‹ Histoire de sa sainteté Pie IXChapitre 6 sur 27 · LIVRE IIL · texte numérisé non relu

LIVRE IIL

Pie IX a su 86 faire aimer et vénérer de tous ceux qui n'oût point été empoisonnés par la révolution. Ceux-là applaudissent à ses éminentes qualités , bénissent les actes de son autorité paternelle et glorifient son auguste personne.

Sans les intrigues des ennemis de TÉgliise et les» violences des démocrates, son règne eût toujours été pacifique; mais rimpudique révolution changea l'enthousiasme du peuple romain en importunités» en exigences, et Texaltation du patriotisme &k fureurs anarchiques. Ces exagérations d'amour, ce culte bruyant, ces fêtes, ces concerts, ces applaudissements, tout ce Inruit avait pour but de circonvenir le Saint-Père, de Tentrainer au delà des réformes justes dont son prédécesseur calomnié avait eu la pensée, mais que sa profonde sagesse et sa connaissance exacte des menées révolutionnaires avaient engagé à en retarder Texécution ; et c'est un fait digne d'être remarqué, à savoir que la turbulence des partis extrêmes paralyse les meilleures intentions et forme obstacle au véritable progrès.

Cette exploitation de la popularité de Pie IX était la mise en pratique d'un plan infomsd cooçti par les sociétés secrètes. Le

radicalisme, le socialisme, lalliéisme s'emparaient du libéralisme et le poussaient à ses conséquences logiques. Ce calcul réussit, pendant quelque temps, au delà même des espà'ances des méchants. — « Nous étoufferons le pape sous les fleurs^ disaient les anarchistes; nous nous en servirons comme d'un instrument que nous briserons quand il ne nous sera plus nécessaire pour entraîner les populations. » Et Mazzini ajoutait cyniquement : — « Il faut faire de Pie IX un bœuf gras politique. x>

Cette ignoble et criminelle parole donne le mot des démonstrations qui eurent lieu à Rome et des ovations dont le Saint- Père fut Tobjet, très-sincères chez le peuple qu'on cherchait à égarer, calcul odieux de la part des meneurs.

Le radicalisme italien voulait la république et Tabolition de la papauté ; le libéralisme italien voulait faire du chef de TÉglise le chef d'une armée ; en^méme temps» il voulait une papauté constitutionnelle. Or, moins qu'à tout autre pays, cette forme de gouvernement peut être appliquée à Rome. Le pape doit être souverain temporel absolu. L'erreur du libéralisme italien fut de rêver le contraire. De là vint la popularité bruyante dont Pie IX fut entouré d'abord , tant qu'on put croire qu'il consentirait à des concessions impossibles, et la haine imméritée dont il fut l'objet de la part de ces mêmes hommes quand ils virent qu'il n'adoptait pas leur poUtique, en cela fidèle à sa mission de pontife légitime, de successeur de saint Pierre^ de dépositaire de l'autorité infaillible. Pie IX, en agissant ainsi» conserva inviolable et entière la foi donnée par Jésus-Christ, entière et inviolable aussi l'incorruptible doctrine de la vérité.

En laissant amoindrir son pouvoir temporel^ le pape amoindrirait le pouvoir spirituel , dont il est également le dépositaire. Ce serait porter atteinte à la religion catholique et à la divine autorité de l'Église; ce serait fouler aux pieds ses lois vénérables, car chaque coup porté à l'autorité civiU du pofitife atteindrait en même temps sa puissance saorée*

Or, à 6baqu0 heure, la rdvolutioû gagnait du termu. Le jour aiiDiverMirede l'élection du souverain Pcmtife parut mx révolutîannairea un prétexte bon à saisir pour remplacer le Chmu de Pu IX par une cantate, qui prit ensuite le nom de Jlbr$$Hhiêe imUeme :

Secoue» 6 Rome ! la poussière honteuse ; Geins-toi le front de laurier et d'olivier ; Que tes chants soient des chants de joie : L'auréole de ta gloire brille de nouveau .

