‹ Histoire de sa sainteté Pie IXChapitre 24 sur 27 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

Rome ressemblait à un malade, auquel un habile praticien vient d'appHquer une médication qui bannit non-seulement toute crainte de répercussion, mais qui doit au contraire ins* pirer la plus parfeite sécurité. Quand les matières fâcheuses qui, accumulées, amoncelées dans les organes» y portent le ravage et la mort, en ont été chassées, Téquilibre se rétablit insensiblement; les articulations, libres, d'entraves s'assouplissent; les appareils fonctionnent sans difficulté, et la vie circule partout librement.

Ainsi en était-il de la ville éternelle depuis que Tarmée catholique avait vaincu sur ses murs et chassé de son sein ces mauvais génies, auxquels les Romains attérés avaient vainement sacrifié pour se les rendre favorables.

Le prince Pierre Odescalcbi, qui avait accepté de former sous sa présidence une commission provisoire municipale pour remplacer la commission républicaine, l'avait ainsi composée : MM. Bianchini; Carpi, professeur; Ralli, avocat; Scaramuccht, avocat; Tavani, docteur en médecine; Balli, docteur en médecine; le marquis Capranica; Spagna, docteur en médecine; le marquis Cugliclmi; Massani, avocat ; Vincenzo

lue par la Tévokition, de. rétablir rautarité (ei^fM)raU« de la papauté. Le triomphe de l'armée catholique fut câébré» en même temps, par un TtDeum.

Une révolution n'accable pas tout à coup un peuple, elle ne .tombe pas tout à coup dans lee douces habitudes et rharoianie d'ujpe vie heureuse sans y apporter les plus fatales ^perturbations* Les Romains étaient donc épuisés. Mais ce jciarJà, la ville éternelle prit un air de fête heureux et sincère. Après les tempêtes politiques, les peuples retrouvent en eux leur foi et leurs vertus, comme, après les orages, dans les champs inondés, on retrouve des fleurs échappée à la dévastation générale. Quelle différence de cette fête avec celles ,in»po8ées par la République ! Les visages étaient épanouis ; Tenthousifidnie religieux rayonnant. Le bonheur brillait sur tous les visages, bonheur calme et serein, que la crainte du poignard ne Iroublait plus. £t que de gratitude pour ces soldats français qui avaient fait ce repos aux Romains ! Que d'applaudissements sur leur passage! que de vivats I Le clergé, qui avait courageusement refusé son concours aux républicains, le prêtait de tout son cœur aux enfants de la France, qui avaient renversé l'odieux régime. Saint-Pierre présentait un splendide et imposant spectacle. Le TeDeumj entonné par le cardinal Castracane, évèque de Palestine et grand pénitencier, fut répété avec ivresse par la foule qui, ensuite^ s'agenouilla pieusement pour la bénédiction du Saint-Sacrement. Après quoi, le vénérable cardinal Tosti , s'approchant du général Oudinot, lui adjcessa ces paroles :

« Monsieur le général,

a Vous transmettrez à vos descendants le titre de libépatour de Rome. Permettez, toutefois^ à un cardinal romain de voos exprimer, quoique d'une voix affaiblie par de loqgnes.soaf-* frances, au nom de ses collègues, à vous et à votre armée,

n« qu*à la Fraoee Irës^lirélienrie» des seniiments d'élernètté ^atiittde ! Voua ikais avez délivrés de l'oppression de moiystrès lî déahiNlaBent le genre humain, et aujourd'hui, vous nouis "éparez le retour dn Ponlife 8upi*éine, notre përè et notre ^uverain. Quelques furies de l'enfer se sontdécÂiatnées et se : k^hainent eneore eoiMre lui ; mais la voix générale du mondé irétien qui veut qu'il revienne glorieux, leur ferme la bon-* le. Oaî, il viendra, mais toujours accompagné de sa douceur ctraordinairOt quoique les méchants qui en abiisent croient ' ne l'impunilé leur est due et deviennent de plus en plus au* acieux. lionsieiir le général, votre sagesse^ votre conduite lilitaire, eeUe des braves qui vous entourent, .nous ont éparné les maux de la guerre, et les dévastations qui désolent la iUe et aes environs sent dues toutes au génie malfaisant de os tyrans. La discipline et la moralité de vos troupes servent 'exemple et de diatiment à ce petit nombre de Romains éga** Ss par les impies. Les hbnnâtes gens pleorent encore le sang *ançais versé, mais ee sang, uÉi à celui des prêtres innocents i des citoyens honnêtes égorgés par ces monstres, appellera I bénédiction du ciel sur la France, sur vous et sur vos valëu* 3UX soldat».

€ Je voua dois des remerciomente particuliers, ainsi qu'au igné gouverneur de Rome» pour m'avoir réimégré dans l'âélinistration de l'institotion apostolique de Saint^MiebeU qui «nt taat au ciBur de Sa Sainteté, et mis en état d^en expuken )iis les corrupteurs ei touales iaspies qui s'y étaient i«tit>duits..

« J'eipère qu'un jour vous daignerez la vîiîter. Vive la m? igion ! Vive le muverain Pontife! Vive la FVanœi >

A cette noble harangue, le général en chef de l'arneiée franaise répondit modestement que, personiûfter en lui l'arméeu il coomiandait» c'était lui faire la part irop grande daas le ;lariettK évéMmwt accompli. Le rétabliasenent du jpouvoin smporelduaoïivfrain Pontife éfail l'œuvre de toute là France; ux, soldats, n'avaient 4té que les instramenls d'une cai»&.

tifSnimwtmx ycem d» monde cairtlofi^ud* LegiaéralagMtait qwlftFfimce i)-|itM4>MH^w4MlédelaayHyadiifidee^H^ et Uenque L-entPM d» k tëfe M eût été iatoiAte^ U mmt pitfMtefiMAt« 411'ih 90 taotfr aîefit aons im joug of^rmÈmm el él»wg«r( dè^ riiMlaia où les BoiDain» Mweaàéé àÊbmMà d^ ^tte tjrriOiHe, oii Us ataîent j^ maiitfefller kipra sent»* niwta) ila avAîaill donaé Këi^ owra à leor rafpart fMr ie SeiBtrPèie et pDw la rdîgion. Le eannnaodaol en chef fe^ meveia SeoEeiitiefiee de Téloge qu'il avaîi fait de b dÎMâpIm et de la mendîlé des tioupea fraiçaîses. Janaaîa dibge iMeit mîeiix lûérilé : il était Inwéu de pouvoir prodamer, dana la I]|iwUq«e de SaiotrJKerre, que» pendant une eaupagna de piès de tnaia moîa, tes cea»pagiiona d'aiVMa avaieiit douiié de» pvewee Motimieyes df ime broUanie valeur joidt& à un fÊ^omA rofifeol peur Hofdpaét pourla docipKnet et îl décWaiiepont ^Pttgérar eu disant que pattout et toujoura» officiera, aeue^l^ oîeMi et soldais: tiTaienI été éa ^éiâtriolsB n^dMes de veites fWfiiJws.

IL termina ainsi :

< Vous avez dit, monsieur le cardinal, que les défastaftîoM qui opfe désolé Rome doi|veût être attrikiées aogénie du «laèet déki> peBMontîûia. Crânes soient r^duea i Votre BmîmviBe;' m tégigignay si juste et ai impartial fiât battre nwn eanr pk» teteiqeBt que p ne< pourrais le dm. On ne aaui» peut tlie jamais tout ee que nous^veu aeuflEert i la pensée que leeeai** gsoces de la. guerre pouvaient entnluer.ai(ee eHps ki destruction des memuneots sécubirea. Dans Rnteirtinptde bwrpréier' veTi nous avoua retenti nos opérations, et selaidéaii sénkat qu'M ioiportait taat d'obtenir.

