‹ Histoire de sa sainteté Pie IXChapitre 5 sur 27 · VU · texte numérisé non relu

VU

Ferme et prudenle, on le voit, fut l'attitude du gouvernement pontifical en cette délicate aflaire.

On disait que le cabinet de Vienne cherchait un prétexte plausible pour intervenir dans les Etats pontificaux , et l'on insinuait même qu'il était encouragé dans ce projet par quelques membres du sacré-collége et par la contenance passive du gouvernement qui régissait alors la France. ' Ces bruits ne furent point justifiés par les faits. Les négociations diplomatiques engagées à Toccasion de l'affaire de Ferrare entre les cours de Rome et de Vienne eurent pour effet de replacer les choses dans l'état où elles se trouvaient fiiécédemment. L'Autriche évacua les postes qu'elle avait occupés; et si le Souverain Pontife n'obtint pas une reconnaissance de ses droits, il eut, du moins, gain de cause dans ses récentes protestai ions.

Ces Lons résultats contrariaient fortement les prétendus patriotes de Fltalie , ces radicaux qui s'efforçaient de susciter des troubles , afin de provoquer l'intervention autrichienne , dans Tespoir qu'il en pouvait résulter dans la Péninsule italique une révolution assez puissante et assez radicale pour emporter la papauté.

Le radicalisme est athée. II veut arracher la foi du cœur des peuples , les opprimer, les désespérer, les détacher de k religion, cette consolation de la vie, et de l'Eglise, cette tendre mère qui, à toute heure, veille sur nous.

C'est l'œuvre de Satan.

Le libéralisme^ quoi qu'il dise, n'est pas moins athée que le radicalisme. C'est le libéralisme qui arracha au Saint-Père cette concession funeste de la garde civique. Ce fut une grande faute. La garde nationale est une des institutions les plus fridicules et les plus dangereuses qu'il soit possible d'imaginer, et qui prouve combien le libéralisme est profondément révolutionnaire , malgré son masque hypocrite.

En ce moment le libéralisme domine en Piémont, en Suisse et en Belgique ; il est occupé, si l'Europe conservatrice le laisse faire , à dépraver les populations sur lesquelles il pèse, à les jeter dans les bras du radicalisme.

Je soutiens que le libéralisme est une erreur chez les uns , chez les autres un odieux moyen d'exploitation immorale, de succès impie.

En ne nous occupant que de la question purement matérielle, au point de vue seul du bien-être mondain, il est incontestable que le libéralisme est une duperie. Que serait-ce donc si nous examinions cette utopie au point de vue de ^Eternité?

Aucun homme attaché à la conservation de la société , aucun partisan delà famille, aucun conservateur de la propriété ne peut être l^>éral, dans le sens attaché à ce mot par Fécole bourgeoise, voltatrienn^, philosophique (Je 1789, école qui .

&k France, par la révolution de 1830 a provoqué, nou0 dirons même légitimé, celle de 1848, faite contre elle-même par ses logiques continuateurs, les révolutionnaires républicains, dont les socialistes, les partageux, sont, à leur tour, les descendants.

£n effet, ce n'est pas impunément qu'on pactise avec Fidée révolutionnaire. Il serait vraiment trop commode de supprimer l'autorité de TEglise, cette source légitime de toute autorité , Tautorité delà morale et de la vertu, et d'exiger ensuite du peuple le respect pour les autorités bâtardes, illégitimes des bourgeois du libéralisme !

Le radicalisme, la démagogie, avec ses implacable» fureurs, fes démolitions, ses ruines, son nivellement, son athéisme , n'est que la conséquence du libéralisme.

Les libéraux persécutent , raillent, outragent, calomnient l'Eglise; les radicaux la poignardent: c'est logique.

Les libéraux veulent rayer le mot de Providence de la langue humaine; les radicaux, au nom du même droit d'examen, de la même liberté, veulent supprimer la propriété et la famille.