La banière que Felsina envoie Est Taugure fortuné de paix ; C'est d'une alliance sainte le gage.

Don d'un frère à son frère.

Le son des trompettes guerrières A réveillé les descendants de Quirinus : Nous saluons la fraternelle bannière Qui s'est levée fièrement sur le Tibre.

Cette bannière restera ployée Près du trophée de Marins, Et sous l'aile de l'aigle altiôre Qui t'attend sur le roc Tarpéîen.

Mais dans les jours de funeste péril Cette bannière fraternelle déployée Contre les fureurs d'un destin perGde Sera l'espérance de Rome !

Le peuple» entraîné par les meneurs des sociétés secrètes, courut an Quirinal chanta ces strophes et d'autres semblables ; He IX affligé ne voulut point les écouter. Il sentait que des traîtres Toulaient Tentrainer au delà des bornes de la justice, et ne tarderaient pas à essayer d'exciter son peuple. Et pourtantt que n'avait-il pas fait pour lui? H avait dépassé toutes les espérances conçues jadis par les Romains; il n'avait cessé un seul instant» sous Finspiration de la prière, de s'occuper du bonheur de ses sujets; il avait donné Tamnistie; il avait r<-* formé les tribunaux ; diminué Timpot du sel et eupprimi celin

des patentes ; il fi\^\t créé une junte nationale ; il avait consacré toutes tes heures de sa vie à des améliorations politiques et administratives : ici modifiant, là réformant» ailleurs sim-^ plifiant, animant tout de son souffle fécond ; il avait révisé le Code civil et criminel, établi la régularité dans les procès cri* minels et dans les procès politiques (1), introduit Tordre dans

(i) Malgré cela, tous les abus, en matière de juridiction criminelle, n'avaient point été abolis. La preuve s'en trouve dans la longueur inliumaine des préventions. Il est juste d'appeler l'attention du souverain Pontife sur cette question. La citation suivante, extraite du journal 1' 27nîvers (numéro du 30 décembre 4851)^ suffira :

tt On écrit de Rome, le \ 7 décembre :

« La Sacrée Consulte vient de juger souverainement un procès criminel qui a duré seize ans et dont toutes les phases ont été suivies avec la plus grande attention par les amateurs de la littérature italienne. Voici les faits de ce procès:

• En 1834, M. le comte Alberti, alors sous-lieutenant dans un régiment d'infanterie romaine, annonça qu'il possédait une nombreuse collection d'autographes du Tasse et de documents manuscrits concernant ce grand poète, et qui tous jusqu'alors étaient entièrement inédits. Ces papiers contenaient, en effet, des détails extrêmement curieux, et beaucoup de personnes se pré^ntèrent pour les acheter ; mais le prix qu'en demandait M. Âlberii était si exorbitant que les manuscrits lui restèrent.

« En 4838, M. Àlbertî céda à M. Candide Mazzaroni, libraire d'Ancône,une partie de ces manuscrits, qui, la même année, furent publiés par M. Mazza* roni sous ce titre : Documenis intéressanls sur l'entrée de Torquaio Tat$o au service d'Alphonse d'Esté, duc de Ferrare, et sur les dons qu'il reç^a à cette époiiue mémorable. L'année suivante, les autres manuscrits de la collection de M. Alberti parurent chez le libraire Giusti, à Lucques, sous le titre suivant : Véritables causes de l'emprisonnement et de la remise en liberté de Torquato Tasso, prouvées par l'histoire et par des documents authentiques.

« A peine ce dernier livre eut-il été annoncé dans les journaux, que M. Mazzaroni, éditeur de l'autre publication, porta plainte contre M. Alberti, en affirmant que les manuscrits du Tasse et de ses contemporains, queM. Alberti lui avait vendus, étalent faux, et avaient été fabriqués exprès, dans le but de le tromper et d'induire le public en erreur.

a Le tribunal criminel de Rome, saisi de cette affaire, fit arrêter M. Alberti, et nomma une commission composée de littérateurs» de philologues, de chimistes et de calligraphes pour examiner les manuscrits.