«nieaMuaa féoenopqnaés dé nette boganlmité^ Oiw, Bmf nauce^ leaaerwea queï^amée fruHaise a pu readre à^ii^eli^ ginet 1 K'onbuBobial, août aiqtourd^bui pkfaMnMNtt^sééeB^ienk tmj Noisè amhithin ea» satisfeîtei puis(|ue neusi av«a» ebtefts

ta cottilance de vo$ compatriotes^ ainsi quêta sympathie et Testime des poputatiottâ catholiques. Vous avez terminé votre* allocution en criant : Vive la France ! Je termine ma réponse^ par ces cris : Vive la religion ! Vive le Saint-Père! »

— «t Vw pamIïiB, général, reprit \t cardinal resté proibndénoient ému, sont dictées par l'esprit delHèfU; ses bénédiction^»* deviendront toujours plus abondantes sur vous et sur la France . Encore une fois et toujours : Vive la Religion ! Vive le souverain Pontife ! Vive la France! »

La foule qut encombrait la basilique répéta ces cris avec transport. Les applaudissements suivirent les soldats français jusque sur la place du Vatican.

C'était une ovation générale. Tout à coup, un brave artisan, un Romain, un homme du peuple du Transtevère, noriimé Ànnibal Piccoli, s'élance au devant du général Oudinot et lui adresse, en français, les paroles suivantes :

<K Monsieur le général,

« C'est au nom de tous ces gens» de nos famillesi et je peux dire encore de Rome tout entière, que j'ai l'honneur de vou2» parler.

« Nous attendions impatiemment ce moment pour vous exprimer publiquement les sentiments de la plus vive reconnaissance pour tout ce qub vous avez fait, afin de nous saumr Je la Utreur qui nous accaJUaû.

« Dieu merci, en vertu de la valeur de vos troupes, la jiaMi Aous a été redonnée, et Pantorité du pape, quîe nom aimioÉs fortemetit, c'est par vous qu'elle va être ic^ rétablie. G^est an-* jourd'hui que le triomphe de la religion se renouvelle.

« Nous donc, Excellence, fils d« f Eglise, sujeW très-iîdWes rfu pape, amis très^passionnés des Français, notts, je dis, noui; vous en remercions très-vivement ; et non pas ebrrompus par forgent, rtiais pleins de liberté et de conffem'e, nous nous

écriQDfi sincèrement : Vive la rebgion! Vive le Pape! Vive la Frauce! Vive le général, fils du maréchal Oudinot! Viye l'armée française, notre libératrice ! »

Le peuple applaudit son interprète et répéta ses vivats; le générai en chef répondit;

« L'œuvre de la Providence se voit sensiblement dans le fait du rétablissement du gouvernement pontifical, et je suis fier que la France lui ait servi d'instrument. Le rétablissement du pouvoir temporel du Saint Siège est un fait accompli qui assure la paix de l'Europe. Cette œuvre n'a pas été moins sociale que religieuse. Je suis charmé d'entendre les Romains exprimer leurs sympathies pour la France, et pour ma part je leur garantis en retour le dévouement le plus sincère, le plus cordial. Je n'ai pas fait la guerre aux Romains, mais à une horde d'étrangers accourus à Rome de toutes les parties de l'Europe, et je suis heureux de voir que la Providence a détourné de la ville sainte les horreurs de la guerre. Si les Romains se glorifient d'être les fils de la religion et vrais catholiques, les Français ne le sont pas moins. Nous sommes les fils de la même famille, les enfants du même père, les enfants de Dieu. Vive la religion ! Vive le Pape ! La France est aujour* d'hui pleinement récompensée des sacrifices qu'elle a faits. »

Toute la pensée de la France, dans son intervention à Rome, se trouve renfermée dans cette improvlifation. Ainsi les faits justifiaient pleinemeiit les prévisions de FËurope catholique et l'opinion des publicistes conservateurs qui affirmaient que les Riômiins étaient opprimés par une minorité étrangère et sangainaire.

Entre la révolution et la papauté» la questbn avait été jugée par l'esprit, par la justice, avant de l'être par la force, que la justice seule sanctifie, , Les révolutionnaires n'avaient point d'excuse ; ils s'étaient

troideiaent . transformés en sauvages^ buveurs de sang. Us iie tjureni entrainés ni par la haine des abus et des préjugéSt ni par leur amour pour la patrie et la liberté. Quant à ce qu'ils ont prétendu de leur amour pour la régénéraUon de Vlldie, n)6Qsonge !

La régénération de l'Italie n'était possible qu'à Taide de 1 élément catholique ; avec la pure et haute sagesse de Pie IX, ce Pontife qui constamment resta digne de la mission que lui a confiée la Providence en le plaçant sur la chaire infaillible de Pierre.

C'est la démocratie^ c'est le radicalisme, c'est la révolution qui a compromis» en Italie, comme partout ailleurs» la cause de rindépendance. Pie IX voulait la liberté, mais la liberté juste et vraie, non la hideuse, la fausse liberté révolutionnaire, ayec ses saturnales, sa brutalité, ses oppressions. L'Église, qui a apporté au monde la véritable liberté, ne pouvait pactiser avec cette liberté farouche et sanguinaire, niveleuse et tyrannique qui> au seizième siècle, au nom de l'esprit révolté^ proscrivit la Mère de toutes les Églises.

La révolution a cherché à dénaturer les principes sacrés du catholicisme» au nom de Torgueil délirant et de la raison déchaînée; die a cherché à 'en faire l'instrument des passion^ humaines. En pardonnant aux révolutionnaires dèssondébuti le souverain Pontife fit acte de générosité et de clémence» plus que de prudente politique. Compter sur les nobles instincts d'une race autrefois grande» aujourd'hui dégénérée au-delà de toute idée» faire appel aux sentiments d'honneur des merce-naires de Satan, des conspirateurs de la démocratie, c'était ojbéir a des espérances magnanimes, mais c'était aussi s'éga* rer. Cette clémence a eu le sort presque inévitable de toutes les clémences. Cela est douloureux à dire^ mais c'est ainsi. N'en accusons que la lâcheté, la bassesse, l'ingratitude humaine. Aussi, se cachaient de nouvelles trames, sous les bruyantes explosions d'une allégresse de commande. Le

animé du désir d^ i*eadre heureux ses semUahles ; si jam^ souverain consacra sa vie à ce noble but et y employa touu la puissance de son autorité, c'est assurément le pape Pie IX. Ëb bien ! qui méconnut ce zèle admirable, ce dévouement désintéressé ; qui entrava sa marche vers le progrès, vers la liberté, vers la justice ; qui se joua de sa boQté, de son aboégation ; qui outragea ses vertus, qui enchaîna sa puissance, sa puissance qu'il ne faisait servir qu'à faire le bien, à propager la vertu et la foi sur la terre?... La Révolution I

Elle l'épia dans les mouvements de son cœur pour en abuser, dans les nobles préoccupations de son esprit, dans les sollicitudes de sa grande âme pour le circonvenir. Elle exploita tout, son patriotisme, son génie, ses vertus et jusqu'à sa charité, immense comme celle de saint Vincent de Paul.