Tout propriétaire, tout père de famille qui se dit libéral , c'est-à-dire ennemi du catholicisme, proclame par cela même sa déchéance comme père de famille et comme propriétaire ; car les principes sont inflexibles , et l'on voudrait en vain arrêter le torrent de la révolution imprudemment déchaîné. Pour se soustraire au joug salutaire , à la salutaire direction de la religion, les libéraux se jettent, sans s'en rendre conqpte, sous le joug oppressif et impie de la démocratie.

Ces enseignements austères , ces hautes leçons, l'histoire eontemporaine nous les a largement prodigués au milieu des flots de nos larmes répandues , des torrents de notre sang versé. La France l'a compris enfin. Elle a divorcé d'un seul coup avec le libéralisme et avec le radicalisme, sa conséquœce, #t , pour copjurer le suprême et terrible naufrage, elle s'est jetée ^ dans son agonie, entre les liras de la dictature pour

édiapperà ranarchU. La lîJberté &k a MUfferli œk wt wà ; mais la société a été sauvée.

Si le PiémoDt, si la Suisse» si la Belgiipie sont sages» ils peuvent se sauver à leur tour, et , plus heureux , sans faire ces sacrifices aussi douloureux qu'humiliants. Pour cela cpte doivent-ils fau*e ? se bien persuader que le Hbérdiême les pousse insensiblement sur les pentes du gouffre où peuvent périr leurs chères libertés , leur repos, leur grandeur» leur fortune et jusqu'à leur nationalité glorieusement conquise!.*..

Le libéralisme» c'était» à Rome» comme aujourd'hui partout» h Révolution^ Y une des formes de la Révolution.

Or » profondément convaincu que le grand parti de Tordre a besoin d'être restauré dans toute l'Europe , nous ne cachet rons pas le peu de sympathie que nous avons pour la Révo« lution » sous quelque forme qu'elle se produise.

Nous la redoutons trop peu pour capituler devant elle; ne pas la combattre de front, ce serait trahir nos lecteurs et nous dégrader.

Donc nous professons le plus souverain mépris pour ee que lesehariatans qui» depuis soixante ans» trompent les peuples pour les dominer et les exploiter» appellent les grandi prine^ 4e 89 f que nous nommerons les grands fréfugés, les grandi mm$cfng0$ de 80.

n est évident que les révohitions qui agitent l'Europe depuis cette époque ont été d'immenses duperies» de ruineuses» honteuses » désastreuses mystifications. Les peuples, loin d'y gagner en moralité» en vertu» en r^os» en bien-être» y ont» tti contraire» toujours et constamment perdu. Ces agitations» tantôt criminelles » tantôt ridicules » n'ont profité qu'à quelques intrigants» qu'à quelques bourgeois ambitieux» envieux ei rageurs.

Vhistoire de ces demies années de désordres et d'agitatîoQsest écrite avec du sang» avec des larmes. Que ces ensei^^ ootts profitent et» qa'en sorte la confusMo des révo-

lulionnaires, ces ennemis des vieilles et s^'^inles croyances des peuples» ces implacables ennemis du genre humain !....

De toutes ces leçons qui nous ont covité si cher, la plus grave est celle-ci , à savoir que les révolutionnaires modéréi sont des révolutionnaires illogiques, appelés à être, tôt ou tard, débordés, renversés, distancés par les révolutionnaires logiques : les républicains, les radicaux , les socialistes.

Ainsi , en France , les Girondins furent dévorés par les Jacobins. Ainsi les révolutionnaires de 1830 furent à leur tour renversés par les révolutionnaires de 1848.

Le dernier terme de la révolution , c'est le socialisme, c'est^ à-dire le communisme et l'athéisme. Il est donc évident que tout révolutionnaire travaille, de près ou de loin, sciemment ou aveuglément, au triomphe du socialisme.

Voltaire a engendré M. Proudhon, comme Mirabeau a en* gendre Marat. Telle est l'implacable logique du mal.

Les uns préparent les crimes , les autres les commettent; ils sont également coupables; c'est là l'histoire des différents genres de révolutionnaires.

