‹ Histoire de sa sainteté Pie IXChapitre 18 sur 27 · LIVRE Vin · texte numérisé non relu

LIVRE Vin

Pendant que se préparait pour l'Église une éclatante réparation, les maîtres de Rome, jouant la sécurité» continuaimt à mépriser la tradition, la justice, les principes les plus respectés et à immoler le repos, la fortune et l'honneur du peuple à leur lâche et cruelle ambition. Rome se trouvait dévorée par des milliers de voracités subalternes.

Le ministère, dépendant du triumvirat, avait été reconstitué de nouveau. L'ancien ministre de la guerre conservait son portefeuille, qu'il allait bientôt remettre à un intrigant plus populaire que lui dans les clubs; les autres ministères étaient ainsi répartis : les affaires étrangères à Rusconi ; l'intérieur à BertiPichat; l'instruction publique à Sturbinelti; les finances à Manzoni; les grâces et justice à Lazzarini; les travaux publics à Montecchi. La République était obligée de changer souvent de ministres» afin de satisfaire à toutes les avidités. — c Je n'ai pas encore été ministre, » disait l'un. — c Un tel doit me céder son portefeuille, disait l'autre; il y a assez longtemps qu'il le tient. > — € C'est ridicule, reprenait un troisième en s'adressant à Mazzini^ tu ne penses pas à moi! » X. lî. 9

^ ISO —

Et ainsi de suite. Ces républicains avaient proscrit le mot mus de leurs lèvres ; ils usaient du tutoiement, — cette caresse du langage qui sied bien aux cœurs qui s'aiment, mais devient une grossièreté, une ignoble et injurieuse familiarité de la part de tout le monde. Un peuple sans politesse, sans courtoisie, est un peuple sans moralité ; le langage d'une nation suffit à révéler ses mœurs.

Les républicains avaient épuisé les caisses de TEiat. Plus Tesprit réactionnaire se fortifiait, moins les impôts extraordinaires produisaient. Et puis, le peuple, qui n'avait plus ni commerce, ni industrie, ni travail, n'avait plus d'argent à prendre ; ceux qui eii avaient, l'avaient caché. Le triumvirat eut recours à la violence. II lança un décret redoutable, dans lequel il menaçait les imposés. Par un autre, il ordonna l'émission de deux cent mille écus en billets de vingt-quatre baîo* qqét. Cette mesure, qui précéda celle de Vémiesion denoiiveaux bons du Trésor pour une somme de deux cent oinquant&elun mille cinq cent quatre«-vingt«>quinze écus, fut suivie d'une autre plut déloyale encore : l'émission, par un décret, do cent mille écus de cette monnaie dite trosa^ qui était fausse et dont personne ne voulait à aucun prix. Cette monnaie, ainsi que les bons du Trésor elles billets de la République romaine» tout cela avait autant de valeur aux yeux du public que les pierres des chemins. Les triumvirs autorisèrent, le 19 avril, la Banque romaine à émettre deux eent mille écus de billets, avec cMTê foreé^ à la condition que la Banque leur donnerait deux cent mille écus en billets contre somme égale en consolidés romains au taux de quatre-vingt'^UD. Ces mesures ne don-' nèreat pas du crédit à la République ; un autre décret , qui trahit la misère publique, fut publié ainsi :

« Le gouvernement républicain, vu l'urgence de frapper la plu8 grande quantité possible de monnaie pour subvrair aux besoins publics, autorise l'achat des malibree d'fH^ent avee nae prime de dix pour cent, a

' Les républicains inventèrent alors, dans leur détresse, un moyen de se procurer de l'argent, moins encore pour passeï^ dans les orgies les derniers jours de puissance qui leur res-* taient, car pour cela il leur suffisait de présenter les chiffons de papier écrits par eux, que pour se ménager des ressources dans leur exil futur. Car ils ne pouvaient croire que cette dé^ bauche durerait toujours et qu'ils resteraient les usurpateurs impunis de Tautoritédu Qouveraia Pontife. Pour se procurer donc de Targent, ils imaginèrent de se présenter, par bandes, chez les particuliers opulents, de les dépouiller, le poignard sur la gorge, de tout ce qu'ils possédaient de valeurs, d'objets précieux, d'argent, d'or, et même de cuivre, car, dans certaines maisons, ils prirent jusqu'à la batterie de cuisine, pour faire des sous, disaient-ils, afin depager le$ difmMmi de la patrie. En révolution tout est admis au nom de la patrie et de la souveraineté du peuple ; on peut tout se permettre au nom de la loi du salut public. Les républicains de Rome ajoutaient ; au nain de Dieu. Ils ont poussé le blasphème jusqu'à mêler le nom de la Providence à toutes leurs ignominies, à tous leurs attentats.

Les douaniers de Rome furent souvent employés par les triumvirs pour ces visites domiciliaires, pour ces brigandages commis par des hommes qui prétendaient avoir l'estime de TEurope. Mais ce ne furent pas seulement à des vols à main armée que Mazzinî fit servir ces farouches bravi, ce fut à des assassinats. H est impossible, encore une fois, de savoir le nombre exact de toutes les personnes qui furent ainsi égorgées par les républicains, depuis le meurtre de M. le comte Rossi. Ma^^ini en fit immoler pour sa part considorablamenl. Les preuves abondent coutro lui. D'ailleurs, le chef des sociétés secrètes ne cherche pas même à rmr ; c'est là précisémefit cte qui fait son inQueuce sur les repria de justice et autres aûélé^ rats qui composent sa féroce armée; c'est là sa suptfrioi^é dans un camp oii le eomnoandement est au plus san^ulnaim^

C'était principalement aux douaniers que Mazzim désirait les volés auxquels il ne voulait pas laisser de lendemain» auxquels il avait résolu^ dans sa délicatesse républicaine» de prendre la vie après la bourse.

Les deux pièces suivantes ont été publiées par VhtruUore dit Popoloy journal de Turin :

RÉPUBLIQUE ReMAINE.

Page 1