Mais quoi que fassent les méchants, la barque de saint Pi^re sera conduite à bon port par la main prudente, par Téclataiit courage et les sublimes vertus de Pie IX !

On espérait une parole de lui à son peuple, avant qu'il ne rentrât dans sa capitale. La proclamation annoncée, était ardemment attendue; elle parut à Rome, le 18 juillet. Elle était conçue ainsi : •

« Pius P. P. IX à nos bien-aimés sujets!

«( Dieu a levé son bras dans les hauteurs des cieux; il a dit à la mer soulevée de l'anarchie et de l'impiété : Tu n'iras pas plus loin ! 11 a guidé les armées catholiques pour soutenir les droits de Thumanité foulée aux pieds, les droits de la foi attaquée, les droits du Saint Siège et de Notre autorité souveraioe. Louange éternelle à Dieu qui, même au milieu des colères, n'oublie pas la miséricorde !

« Rien-aimés sujets, si dans le tourbillon d'affreuses vicissitudes, Notre cœur s'est rassasié d'afQictions à la pensée àe tant de maux soufferts par l'Église, par la religion et par voits

il i/a pas, pMr cela, artioindri Tamour avec lequel il vous nima liHijourg, avec lequel il vous aime.

« Nousbitons de Nos vœux le jour qui Nous ramènera au milieu de vous, et lorsqu'ihsera venu, Nous reviendrons avec le vif désir de vous appovier aide et secours^ et avec la volonté de travailler de toutes Nos forces à votre bonheur, en appliquant à de si grands maux^ les remèdes difficiles qu'ils récla^ ment, et en donnant toutes consolations à Nos sujets fidèles qui, s'ils attendent des institutions appropriées à leurs besoins, veulent aussi, comme Nous le voulons, voir garanties Tindépeudanee et la liberté du pontificat suprême, si nécessaire à la tranquillité du monde catholique.

c Cependant, afin de pourvoir à la réorganisation de la ehoae publique, Nous allons nommer une commission qui, munie de plràis pouvoirs et avec l'aide d'un ministère, réglera le gouvernement de TÊtal.

« La bénédiction du Seigneur que Nous avons toujours appelée sur voua, même dans Téloignement , Nous l'appelons aujourd'hui avee plus de ferveur encore, afin qu'elle descende sur vos tètes avec abondance ; et il €ist bien doux à Notre cœtu* d'espérer que tous ceux qui, par kur égarement volontaire, se sowt rendus incapables d'en recevoir le prix, pourront en devenir dignes par une sincère et persévérante conversion.

• « Dalum Cajetse 17 julii, anni 1849. « Plus P. P. IX. »

Immense fiit l'effet produit par cette adresse. C'était bien toujours le même langage, la même âme, le même cœur!... A la parole de Pie IX, qu'il jetait sur la foule au-dessus de laquelle il planait, plus d'une ftme, comme jadis à sa vue, éprouva d'inoéfinissables tressaillements.

Une cérémonie qui suivit (29 juillet) donna de nouveau oceapreii au peuple romain de faire éclater son enthousiasme

et êùû repeilir. JLe& îm«§Gf8 é% k terrtMiif » jiif tiitt ojbiéifl él arrachées, subsistaient eDcor€ iur le çk\m de le chamelimei «es ffittraiUes étaient ernsere teialM de Mtftg« Le â& j«ilM» de* vaot une fauie iauBcnse efiiplaudîflHtet do tout mb etaeiir^ de toutee ses i^eiw» de tmtee eee fiereae^ lee eolSalfc AriÉcait effacèreat lee taches de eaqg et les iotfigaee tie h UÈtmt^ iw* jMriméee eur ce aaaniwneiit oii> nafUèret lee dMMuls ée la léro* lutioQ élaberaieiit leurs f^fiûta* L'éoneson yootîfieebfiitfleeé au geaod balcon du peleki* mol pris de : « YÎTè la Sekll-Père ! Vive le légitime swveraifi I Vive le gotiVenMueat pontifiehl ! » Les membres dee eeeiétée secvètas» «âée âaflis celle multitude corrigée, n'osèrent pas faire entendtè un sedl gtt^goaroeiit

Deittx jours après cette ftle es^atoîre^ la ediuMiaeioB #• juiniatratîve » uemmée par le Seini^Pève^ à Om^^ m êttoudant son retour à Rome, entm éti findtieBSA EHe élaît tsànr iwnée'du cerdîml D#t<j>engaSarnîalleft^ Mteu de Léeil lU, diii^acdinal VjmniQ^i Geedili et du caidilMil Mtnri. AéfaxA de ^tk pour ftem^i ces persennifes ^'étalent enUsàSUn vm M. le comte de Rayneval ; il avait éité d'abtrd oûBteM ipie les rapiporte les plus amicew Éeraîent de rigwur eotoe h commission et le général Oudindti afin de wne^ km dMes à bonne fin et d'achever l'oeuvre de rostauraiMm; Jbe eoMle éè Rayneval écrivit au général Oudinot que l'administration des Ëtats roAiaitts. appatteiteit totdt etilifere M Saint^Père ou à ses représentantiu L'état de siège devait être maintenu dans tonte sa rigueur ; il ajoutait qu'aucune arrestation arbitraire pour délits politiques n'aurait lieu. C'était le v«^ le pl«e ebet àe l'incomparable Pie IX, et le cardinal Detta ISeogat qfA eU»^ prenait ce grand eœur d'une » infinie irôénqoBde» aveît dit à M. de Rayneval : — « Je s^is Uen déoidé il m pa* rtgsrdii* en arrière et à jeter, autant que poeMUe^.w «ctfe MÊf 1^

ssé. 1

Il est i^urtani des crimes qol avaiiiiit mérité é^ m^^

r«»ier iu9(iMuU. £|>drj(nâr ceruioa (^ouf^blee, c'ait IrakH* sài* iuM )e6 mlérèts d^h Iwitice que de frapper t'infiacwt.

Lestroi^cofdiAaux, membreêdâ h ccmmiatMoa «dmîQÎMHi' tive» arrivèrepi à Rome avec des j^m^sd» oléw^ce^t 4ai)s riutention d'agii* d'après Ub basas suivastos^ anrétées^e «Mcert avBC la diplomatie française :

1* Mesurés générdles/leltes que h rappel des anciens eiâptoyés pontificaux;

é' Abolition des lois républicaines ;

'S"" Mesures financières, telles que la suppression en partie des assignats républicains.