« Cette commission, après de longues recherches, déclara, à une forte majorité, que les papiers vendus par JA. Alberti à M. Mazzaroni étaient faux« et, sur cette déclaration, le tribunal, par sentence du 30 septembre 1844, condamna M. Alberti à sept ans de détention dans une maison de force, à des dommages-intérêts envers M. Mazzaroni, et à tous les dépens.

a M. Alberti se pourvut en appel contre ce jugement devant la Sacrée Consulte, et il sollicita que le prçK^ès fût instruit entièrement de nouveau .

les finances, ^harmonie dans le hudget, équilibré les revenus et les dépenses de la fortune publique. D*un autre côté, tou* jours pénétré d'une sollicitude paternelle pour les pauvres, il avait créé des dépôts de mendicité , des salles d'asile et des écoles. Enfin, il avait comblé son peuple de bienfaits. Et il avait parcouru cet immense chemin sur la route des améiio* rations d'un pas ferme ; il avait conduit d'une main sûre et sans secousses le char de l'État, en évitant tous les précipices. Il avait semé le bonheur et la justice ; il devait recueillir le crime et l'ingratitude. Les bons princes, bénis des peuples, sont le plus souvent , châtiés de leurs vertus par les révolutionnaires, ces ennemis implacables des peuples.

Pour les Romains, la révolution, c'était le mal déchaîné, le vice marchant à son immoral triomphe sur des ruines; c'était le retour à la barbarie par l'extermination, aux ténèbres par le sang; c'était la mort; la papauté, c'était le bien, le grand, l'éterneU le juste; c'était la civilisation, l'ordre, la paix, la lumière et la vie.

Ceux qui méconnurent cette vérité fiu'ent des traîtres, des imprudents et des ingrats.

La cause du pape était celle de Dieu ; selon la dernière parole de l'infortuné comte Rossi : c'est celle de la civilisation universelle.

Quant à l'Italie, le mensonge des libéraux et des radicaux^ c'est d'avoir prétendu qu'elle, pouvait être affranchie sans la papauté. — « L'autorité du Saint-Siège, a dit le prince Louis-

* La Sacrée Coosulle accorda cette demande. De nouveaux experts furent commis, lesquels, après un travail et des investigations qui n'ont pas duré moîDS die sept ans, ont émis, à runanimité, Tsivis qi>« les manuscrits étaient ^lulhentiques.

a M. Âlberti, de son côté, produisit des preuves que jusqu'alors il avait tenues secrètes, on ignore par quel motif, et qui constatent que les manuscrits avaient fait partie de la bibliothèque du prince OtlavtoFaicouieri, à qui ils avaient été légués par Tabbc Mercantorio.

K La Sacrée Consulte, par son arrêté d'avant>hier, a infirmé Li sentence des premiers juges, et a acquitté M. Alberti, qui a été immédiatement rami^ «*ii liberté, après avoir subi une détention préventive de seize années. »

Napoléon Bonaparle, est indispensable k rindépeiidance et à la liberté de Tltalie. >

Rien n'est plus vrai. Le principe catholique et monarchique était seul capable de sauver l'Italie. *^ La révolution » Vidée répuiblieadne ne pouvait que la perdre en la dé^onorapt<.

Or» c'est le protestantisme qui a porté les premiers coups au principe salutaire d'autorité en Europe, c'est lui qui a enfanté le radicalisme et l'athéisme.

L'erreur protestante » en s'attaquant à l'autorité des papes^ ouvrit la route de la révolte aux autres révolutionnaires qui s'attaquèrent bientôt après à l'autorité des rois, puis à c^lle du père de famille et à celle de Dieu même!

