière et les larmes du repentir. Qu'ils désavouent ce passé tout dégouttant de sang; jusque-là qu'ils courbent leurs fronts sous une flétrissure méritée.

Canino, si diflîérent du prince Louis Napoléon, a fait peser son injuste colère sur la papauté qui l'avait comblé, lui et les siens; il s'est ligué contre ceux qui^ parla terreur, ont voulu la contraindre à abdiquer, et par la violence l'ont chassée, à cetix qui espéraient s'emparer de l'auguste personne de Pie IX, l'arrêter de leurs mains sacrilèges, le plonger dans les geôles, le livrer à la torture et le faire mourir. Il s'est ainsi attaqué à son Père, il a trahi ce souverain qui l'avait aimé du plus tendre

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