La comwwioQ, aoimée des n^eîlleiires inieiltionsi se fina au Quirinaly dans les appartements du cardinal secrétaire d'fiUit, ^0 d'être à poi^ée du général comniaodint en ebef Tamiée fraaçaise et de pouvoir promj^tement le oonatriter*

La commission lança une proclamation annensaiit la mission de paix et de régénération que le Saint- Père lui avait oofifiée pour réparer j de la manière la plus convenable et aussi promptament que possible, les graves dommages occasionnés ipar l'anarchie et le despotisme d'un petit nombrt d'homamets. Elle remerciait la divine Providence d'avoir soustrait à l'aetion déchaînée des plus aveugles et des plus uiMres passioM, pfer le bras glorieux et invincible des armées «atheliques, les peuples de tout l'Etat pontifical» et d'une manière spéciale le peuple de la cité de Rome, ^iége et centre de la religioA. La oommission promettait d'^a{^li«|uar sa sollicitude i iakpoaer à tuos le respect de la religion et de la morale^ celte base fenésmentale de toute communauté sociale ; d'assurer pour tous indistinctement le cours plein et régulier de la juatioe; du félablir dans son assiette l'administration de la eheee ptibUqtie tt de réparer tous les ravages exercés pav les révoliftionnaires» ees hommes sans pudeur etaans nom. Appel éliÀ frit «neuile, pour obtenir çe% résultats si importants, aux eomfllrde per-

sonnes distinguées par leur intelligence, par leur zèle et parla confiance générale inspirée par elles. Après avoir annoncé qu'elle allait présider à la nomination de fonctionnaires intègres et versés dans la partie à laquelle ils devaient consacrer tous leurs soins et tous leurs efforts, la commission s'écriait en terminant : — « Puisse^ dans tous les rangs et dans toutes les conditions, la confiance renaître selon nos désirs, pendant que le Saint-Père, animé des sentiments de la plus véritable bonté, s'occupe de pourvoir à tout par des améliorations, par des institutions qui soient compatibles avec sa dignité, avec le pouvoir si élevé du souverain Pontife, avec la nature même de cet état, dont la conservation importe à tout le monde catholique , et avec les besoins réels de ses bien-aimés sujets. »

Le général Oudinot s'empressa de remettre aux membres delà commission gouvernementale les pouvoirs que la Victoire lui avait laissé prendre, et il en avertit les autorités et les populations.

liCS trois cardinaux composant la nouvelle commission se mirent à relever les ruines faites par la révolution. Us apportèrent dans ce travail tout le soin, toute l'intelligence, tout le dévouement dont ils étaient capables. La question de finance fiit abordée par eux avec justice et fermeté. Après avoir annulé les actes et les lois de ta République, ils annulèrent aussi son papier-monnaie, ce moyen de banqueroute et d'escroquerie mis en usage par les révolutions. Toutefois, de sages mesures fuirent prises pour que les intérêts d'une foule de particuliers ne fussent point lézés par cette mesure. Ainsi que ces intérêts, ainsi que ceux du trésor, furent ménagés l'honneur et la réputation du gouvernement pontifical.

il réparait^ autant que possible, les désastres causés par un régime qui n'avait presque rien laissé debout. Que\ contraste avec la conduite de ces tyrans à la fois féroces et burlesques, dont la France venait de délivrer Rome!,. Le peuple des Etals

de l'Eglise faisail cette différence dans son esprit et dans son cœur, et, chaque jour, il donnait des marques non équivoques de son profond repentir. Ainsi s'améliorait à tout instant la situation. Quel changement s'était opéré 1 L'influence salutaire de la religion avait vivifié les courages, comme la brise du soir relève les fleurs penchées* Le citoyen ne diffamait plus le gouvernement; le peuple n'insidtait plus le souverain; l'a*théisme ne hurlait plus contre le prêtre, notre ami, notre biaifaiteur, notre guide, notre soutien ; le fils ne désobéissait plus à son père; la démocratie n'étalait plus ses impndicités au grand jour comme une effrontée corrompue ; le républicain n'égor«geait plus l'honnête homme.

Cette heureuse transformation était connue en France, et faisail l'orgueil et la joie des bons citoyens ; leur orgueil comme Français, leur joie comme conservateurs et catholiques. Mais il y avait dans la nation 4ine minorité factieuse et athée qui, après avoir accablé la France haletante et surprise du fléau de la République, prêchait un socialisme brutal et sauvage. Cette faction impure et souillée était représentée à l'Assemblée nationale par une poignée d'enragés, siégeant à la montagne, où ils singeaient les monstres de 93 qu'ils appelaient avec emphase leurs illustres pires. Ces scélérats, ces terroristes, ces assassins, ces athées avaient donné toute leur sympathie aux républicains de Rome, de qui ils avaient accepté le titre de citoyens delà République romaine. Us avaient applaudi à l'affaire du 30 avril, et gémi sur la prise de la ville éternelle par l'armée catholique. Les principaux, parleurs parmi ces modernes Jacobins, prirent la parole au sujet des affaires de Rome et attaquèrent vigoureusement la grande politique d'ordre et de conservation, la politique catholique qui avait été» en somme, et malgré certaines hésitations, celle du gouvernement. M. de Falloux, orateur catholique et royaliste, fut magnifique dans cette discussion. En répondant à un discours abominable du citoyen iules Favre, delà montagne, il prouva que la France

Mait }ftiH'* cDi'iMttio ;ie tok' riiiccic*!! qui 4iii céfmeat, -tn ct^sk fidèle À.iiesiiyadîlioRs mMHircliîqiies tt rcifgieuses. L'aiMMaC ffDUgejavait osé dipe t)Mc L'«pée de tk Franee* afaîi ét^ Urféeâ T'Autriobe : *^ n Non ! 8'écrb-UiUoe'a'6Stipa8 oéla qiie>no«s a^ensifaillitiMisaimis refusé Képée de la Fffaaeeà Maazinî !»

La. Frasoe .n'avait pas ^YOiilureoietcre Mfi'épée aux naniB 4fx\ ATamitilwuile'pOiigiiaiidrajoutatttil ;«e]le était restée dans JssiHMias ifiKUKaiaes les phisivéltureuses^tles filas dignes; jliMBe. livrait Jbéai-saidéliynaoee;: if 8 républicains avaient de»* ttnéià Aame un rôle.atrece; la Franee lui avait donné oeioi 4|iie de toits ilcflfps elle a voulu» son criuî de République romaine dont elle connaît la chimère^ le périK^l'inaDité, mais le jôle qà'eUe occupe dans le monde depuis di)&*4)uit siècles, «fluide eafitale do christianisme,* depreoiière ville di> monde f

i L'orateur termina rfo regrettant que la France n'eût tpas |»rîs pins tôt oftte noble «initiative; elle eût ainsi empéebë lestmàlbfufs arriTés àtRome» tt le malhenr plus grand* de Novarve.

La nontagne futcnoare «ne fois Yaineoedans IJAssenriMée ivai^çaîse.

Pendant ee temps, le général Oudinot, aecompagné de^plu- •sieurs officiers* français, était allé s'agenouiller devant *Pie'IX, à Gaëte. Le saint Pontife les avait accueillis avec émoiion, «t ^leor arvait exprimé ses profondes sympathies pour la France et son admiration pour le com^age et la discipline de ses soldais, L^ roi des^Deux^Sieiles les reçut mm comme ils- méritaient de

r<(tie.»II «v'entcftiiUM'ec eux, en^apilaîne éelairé^ de ne siéjfe mémorable, el leur adressa des élageis, bien. prcoîeuxdoBs cette bouehe, et.auxqiiels Us avaient tous les droits.