L'Assemblée c«mslituante, qui avilit Louis XVI, est, au ju* gement des justes, aussi coupable que la Convention , qui l'assassine. Les deux cent vingt et un députés sans mandat qui, en 1830, décrètent la déchéance du roi légitime, ont montré la route aux quelques usurpateurs qui proclamèrent la république à rHôlel-de-VilIe en 1848.

Ceux qui ont donné le premier coup de hache à l'édifice social ne sauraient avoir une moindre responsabilité que ceux qui ne rêvent que ruines. Ceux qui commencent les révolutions peuvent être moins hardis que ceux qui les achèvent; ils ne sont pas moins coupables.

Quand donc un système politique est entaché de révolution, il importe que les peuples contre lui soient en défiance. L'ennemi, le préjugé moderne , ce n'est pas l'autorité, ce n'est pas h religion , la famille, la propriété, ce n est pas lavertu^

ce n*e6t pus Tordre » la modératiou » le calpae , la prudeuce ; reimemi qu'il faut eombattre à outrance , le préjugé qu'il faut Jéncbier, qu'il feut extirper comme uu virus impur, qu'il fimt vaincre parla plume > par lé fer, par la lexique et par la forae, c'est la révoluticm.

Noos n'aurons le repos qu'à ce prix; aucune union n'est ponifale sur le terrain mouvant, incliné vers rabime, brûlant eomme les hves vésuviennes de la révolution.

Pour prèchar aux pei^^les les révolutions, pour livrer i leur béate adnûration les faits et les idées de la^révolution, si. misé* rdbles et si odieux, il faut avoir perdu tout sens moral, il faut n'avoir ni coeur ni entrailles ; il faut être sans conscienoe et ne point craindre la justice de Dira.

1a révolution, c'est le gibet de la vertu et de la liberté. Faible, elle est ridicule et nous déshonore; puissante, elle nous dépouille et nous tue !...

La révolution de 89 dépouilla le deif é, détruisit Tanoienne magistrature, créa les assignats. Si l'Assemblée constituante n'eût pas outrepassé le mandat qu'elle avait reçu, si elle s'en fût tenue aux cahiers des États-généraux , elle eût faiit acte de patriotisoie et de sagesse. Ces cahiers étaient le résumé sage de tout ce que l'expérience et l'intelligence humaines peuvent produire en cette, matière.

Ils proposaient des remèdes certains aux différents abus ; iis indiquaient le chemin de la liberté juste et des réformes légitimes. L'esprit révolutionnaire alla au delà. Il bouleversa, il roina^ il renversa au lieu d'améliorer, et il jeta la France dans des abimes, dans des crimes, dans des misères sans profit, et qu'elle ne put traverser sans douleur et sans honte.

De là, le cynisme des mœurs, la fureur de l'envie, le débordement des passions orageuses que ne réfrène plus la religion méconnue; de là, le mépris des principes, l'impatience du suo ces, Tavidité de jouissance, la dépravation en bas et en haut;, ious ce^ vices epfin qui, en annihilant le secs lUQr^l e( en

jtonffiint la conseience» ont ereé la race des révolutionnaires, ee0 barbares de b civilisation.

ToES les malbeurenx infectés de cet esprit s'agiteront dans h plus grossitee immoralité, dans le plus hideux matérialisme; ils étaleront la lèpre de leur corruption aux regards des foules ; ils dépraveront les nations, ils ne les régénéreront pas, quoi qu'ils disent; ils les conduiront aux abattoirs et aux voiries» dans les prisons et à Téchafaud ; ils ne les ren-* dront point heureuses. Puissants pour le carnage et la démolition, ils sont tons force pour édifier, sans talent pour construire.

Que ceux donc qui pensent qu'il y a assez de mines dans la société se détachent de ces hommes dangereux; qu'une réaction religieuse s^opére dans les esprits, dans les corars; que la vertu se restaure, quel'aulcmté reprenne son empire légitime, et les peuples seront plus heureux et plus libres.