La doctrine du matérialisme et de Tanarchie^ derpîer tei^me de la révolution, est la conséquence du libre examen.

La philosophie vint ensuite , et dit : c Les hommes sont égaux. > Ce mensonge, inspiré par Satan, n'eut pas plu3 tôt été jeté aux foules soulevées , que chaque homme voulut être l'égal de son prochain, non pas en humilité, en charité, en vertu, mais en jouissance.

Les passions, ainsi déchaînées, produisirent tous ces crimes monstrueux dont le récit épouvante et fait frémir.

La société européenne, arrachée à l'autorité reçue de Dieu par l'Ëglise pour conduire, enseigner et sauver le monde, se débattit dès lors dans les convulsions de l'agonie^ poussée vers le chaos par les hommes de révolte.

Nous racontons ici l'une des crises de ce mal, qui ne peut être dompté que par la force sanctifiée par la vérité , par le catholicisme.

Catholique ou athée, révolutionnaire ou partîisan de l'au-^ torité légitime et vigoureuse, juste et forte, il faut être l'un ou l'autre; entre la vérité et l'erreur, il faut choisir; l'hypo^srisie d«s fausses positions n'est plus possible, et ceux qui resteront i^u milieu du ciiamp de bataille seront brisés pa^r le clioc des deux principes!.,.

Ce qui se produisait alor^; contre Pie IX n'était que le résultat d'un plan depuis longtemps conçu contre le catholicisme et la monarchie 9 par les sociétés secrètes, dont j'écrivais naguère r histoire (4).

Ces associations criminelles ont failli engloutir TEurope. Elles ont eu le plus détestable çmpire sur l'Italie. Leur chef, c'est ce Joseph Mazzini que maudissent tous les véritables patriotes de Tltalie. Pendant plus de ving^ ans ce malheureux n travaillé sans relâche à la ruine et a la honte de son pays. Aidé par des émissaires, actifs comme lui dans le maU il a commencé par chercher à démoraliser le peuple, pour mieux Tarracher à l'Eglise» pour mieux l'opprimer. Leurs discours, leurs instructions, leurs pamphlets» clandeslinemwt imprimés . et répandus de même, ne respirent que la haine, la vengeance, le crime, la mort. Us entretiennent l^^s peuples dans de criminelles illusions ; ils leur soufflent la haine de leurs princes ; ils é^tignent leurs plaies et les font saigner pour les irriter , pour les désespérer, pour leur mettre à la main le fusil de I émeutier et le poignard de Tassassin.

Pour bien apprécier les fi^its de la révolution républicaine qui éclata sous Pie IX, il faut connaître ces docum^ts qui semblent Kœuvre de damnés vomis par l'enfer mémç. Quelques extraits en peuvent donner une idée : .

(1) Elêltnrcdéê Sociétés gecrvtes en Europe y depuis 1 7S9 jusqu'à nosjmivs, 4 vol. iu-li«, chez Van Oâch-Aiiiericsi ai Ç', lihoires-étliieui'», u Mii'i^triciii 'Hollande.

Dans uti pamphlet émané des conspiraleurs, et dans ItquH, au début, on faisait un hypocrite éloge de la religion, de même que les mêmes hommes crièrent plus tard < Vive Pie IX! » on lisait :

<x Italiens ! Dieu a créé tous les hommes égaux. Apprenez que ce qu'on appelle le libéralisme a pour faut de tous remettre en possession de vos droits inaliénables. Il y a des hommes qui veillent pour vous, et pour qui la régénération de l'Italie est le stimulant de leur âme. Ils se bâtent de faire luire le jour où elle devra s'accomplir. Dans ce jour fatale rappelez-vous que la valeur l'emporte sur la force et que Taudace se r<nid maîtresse du sort. Maintenant que les événements graves approchent, que la catastrophe va éclater, il faut que chaque Italien ait un cœur qui sente, un visage qui dissimule, une main qui agisse!..

m Voyez comme il est terrible et comme il resplendit

d'une lumière sanglante ce jour gros de la colère de Dieu et de la vengeance des peuples! Terrible catastrophe! Le parjure aura sa récompense aussi bien que la tyrannie!.. > etc.