Dans. une aeeende audiesœ, dont il futhonoràpair PîeilX, le ^inéfûl Oudinot supplia le âouveraînlPmttfe de renirerdans ia ville éternalle. II. redira àio^teffiit, dans letabinct mêatt lia respectable cardinal Antonelli» une note reoMfquaUe, à Kappui de sa demande. Aj^s un eacpmé lucide de k.«iluatîan religieuse et politique,- il montrai raetimugowerneniantale pa«ralysée^par la. distance qui sépare^Rome de Gaite, el insista dur ce point, que ia préseoce de (P«e IX apiaaîraiti Soutes, les difficttltés.fLe^éoécal Oudinot prévoyait qu>'un'fetand dans le retour du pape, amènerait un changement dans latpoUtîqM du gouvernement français. Le souverain Pontife promit de rentrer prochainement dansiaata^pitâle^lMiéfotç, il ne le fit pas sans de sérieuses objections. Il dit :

-^ ««GammentivodleflHvoiisi que j'oublie aastz^iaijialure 4k mon.pouiroir pcar in'«ngagtt, d'une manrarecpoBitifiifrt^Aof»* que je ne suis. pas enoire fixéitsurks questions de détail et aurtMt liarsque je suis ap^é .à «parler^vis-^àf^vis d^uae p^lis*sanoe de<prfflMr«rdradMt'lf6'axî|^aMsnBi^atttfunm {lour ptraanne? Dois-je me candwaineràt subir: rMipreasionéa kl forée? Si JeifiiîS' quelque «basede km, ineifaQt«l pas«qii6 mas insti^ soient spontanés- et aient rapparcnce >ifeKdtne? :Ne connaissez-vous pas mes inclinations? Ne sont-elles 4»biih»* swantea'? ^".aitje pas donné àmea peuples les piwvas nrréciisal>leS(d'uii.afiiour.at d'un dévmiement portés; jusqii'anaaerilGtfe? L'ingratitude, .les tristesses de l'*exil, ks angaiasaadu malheur n'ant. point. diangé mon âme. Je n'alqu'un seul désir en eé mande camme une seule prière, la .prospérité de lai religion, le bonheur de tous les peuples en génénal, tt,»an partieultar, etiui des^homnescque la ProYÎdenee amis pIus^spécialeoMnl sous ma juridiction.

c Néanmoins, j'ai Tintontion idc ^nie rendre mnk peu de

jours daoft mes États et de m'arrèter quelque teiDj» à Castel- Gandolpho, au milieu de l'armée française. »

Le général Oudinot avait promis que» quoi qu'il arrivât, Tarmée française ferait toujours et partout son devoir, dût l'opinion en France devenir hostile à l'expédition de Rome. En rentrant dans les Ëtats pontificaux, il s'occupa, en visitant les cantonnements extérieurs , de concert avec les municipalités, d'améliorer le sort de la troupe, menacée des fièvres. Sur son chemin, il reçut les félicitations des populations et des autorités. Entre toutes les adresses qui lui furent remises, celle de la municipalité de Tivoli est remarquable par les sentiments qu'elle exprime et qui étaient ceux du peuple tout entier. La voici :

c Très-honorable général,

< Cette ville a été bien heureuse de vous posséder dans ses murs, dimanche dernier, et elle a inscrit ce jour au nombre de ses plus beaux souvenirs. Salué comme le libérateur de Rome, vous étiez encore pour nous un objet de consolation et de gratitude, attendu qu'ayant eu en commun avec Rome les maux d'une tyrannie marquée sous l'apparence de la liberté, nous partagerons avec elle les biens inappréciables de cette heureuse délivrance que vous avez si généreusement ac* eomplie.

€ Les peuples des États romains transmetlent à la postérité le nom béni de la brave armée française et votre nom, général. D nous sera doux de rappeler à nos enfants, qu'après avoir dispersé les factieux aventuriers et les forcenés qui ont rendu si misérable en peu de temps l'étemelle cité, vous nous avez envoyé, pour mieux nous rassurer, une partie de l'élite de votre armée, chez laquelle nous admirons les modèles de la discipline militaire, de la modération, de la civilisation, et que le jour où vous êtes venu parmi nous, votre présenoe a

été pour vos soldais la récompense de la bravoure qu'ils ont montrée pour noire délivrance.

« Recevez, très-honorable général, l'expression de nos sentiments, et soyez certain qu'ils découlent spontanément de Tadmiration, de la reconnaissance que nous vous devons, et non d'aucune de ces impulsions si pénibles qu'il nous a fallu suivre dans des jours de douleurs et d'oppression.

c Au palais municipal de Tivoli.

« Signé : L'avocat André GuiDABOMt gouverneur ; Gaddei, gonfatonnier.

Ainsi parlaient et pensaient les populations délivrées. Mais, pendant ce temps, ce qu'avait prévu le général Oudinot était arrivé. Le gouvernement français, occupé à dompter activement l'anarchie à l'intérieur , était contrarié de ne pas voir, à l'extérieur, l'affaire de Rome aboutir à une conclusion défi' nitive, et ce sentiment enfanta, dans'un moment d'humeur, la lettre suivante, du président de la République à M. le co« lonel Edgar Ney, chargé d'aller annoncer au général Oudinot son remplacement :

« Mon cher Edgar,

ce La République française n'a pas envoyé une armée à Rome pour y étouflèr la liberté italienne, mais au contraire pour la régler, en la préservant contre ses propres excès^ et pour lui donner une base solide, en remettant sur le trône pontifical le prince qui, le premier, s'était placé hardiment à la tète de toutes les réformes utiles.

« J'apprends, avec peine, que les intentions bienveillantes du Saint-Père, comme notre propre action, restent stériles en présence des passions et d'influences hostiles. On voudrait donner comme base à la rentrée du pape la proscription et la

tyniiiiiie« Dites de nia part au général Roatoian qct'il ne doit pas permettre^ qu'à l'ombre du drapeau tricolore, on commette aucun actetmi puisse dénaturer le caractère de notre interventien«

« Je résume ainsi le pouvoir temporel du pape : AmmUe* g^fnéraief sémlarùoLùm de radmitmiralieH, code Napoléon et gçm* vemement libéral.

< J*ai été personnellement blessé, en lisant la proclamation des trois cardinaux, de voir qu'il n'était pas même fait mention du nomade la France ni des souffrances de nos braves soldats. Toute insulte faîte à notre drapeau ou à notre uniforme me va droit au cœur, et je vous prie de bien faire savoir que, si la France ne vend pas ses services^ elle exige au moin» qu'on lui sa<d)e gré de ses sacriBees et de son almég»» tien.

a Loi'sque nos armées firenl le tour deTBurope, elièsJaisH sèreat. partout vcoinnietraee de leur passage, la. destruetion* dea abus de 4a féo^lalité et'les germes>de la liberté. Il ne sera' pas dit, qu'en 1649, une armée. française ait pu agir dans un ^ swlre sens etamener d'autres résultats.

€ Dites au général en chef de remercier, en mon nom, l'armée de sa noble conduite. J'ai appris avec peine que, physiquement même, elle n'avait pas été traitée commet eUe devait l'être. Rien ne doit être négligé pour établir convenablement noft tfoupesi

« Recevez, mon cher Edgar Ney, l'assurance de ma sincère amitié,

« Louis-Napoléon BowAPAKTB. »

tieite boutade, dont les journaux révolutionnaifeB firent grand bruit et qu'ils applaudirent avec un périmé eolKoiiisiasme, en en -exagérant le but et là» portée^ était une fiiirte^» Bt^quitionc n'<en oonooiet pas? Bile fut bien racÉMée^ddpifts^

quand lê prince Louis Bonaparte eut été. éclairé, sur l'état vm des choses en Italie. Cette faûte^ qui fut noblement réparée,, provenait d'une erreur, de faux rapports. Le président de la République n'avait pas été bien informé de ce qyi s'était passé.

Avant Tarrivée à Romç dé M. Edgar Ney, un autre officier: supérieur» envoyé par M* le ministre de la guerre, avait 'an? nonce au général duc de Reggio son rappel , attendu que. Teffectif du corps expéditionnaire allant être sensiblement réduit, ne se trouvait plus en rapport avec sa haute position.