Cette réaction salutaire sVst opérée en France, où les hommes les plus éminents ont rompu avec la révolution. En voyant oii ils ont conduit leur patrie, et combien leur talent mal em* ployé a été fatal, ils ont eu le repentir de leurs succès. Les révolutionnaires de 1848 ont donné des remords aux révolu^ tîonnaires de 1830, qui ont vu qu'en somme ils n'avaient travaillé qu'à une vaste destruction, et que, dans un pays religiéut et monarchique, on n'^asseoitpas un trône sur des barricades et sur la philosophie.

Rien ne dure, d^ailleurs, de ce que ne peut avouer la vertu.

Et puis, la révolution, ayant créé le désordre, Psmarcfaie, avec l'infraction de toutes les lois, le mépris de toutes les rë- 1^09, de tous les devoirs et jusqu'à celui des bienséances, fait sentir à leurs dépens aux peuples la nécessité d'un frein social, et le |oug des tyrans de la licence, des oppresseurs de la démocratie leur fait bien vite regretter le règne de l'autorité lé^time.

D'un autre côté, la tyrannie de la multitude a toujours pour

conséquence immédiate le despotisme d'un seul» incontestablement moins dur.

La révolution ne peut pas civiliser, elle ne peut pas donner la liberté, Cest l'œuvre de la religion seule. Seule la pensée rédemptrice peut également donner le progrès, et même cette égalité sociale dont beaucoup sont impatients, mais qui, dans aucun cas, ne sera jamais absolue.

La révolution ne peut pas plus moraliser que les lois hu^ mained, qui disciplinent et réfrènent, mais ne créent pas Tordre. Les lois changent ; l'une renverse Tautre ; mais la morale est éternellement la même; elle a seule la durée, seule elle est immuable; les lois humaines varient avec leurs passions, celles de Dieu sont permanentes.

La liberté ne peut donc venir que du Calvaire ; le Verbe s'est fait chair pour nous affranchir tous. Mais aussi, il $'est incarné dans la douleur, dans l'humilité, non dans le plaisir et Forgueil.

Nous sommes loin de l'accomplissement total de l'Évangile; la révolution nous en éloigne encore davantage, car non-seulement elle se croit philosophiquement obligée d'être athéOf ingrate et violente, mais elle ne peut faire autrement : si elle était religieuse, tendre, morale, elle ne serait plus la révolution; elle mentirait à son origine, à sa tradition.

La révolution fut donc à Rome ce qu'elle avait été^ ce que nous Tavons vue, ce qu'elle est partout ailleurs. Elle procéda d'abord par les intrigues et les perfidies hypocrites du libé» ralisme.

L'une des premières exigences du libéralisme, ce fîit la demande de la création de la garde civique; le Saint-Père finit par céder. Ce fut faiblesse; il n'est pas d'institution plus déplorable, lia garde nationale est un embarras quand elle n'est pas un danger ; elle compromet et trouble même souvent Tordre qu'elle est sensément appelée à défendre.

Les membres des sociétés secrètes se réjouirent de cette

immente concession; on leur donnait des armas. Ces sociétés secrètes ne disaient pas dès lors toute leur pensée, que voici : Abolition de la papauté ; République démocratique et sociale. Elles marchaient souterrainement à cet exécrable but , avec la complicité d'imprudents libéraux, parmi lesquels de hauts personnages qui, de bonne foi, croyaient travailler uniquement pour la liberté de Tltalie.

Cette erreur était déplorée par les hommes profondémeiU catholiques, par conséquent hommes de liberté, d'ordre, d'amour, par conséquent aussi, adversaires des philosophes, des libres-penseurs, des libéraux, des démocrates, en un mot des révolutionnaires de toutes sortes qui, par la parole, par la plume, dans renseignement, au pouvoir, dans l'opposition, partout et toujours enfin, n'ont eu et n'ont qu'un but: per-» vertir, égarer les peuples au profit de leur égoîsme et de leur ambition.