Quelquefois les écrivains révolutionnaires dissimulaient leur pensée dernière; mais souvent aussi ils l'exposaient dans tout son brutal cynisme.

Voici comment s'exprime un frère et ami, dans «ne de ces publications :

c Lucifer, c'est le génie de la Révolution, l'incarnation de l'esprit de révolte :

c Dieu, c'est le génie de la réaction, de l'obscurantisme; e^est l'oppression, c'est la tyrannie.

a Je te salue, père des fautes et des destructions ! En ruinant la création mal faite, tu l'as obligée de s'améliorer par elle-même. Père de l'orgueil, je te salue I

« Ton orgueil, que Dieu nomme crime, fut les arrhes de notre salut e^de notre rédemption.

« Satan I tu as affranchi Tâme de l'homme, I^s ennemi? de

Dieu, les eoDeniis de TEglise, des rois» des ridiesi de tous les oppresseurs, sont tes enfants;

a Satan, compte sur nous!...

c Ce qui est faute, ce qui est crime, c'est la beauté, c'est la vérité ; la faute seule est belle; ce que les esclaves de Dieu appellent crime est la Seule vérité.

c Je vois dans Dieu rincamation du passé, dans Lucifer Tincarnation de Tavehir. Salut donc à toi, Lucifer!

c Salut ! père des révoltes contre toutes les autorités ! Salut ! père de l'anarchie, roi de l'enfer, où tu braves Dieu et son Ciel!

c Sous ta bannière libre, nous entraînerons les peuples de ritalie et ceux de toute la terre à l'aflPranchissement, au bonheur commun, à la fraternité sociale, à la jouissance !

« Nous voulons jouir, nous ne voulons plus soutTrir! » *

Jamais l'athéisme n'avait atteint ce degré de cynisme et d'infamie. Ces blasphèmes n'ont été lancés jusqu'à présent en France que par M. P. J. Proudbon. Seul, tout seul, il a osé produire de pareilles choses ; seul il a osé dire à Satan : « Tu es mon maître, tu es mon Dieu ! >

Ainsi les carbonari italiens poétisent le génie du mal ; ils lui adressent des idylles ! . . . ,

Ce psaume à Lucifer, tiré clandestinement à un très-grand nombre d'exemplaires, a été répandu dans les rangs du peuple par les meneurs des sociétés secrètes.

Et ces mêmes hommes criaient bruyamment : f Vite Pie IX! »

n en a été de même d'un sonnet, également écrit en italien, composé par un des démocrates de ce pays, et dont voici la traduction. Cette pièce est intitulée Titan; elle fait pendant à celle intitulée Lucifer :

« Titan ne trembla point du tout quand il commença la chasse opiniâtre contre Dieu dans les routes du ciel, et il osa soulever le voile mystérieux de la création et le lui déchirer à h face.

« Titan ne trembla point du tout de la luenace de ce Dieu , ni de la foudre tonnant sur les Alpes du chaos; — il s*élançait toujours infatigable à la recherche de3 fontaines de la vie.

« Mais ce fut Dieu qui trembla devant la créature quand il la vit se dresser sur la crête des monts que Titan plaçait les uns sur les autres,

c( Et ce Dieu fut si lâche dans sa peur qu'il tua Titan de loin ; — et à peine Forage calmé, il se cacha pour toujours ; il n*ose pas se montrer aux hommes !•.. »

Les hommes qui écrivaient ces blasphèmes se faisaient remarquer par leurs clameurs enthousiastes quand paraissait le souverain Pontife.