Le général Rostolan était, par droit d'ancienneté, appela à remplacer le général Oudinot. Ce fut chez celui-^là q^o M. Edgar Ney se rendit d'abord en arrivant à Rome. Le gé-néral Rostolan ne lui cacha pas qu'il blâmait cette mesure» j pas plus que ses craintes de voir la France prendre une autre position que celle adoptée avec tant d'intelligence par M.. le, général Oudinot et par la diplomatie française.

Quand, le lendemain seulement, le général Oudinot reg^U la. visite du colond Ney^ il lui reprocha ce qy'il regardait* comme un manque d'égards, de déférence» en même temp^ q\ie comme l'oubU d'un devoir militaire. Ml Ney fournit oette, excuse, qu'il oroyait avoir été devancé par les ordres minier-; tériels et le général Oudinot déjà parti de Rome.

Quoi qu'il en soit, au i fond de cette politique nouvelle, il y, avait peut-être une guerre générale, si elle n'eût été p^mpte-r usent, Joyalement abandonnée.

Le général Rostolan, dans une seconde entrevue avec l'eavoyé du prince Louis Bonaparte» lui oonfieilla prudemment de^ ne pas montrer la lettre de celui-ci, et encore moins de la* livrer à la publicité; elle devait,, dans sa pensée, entraver. Ie6 négociations diplomatiques, indépendamment des erabarraft^ multiples qu'elle susciterait.

Le colonel Ney crut devoir passer outre. Cette lettre pro* duii^it une douloureuse émotion à Gaëte et dans le monde ca«

— 3îtt —

tholique. Les défiauces du Saint-Përe s'en augmentëreiil ; MM. de Corcelles et de Rayneval en furent désolés. Ils s'empressèrent d'écrire à leur gouvernement pour le ramener à la politique vraie ; lui montrant la situation impossible qui venait de leur être faite vis-à-vis des autres ministres plénipotentiaires, le suppliant d'ouvrir les yeux à la lumière» de conjurer une rupture dont les conséquences désastreuses étaient incalculables. De son coté, le général Rostolan écrivit dans les mêmes termes au ministre de la guerre, lui donnant en même temps sa démission de général en chef. Le cabinet français comprit, se rendit à ces raisons dictées par la conscience et le patriotisme de personnages recommandables, et la lettre fut retirée. Le parti républicain se trompa grossièrement en saluant ces quelques lignes comme le point de départ d'une politique conforme à ses projets.

Le général Oudinot de Reggio, avant de quitter Rome, prit, pour son honneur et dans l'intérêt de sa patrie, toutes les mesures nécessaires à raffermir l'influence de la France en Italie, après quoi il adressa de touchants adieux à son armée. Il lui rappelait la grandeur et la sainteté de la cause de la chrétienté pour laquelle elle était venue combattre les obstacles qu'elle avait courageusement surmontés, ses éminentes qualités militaires, le puissant concours de la marine , la valeur et la persévérance avec lesquelles elle avait accompli une œuvre dont l'histoire perpétuerait le glorieux «souvenir. Il lui recommandait Tordre, la discipline dont elle avait incessamment donné l'exemple. Il espérait que ses légions, fidèles à leur passé, continueraient à porter à Rome, d'une main digne et ferme, le drapeau de la France, sur lequel elles venaient de jeter un nouvel éclat. En se séparant de ses compagnons d'armes, il leur disait que ni le temps, ni les distances ne pourraient aifaiblir sa sollicitude pour leur intérêt. Il venait de leur en donner une preuve récente en appelant l'attention du gouvernement sur les militaires de divers grades, qui ayant

été proposés pour des récompenses» ne les avaient point encore obtenues.

Le général Oudinot adressa également une proclamation aux Romains ; Tordre et la tranquillité rétablis depuis que Tarmée française occupait la cité ; le gouvernement temporel du souverain Pontife rétabli avec des applaudissements universels, tels sont, disait-il^ les résultats obtenus. Il les félicitait de l'avoir aidé dans sa tâche, et prenait congé d'eux dans les termes les plus affectueux, les remerciant des témoignages d'affection et d'esiime qu'il en avait reçus. Ces témoignages avaient été nombreux. La commission provisoire municipale avait décrété que Rome devant à son libérateur une récompense proportionnée à l'importance de ses services, une médaille d'honneur lui serait offerte, portant son effigie d'un côté, de l'autre une inscription rappelant le rétablissement de la paix et la conservation des monuments historiques.

Ce décret portait l'inscription suivante, gravée au Capitole :

XII. KAL. SEFTCMBR. AN. Y. C. MM. DCU. Pli. IX. P. M. un. IN. AKDIBUS. CAPITOLINIS XXVUII. GVMATORSS. YMBIS. CVM COMYENISSENT. VERBA. FACTA. SVNT. DE VICTOBE OVDI- NOTIO. RHEGn. DVCE. QVI CVM. PRAEFEGTYS. EXERCITVI. GALLOMYM ITALIGO. PONTIFIGIAE. POTESTATIS. ET PVBLICAE. UBERTATIS. RESTITVENDAE GAVSA. ADTENISSET. STRENVB SA- PIENTER. FELICITERQ. RBM. 6B8SIT. 8\A. MIUTYMQVE. VIR* TYTB. GIVITM ANIMOS. 81BI. DEYINXIT. EA. DE. RE RE PLA- CYIT. CVDl. MYMISMA. SIGNATYM IPSIYS. DYGIS. IMAGINE. QVOD POPYLI ROMANI. YOLYNTATBM. AYGTORI. PAGIS SERYA* TORI. VETERVM. MONYMENTORVM TESTAKETYR.

De plus, le buste du général Oudinot fut placé au Capitole, dans la ioUe des grands capitaines. Enfin, un autre décret lui conférait la qualité de citoyen romain, transmissible à sa descendance.

La remise de ces actes avait eu lieu en séance solennelle.

— 59^4 — le 35* août, eiï présence dés«géfiéraux, de tous les ofifîciers«upéfieurs et des principaux corps littéraires, savants et artistiques de U ville.

C'était au milieu dé ces marques d^èffusion et de gratitude universelles, que le général Oûdinot était rappelé. Il fût regretté par la population autant que par l'armée.

Après avoir pris congé d^eux tous, il se rendit à Gaëte pour s'incliner une fois encore devant le souverain Pôntile.

— c Vôtre nom, général, lui dît le Saint-Père, est désormais intimement lié an mien ! X*bistoire n'aura pas assez d*ëloges, pour glorifier le grand événement que vous avez accompli avec autant de sagesse que d'énergie. Vous achèverez votre œuvfe à Paris, et ma paternelle Bénédiction s'étendra toujours sur vous ainsi que sur tous les vôtres. »

Pîe IX", qui avait remis au général, à son premier voyage, les insignes de son ordre, duquel il avait, exprès pour lui, créé une classe à part, Tautorisa a lui signaler ceux de ses soldats des' armées de terre et de mer qui s'étaient le plus distinguée, afinide iMrfake remettre lêB*<)ée<yratf»As- des ordres dèPie IXet déSaÎBft-Grégoire-Iè^rand'; déplus, il promit de faire frapper, pour chaque soldat, une médaille commémorative.