Les hommes religieux n'étaient pas partisans de Vidée révo^ lulimnaire qui pesait déjà lourdement sur l'Italie^ et qui, par une politique soi-disant libérale^ c'est-à-dire ennemie de la li* berté, hostile à la religion, dépourvue de sagesse, de justice, de principes et souvent même de pudeur, poussait ce pays infortuné vers ces abîmes où sont tombées tour à tour plusieurs nations, et où la France a failli périr.

n y a toujours eu, il y avait alors à Rome deux sortes d'hommes appuyant cette politique immorale , désastreuse , anticatholique, anti-nationale, cette détestable politique de parvenus sans amour du bien public, d'intrigants sans vertus. Les uns sont des citoyens parfaitement honorables comme hommes privés, mais aussi parfaitement égarés comme hommes politiques. Ceux-là, qui sont de bonne foi, complices moins coupables encore que dupes, on doit chercher à les détacher du milieu fatal aux peuples dans lequel ils se sont placés, lentement, insensiblement circonvenus, trompés, entraînés par les roueries, les perfidies des hommes d'iniquité, des exploiteurs.

Les autres sont les âmes damnées deâ sociétés secrètes, leurs agents, leurs comfriices; ils partagent les profits et les hontes; ite s'engraissent sans vergogne des dépouilles des nations. Ce sont les insulteurs» les persécuteurs de la religion et de la morale, les persifleurs du principe d'autorité, les corrupteurs éboBtés des peuples. Us doivrat trouver dans les écrivains catholiques des adversaires énergiques, et il importe d'arracher lews masques à leurs faces déshonorées.

Aux égarés, notre main loyale, nos conseils, nos avertissements fraternels.

Aux corrompus, aux médiants, aux endurcis, aux incura*blés, — la guerre. La tolérance envers les coeurs sincères est un devoir, envers les âmes pourries, gangrenées, qui sciem* ment pratiquent Terreur effrontée, c'est de la duperie.

U y eut quelques écrivains à Rome qui firent leur devoir. Ils essayèrent d'arracher les populaticms à la tentation et à l'exploitation des libéraux; ils dirent à ce pays de quels périls il était menacé. Seuls, quelques esprits justes, quelques cœurs droits, quelques âmes religieuses et honnêtes surent apprécier cette sagesse. Les révolutionnaires devaient sacrifier le repos de l'Italie, son honneur, sa moralité, son avenir, en faveur du parti républicain et athée, de ce parti sanguinaire qui confisque tout à s<m profit.

A côté des voix généreuses qui s'élevaient pour avertir, il y avait des voix cruelles qui trompaient le peuple, qui se faisaient douces et pieuses pour l'attirer dans le piège démocratique. Le journal Contemporaneo avait convoqué l'ardente jeunesse dans ses bureaux, déjà transformés en clubs. Les rédacteurs, secrets agents de Mazzini, le grand-maitre des sociétés secrètes en Italie, avaient débuté par se faire modérés. Ils répudiaient, disaient-ils hypocritement, toute violence, toute impatience. Ils ne voulaient compromettre la cause de la liberté et du progrès par aucune imprudence. Ces tartufes déclaraient être des hommes de paix et d'amour, d'excellents

câCholiqùe». C'est au Contemporaneo, appelé à devenir le journal offleiel de la République, que s'organisaient les manifestations hypocrites, les ovations insupportables au moyen desquelles la révolution espérait surprendre, entraîner, circonvenir le Saint-Përe et capter sa confiance. L'avenir montra la haine infâme que ces démonstrations d*amour cachaient lâchement.

Le peuple était de bonne foi; il ne savait pas, quand il criait du plus profond de son cœur 2 < Vive Pie ÎX! » que cet hommage pieux et mérité était le mot d'ordre d'une bande de conspirateurs, émeutiers d'estaminet et de place publique, escomptant les faiblesses irréfléchies d'une bourgeoisie qui aurait à souffrir la première du mouvement révolutionnaire qu'elle favorisait*

Le peuple ne soupçonnait pas qu'il contribuait ainsi, sans le vouloir, à la persécution de son prince chéri, et à la fondation de la République, sans quoi il eût fait justice lui-même de tous ces fanfarons de patriotisme, qui le flattaient pour usurper les droits du Saint-Père, et devaient pousser l'audace impie jusqu'à essayer de disposer de l'avenir du catholicisme !

Page 1