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Si l'indifTérencc, si ie sceplicisme ont saccédé à la foi, c*est la faute de cette politique. C'est de sa faute si le commuDisine a perverti les cœurs, si les liens de la famille se sont relâchés.
Cette philosophie a été le signal de l'abâtardissement des nations chrétiennes et de leur dégénérescence. ••
L'Espagne avait parfaitement compris la question et l'avait carrément abordée.
Il y avait urgence; il fallait intervenir immédiatement; il fallait agir vigoureusement et dans le plus bref délai. Il n'y avait aucun ménagement à garder avec les usurpateurs de Rome; chaque heure de retard dans la répression était un crime de plus qu'on laissait commettre; temporiser, comme cela eut lieu^ était une faiblesse ; parlementer avec l'émeute, comme le voulait Gioberti, était une lâcheté et une trahison.
Sur ces entrefaites,- le cardinal ÂntonelU, au nom du Saint- Siège, avait adressé aux gouvernements catholiques de l'Europe une demande pressante et formelle d'intervention. Dans cç mémoire, le Saint-Siège priait la France, TAutriche^ l'Espagne et le roi de Naples de mettre un terme au scandale donné dans la capitale du monde catholique. Cette note était précédée de l'exposé de tous les événements qui s'étaient passés à Rome depuis le 24 novembre, époque à laquelle le Saint-Pfere avait été obligé de la quitter.
Les puissances catholiques se hâtèrent d'envoyer des plénipotentiaires à Gaête, oh le papç avait souhaité que s'ouvrit le congrès diplomatique à ce sujet. I^ France avait déjà protesté
contre la République de Rome, qu'elle avait refusé de reconnaître, et quoiqu'elle fût provisoirement gouvernée par le général Cavaignac, républicain, fils d'un régicide et frëre d'un conspirateur célèbre, elle avait réuni un corps d'armée, sous les ordres du général Mollière, qui s'attendait à tout instant à partir pour aller dompter la démagogie italienne. Le Portugal, qui s'était empressé d'offrir à Sa Sainteté l'hospUalité dans un de ses palais, envoya le baron Venda-da-Cruz à Gaète pour offrir le concours de ses armes à Pie IX. L'armée autrichienne, déjà maîtresse de Ferrare, n'^attendait qu'un signal; l'Espagne armait ses vaisseaux de guerre ; Ferdinand de Naples et ses soldats avaient la main sur leurs épées, impatients d'en finir avec les profanateurs de la ville sainte.
C'était un beau et grand spectacle que cette attitude des puissances catholiques, prêtes à aller combattre les misérables qui avaîent fait de Rome une esclave et une prostituée.
L'Angleterre hérétique, qui, sous main, encourageait les tyrans imbéciles et cruels de Rome, n'osait publiquement les défendre, à cause de l'énormité de leurs crimes. D'ailleurs, à Texception de lord Palmerston et de ses amis, les hommes d'Etat de ce pays, bien qu'hostiles à la papauté, ne voulaient pas s'associer aux usurpateurs, par respect pour l'édifice social européen, sapé par eux dans ses bases au nom de la liberté et de l'égalité du crime. Ce sentiment honorable n'était pas logique avec la prétendue religion qu'ils professaient, car le protestantisme, révolte contre l'autorité de Dieu, conduit au socialisme, révolte contre l'autorité humaine , contre l'ordre établi par la civilisation; mais ils ne voyaient pas si juste et si haut, et l'instinct de la conservation sociale leur inspirait, quoique hérétiques, une profonde aversion pour l'anarchie démocratique.