Le^ttéral OuctiA^tf.sait auprès ^u^seuverMu BoBtifo^.soit auprèsdu roi de Naples^et. de^*dipl«fnalM>étfMi||erB, s^eA>rça de paUJer Vèffbt prodoil par là'ûout^^ afttittrde du goavBmement français dans les affaires dltalie: Ce flit'd'un homme de goût et d'un bon patriote. Il calma les inq^iètudés dès uns, rendit l'espérance aux autres; à tous, il tint les discours les plus rassurants.

Après quoi, il rentra en France, oiid^autres suèoèset d'autres ovations Tattendaient. Il était heureux , de ce bonheur d'une conscience pieuse qui a le sentiment du devoir rigpureusement, complètement, courageusement accomplit

Quanta l'histoire, elle a sanctionné le jtigement porté sur

cet homme (Kstingoé par le saint Pontife, par la plupart dès souverains et des hommes les plus considérables de PEurope.

La ville de Lyon vota au général Oùdinot' une épée d'boîrneur.

Cette œuvre d'art et de goût, inspirée par tine pensée chrétienne «et par xm sentiment de justice, témoignage de Tadmi-^ ration et de la reconnaissance publiques, fût présentée, en ces* derniers temps ^ an général due de Reggio. En recevant cette épée, le duc de Reggio a répondu par une rapide allocution partie dû cœur. Cèst' à la divine providence, dont' il ne 8*est considéré que comme l'humble et' docile instrument ; c^est à Tarmée, dontil est'st justement fier; c'est à là France, pour laquelle il professe* une si ardente affection, que le général s'est pin à rapporter tout rhoiinenr de l'entreprise. H en a accepté la responsabilité devant les attaques et les violences du désordre ; il en décline la g1on*e qui appartient à nos soldats, à notre pays et à Dieu. Mais il n*a pu dissimuler Tëmo- ^ tïon causée par ce magnifique gage de Testinïetîe ses concî* tôyens. Il le consiervera comme l'honneur de sa vie ; il placerai l'épée lyonnaise prfe de celle queRbme délivrée a bièu'voultf lui décerner ; il les transmettra aux siens comme le plus précieux titre de famille. Cette épée a la forme d'une croix latine dont la lame fait la branche inférieure. Elle est d'un style élevé et simple. L'acier en fait la base ; c'est dans un bloc d'acier fin qu'ont été taillées laïpoignée et les ciselures qui la couvrent. L'artiste a conservé, sauf quelques ornements, la couleur grise et sévère de l'acier. La poignée est symbolique : elle rappelle Rome et la France. L'Église est figurée sur le pommeau par un médaillon doré représentant N. S. J.-C. qui remet les clef^ à saint Pierre. Le quillén (pwtie de la poignée que la main saisit) ardeur faoes. A' l'une est'adossée une statuette de Constantin revêtu des insignes impériaux; AHi-^desseus, unf benelier rabattUMr la htm et disposé en cartouche, contient un bas*relîefeK<juis qui reproduit la batalBè deQotïs-

tantin contre Mayence» au pont Milvius. Aux extrémités du croisillon, deux médaillons portent une vue de Saint4eau-de« Latran et les armes de la municipalité romaine. A la naissance de la lame est placé un autre médaillon, oii figure le buste de S. S. Pie IX; sur la lame» de ce côté, se lit cette inscription: Chrissimo duci Oudinot iiiulo regiensi Rima expugnala. Prid, Kal. M. Anno Dni, MDCCCXLIX.

Sur Tautre face de la poignée parait la statuette de Chdrlemagne avec le globe, la couronne et le manteau de l'empire d'Occident. Au-dessous, un bas-relief représentant la remise des clefs de Rome au Saint- Père par le général en chef» suivi de son état-major. Les deux médaillons du croisillon offrent une vue de la cathédrale de Lyon à droite, et à gauche le» armes de cette ville. Le buste du général et ses armoiries occupent la naissance de la lame, sur laquelle est gravée cette devise : Fidei chri$iian%f genio ducts^ virtuli mUitù.

Les ornements qui encadrent les deux petits reliefs du bouclier se nouent autour de petits boutons d'or et émail, dont Tun porte cette inscription : Rama liberala plaudenu Gallùirum Roma, et l'autre le monogramme du Christ, le X et le P grecs entrelacés.

Le général Rostolan, en succédant au général Oudinot, suivit les errements qu'il avait plantés, d'accord, comme son prédécesseur, avec l'infatigable M. de Corcelles, qui, à GaëtA*» s'efforçait de réparer la faute qui venait d'être commise, et rendait les négociations diplomatiques, extraordinairement diffi-

ciles. Le ministère français, en effet, Tenait, eq adoptant la politique vive qu'il avait désavouée d'abord, de fomenter les plus grands périls. Entraîné sur un fâcheux terrain d'amourpropre, il exigeait l'insertion de la malencontreuse lettre dans le journal ofliciel de Rome, un tnotu proprio pontifical et le décret d'amnistie promis par Pie IX. MM. de Corcelles, de Rayneval et le cardinal Àntonelli sauvèrent la situation par leur prudence. |.ls parvinrent à tout concilier. Les premiers écrivirent de nouveau au gouvernement français pour l'éclairer de nouveau, pour lui montrer les dangers imminents qu'appelait cette politique ; et le cardinal Antonelli, inspiré par l'ardent désir de pacifier cette position délicate, invita la commission des trois cardinaux à ne pas quitter Rome, et le général Rostolan à ajourner la publication.

Le général Rostolan, dont on n'avait pas accepté la démission, écrivit au cabinet français, insistant pour son rappel et l'informant en même temps, avec la franchise des militaires^ qu'il n'avait pas cru devoir laisser publier la lettre en question, attendu, qu'il ne voulait pas s'associer à un acte qui, outre l'inconvénient d'être injuste, aurait le danger de mettre le feu aux quatre coins de l'Europe. C'était parler net. Ce courageux capitaine, digne successeur du général Oudinot, déclarait au gouvernement français que la guerre générale était au bout de la publication demandée, guerre qui ne pouvait qu'être fatale aux idées d'ordre qui commençaient à reprendre leur empire. Il terminait en disant qu'il aimait trop son pays pour le jeter dans une voie aventureuse.

Le cabinet se fùt-il laissé entraîner si, au lieu d'avoir des conseillers comme MM. de Corcelles, de Rayneval et Rostolan, il eût eu affaire à des Lesseps ..?...

L'histoire doit leur rendre cette justice, qu'ils conjurèrent une guerre européenne, par leur persistance intrépide, là oit une diplomatie inférieure ou (mitre eût fait de l'Italie un champ de bataille générah

Dams de MreMU'â<sîrconMaiu;es,«en préj^OH^^^ Mibarra^, PieiIX ue pouvait e^^oi^r à.rentrm* i^rédentâiimi jâkus RQiue* tU tse rea^lit au «bateau de Portici, ûk k ^oable .Ferdinand lUimtîawit l'œuvre de sa^re^ctueiiae liospitalîté. «Partout, le «aiut Poutife «&it lâccuaiUi lavac mx enthamîdsme qu'il £aiut renoncer à décrire. ;I«a& cris de «— c vive^PieiK!» etde «vive le.rok! j».les deux plus heaax que les pw^los puia-^ sent pousser, s'^gdtialaient de toutes lesip4»itrines par Vémolim .et ran)9ur.ogpre3sées.

Pendwt ce. temps, lainouvette allttiide du gouvetnesieat français jEivûit.fait relevet^ la têle à*la fectioQ républieaiue, doni j^iu^ques débris étaient (restés, à « Rome .'L'eiiefliple de cbsnritc, jjR piété, de «vertu, donné ehaque jour par les iSolda%s français n'avait pu to^ucher certains coeurs ^nibelles^ à huit ^OUtimeot de^justioeett d'humanité, que^rien nfatteAdnt,*iii la fl(Oiileui:,rniila oléttwee, qa'aueune leoraine corrî^, $i jàture aoîtrelle.

>L^«édian|s,irçpV6nant.qHe)qi«e,auda€e, iraient eir^ikr daus la.viUe éteraeUe des^meoaiees.dë imeuttre eontne .tous 4es. JWi^ios qui.eqtretieiidBaîeiiteoflafner^e av«&ie8>Fraaoaîfi. Chaque joui?, le ioaiinaodant en.chef reeavaitxlestleUffes^aDo* liâmes, danS'lesqueUes, les lâeheslui aniKMifttieBt qiie.ie,poî- ^ardquiavait assassiné Je oomte Roasi<s'aigutsaît pour- lui « jmme. Des listes de proeeriptions létàkpt «bodastioeomit affîdiées sur les œuiPs; ,les tmii^és à M pairiey les /mis dei FrmifahM au Pape seraient 1^ premières ivietimes de la-llé* publique romaine restaurée. Quelques .audacieux insulteuffs avaient été corrigés d'importance :par des officievs fr^n^ais insultés pari eux, et avaient humUemertt deoiAndé gr&ee« Ainsi avait fait, un jour, dans un eafé du Corso, un officier français qui avait exigé et obtenu, quoiqu'il fut seul au milieu de républicains, des excuses publiques d'im insulteur. Ces aeènes se reproduisaient fréquemment. D'autros plus graws s^uivireni. D'odieux guot*B*pents furent tendus, la nuit, à des

soldais; français, (|ni furent assas^Wf^. rKiH'it'^liU'^s, llUilpir, deux chasseurs à pieds furent attaqués par une trentaine d'assassins dans un cabaret de la rue Giulia. Ils rjésistèrant longtemps, longtemps se défendirent intrépidement. L'un d'eux fut enfin frappé mortellemçnt^par un artilleur romain. M. M$ingin, secrétaire-général de la. Préfecture de, police, dont nou3 avons déjà parlé, alla saisir lui-même courageusement le meurtrier, au milieu des siens, qui devaient, disâit-on, le défen* dre. D'autres victimes tombèrent, frappées daos l'ombre. Les républicains, de nouveau réfugiés dans les sociétés secrètes, organisaient de nouveau. F assassinat. Le général Rostolan prit crénergîques mesures contre ces scélérats. Il fallait faire cesser ces crimes, dont la menace incessante planait sur les têtes les plus nobles, et livrait les.hoonêtes gens à ce sentiment d étreinte et de froid que Ton éprouve à la menaçante promesse d'un danger injprévtf dont le mystère ^gmente encore l'horreur.

La population était encore inquiétée par des publications clandestines et des placards, iniprimés et .affichés la nuit, en secret. Nous avons sous les yeux quelques-unes de ces proclamations. Dans l'une, on disait :

«Peuple!

a Ne te décourage pas! les tyrans, les. barbares, les prêtres, les riches, tous les exploiteurs seront anéantis à la prochaine victoire de la démocratie !

La République reviendra !

€ L'heure de la vengeance et du sang sonnera bientôt! -Tiens-toi piètl

« Le poignard qni a abattu l'infâme Rossi, ministre de Vhypoêriie PielX qui nmM a ions frtmipés, ti d&nl la mMku$e pÊTêle a déchaîné amire iMus'hs èarbarts^ ce poignard des hommes grands et libres, des hmnmes' wriwfwa;, tles> hommes lHif«, n'est point bridé ! ^Patience et courage !* Espérons et mm seroiw^forts ! »

Dans une autre» on lisait :

t Peuple !

Les réactionnaires, les riches, les d'epus, les prêtres, tous les ennemis du progrès, de la liberté, du pauvre et de la République» conspirent pour t'affamer I

« Tu les connais pourtant : Que chaque bras frappe une poitrine coupable! Pas de grâce» pas de pitié pour les ennemis de la sainte démocratie !

« Ces lâches te refusent la nationalité à laquelle tu as droit ; ils te refusent le travail qui soutient ta famille.

« Ils t'enverront dans les cachots ou tu pourriras en martyr!

c Lorsque ta maison aura été brûlée, ton champ dévasté, ta boutique pillée, ta femme et tes filles violées, ils régneront sur tes enfants avec Pie IX pour roi et les Français pour bourreaux !

« Mais la liberté ne périra pas ; prends courage !

a Peuple de héros ! grand peuple ! au nom de tes ancêtres et par leurs mânes ! «Sors de ta torpeur! Ranime ton courage! Les frères de la Péninsule seront là pour te seconder!

c Tes ennemis sont les rois, les princes, les seigneurs, les riches et les curés!

« Tes amis, la liberté, l'égalité et la fraternité!

c Veille, et tu seras sauvé !....

« Vive la République démocratique et sociale ! »

Les républicains sont incorrigibles. C'est ainsi qu'ils cherchaient à bouleverser encore la société. Ces placards incendiaires étaient affichés la nuit et apposés sur la porte des notables du pays, des personnes connues pour leurs sympathies envers les Français. Les patrouilles françaises, dont le zële était au-dessus de tout éloge, voyaient, de loin, occupés à cette besogne, des forcenés qui prenaient la fuite sitôt qu'ils les

apercevaient. Elles parvenaient néanmoins à les arrêter ; quel? ques uns étaient tous d'anciens conspirateurs.

Telles étaient les armes dont se servaient les révolutionnaires pour ramener en Italie le règne bienheureux du socialisme ! D'autres cherchaient à prix d'argent, au nom du Comité révolutionnaire Mazzinien» d'entretenir Tamour delà démocratie et de l'indépendance italienne chez les enthousiastes républi-' cains. La propagande se faisait, entre autres moyens, k Paide de foulards dont la couleur, après un certain hvage, disparaissant, laissait & nu, dans toute leur intégrité, les instructions de ces hommes qui, avec ce désintél^sisemefit dont quelques uns d'entre eux ont donné des preuves à Paris, à Rome, à Florence, se sont arrogé la mission de régénérer l'ordre isêcial européen.

L'une des armes les pliis empoisonnées dontseservaieilt ces ennemis de la religion et de la société, c'était les publications clandestines. Celte propagande de dénigrement et de vengeance, fomentée par le parti républicain, était le mfoyen avec lequel lés sociétés secrètes anéanties et disséminées, cherchaient à ressaisir leur action. Ces publications désastreuses, toutes reihplies d'injures, de calomnies, d'accusations mensongères, manœuvre des ambitions trompées, des cupidités déçues, des vanités écrasées, étaient répandues par des 'colporteurs : on prit d'énergiques mesures contre ces propagateurs de haines violentes et de passions détestables. Et ce Ait bien. Avec du zèle, de la ferhieté, on maintient la sécurité publique; on prévient les révolutions, ce qui est piu.s avantageux que d'avoir ù les combattre après qu'elles oiit éclaté.

Ces publications, émanées d'ignobles brigands, dans lesquels la religion, l'honneur, la morale, la vertu, sont bailbués, aA applaudissements imbéciles de la foule , sont pour beaucoup, qu'on n'en doute pas, dans les crimes des révolutions, dans les forfaits de ces jacqueries implacables.

T. II. iû

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