Quand ils criaient ; — • « Vive Pie IX! » ils disaient dans leur cœur : — « Vive Titan ! vive Lucifer ! >

Ces conspirateurs accusaient les prêtres de conspirer dans l'ombre contre la liberté ; ils les accusaient de dissimuler hypocritement leurs projets de domination , — ces hypocrites qui ne songeaient qu'à opprimer leurs semblables» qu^à remplacer l'autorité légitime du bien par l'autorité factieuse du mal. Combien pourtant facile était la comparaison! Le révolutionnaire conspire souterrainement ; la vie du prêtre est un livre ouvert à tous. Voyez ses œuvres ! le prêtre est l'homme du pauvre, du malade» de Taffligé; il est l'homme de la liberté, de l'amour, de la famille» de la société.

Le révolutionnaire» quoi qu'il dise» est l'ennemi de la liberté» comme il est l'ennemi de Dieu; voyez ses œuvres ! C'est l'honi* me du sang» de la spoliation» du carnage» de l'anarchie. Il est l'enoemi du pauvre^ du pauvre aimé, soutenu» encouragé» soulagé par le prêtre» dont c'est là une des plus belles gloires. La plupart des prêtres sont pauvres» et ils n'en rougissent pas. Que leur importe ! Non opes, sed fides! Ce n'est pas l'argeat» c'est lu foi qui leur apprend à se dépouiller de ce qu'ils possèdent. C'est la foi qui leur apprend à partager leur pain avec les pauvres» à se faire mendiants pour les pauvres*

Lé prêtre prend riiomme dans ses bras pour le caaduire au ciel; le révolutionnaire, rhomnïe de la perdition et de la haine, le pousse vers les abîmes de l'enfer.

Ce sont les hommes de Dieu, ce sont les prêtres qui sont nos frères^ les révolutionnaires, qui tous usurpent ce titre, sont nos ennemis.

On a vu, par les extraits rapportés plus haut, à quel but tendaient les écrits des révolutionnaires. Comment, avec de semblables enseignements, le peuple n^aurait-il pas perdu toute notion du vrai et du faux, du juste et de Tinjuste, du bien et du mal? Quand les nations soqt livrées aux historiens, aux poètes, aux publicistes sceptiques et matérialistes^ elles, donnent cours à tous leurs désirs, à tout leur égoïsme, & toutes leurs passions. Elles ne luttent plus contre le péché, ainsi que le leur recommande la religion ; elles méprisent la vertu, ceux qui luttent, ceux qui souffrent, ceux qui tombent ; elles glorifient ceux qui réussissent, ceux qui jouissent. Elles ne s^appliquent plus à triompher des tentations du mauvais esprit; mais, au contraire, à s'abandonner à leurs mauvais penchants ; elles rient de renseignement chrétien : lutte sur cette terre , triomphe au ciel. Elles éteignent le flambeau^ catholique qui guidait leurs pas dans la route difficile. Elles s'agitent douloureusement dans le péché, dans le mal, dans les ténèbres, dans Tignominie et la misère, en attendant le remords et le châtiment inévitable^.

Les peuples de Tltalie étaient ainsi insensiblements déshabitués de la foi religieuse, sans laquelle TRomme ne trouve plus ni voies, ni repoff, ni salut. Les conjurés les enveloppaient

dans les trames des sociétés secrètes, comme les araignées enveloppent les mouches dans leurs toiles. Bien n'est à la fois triste et curieux comme d'étudier le type des meneurs de la révolution. Ce malheureux ne s'appartient plus; il est l'esclave du génie des destructions. Sur sa figure se lisent des ambitions trompées y des haines qui couvent les venins de l'envie et des mécomptes; la dissimulation, Finquiétude, le mystère, l'agitation, l'embarras, la rage, le remords même mais combattu par l'entêtement du mal. Pour lui , plus de Dieu, plus de famille, plus de repos; il a tout sacrifié à l'esprit des ténèbres, auquel il a vendu son âme. Il faut une grande force de caractère pour quitter ces sentiers abominables, ce désert oii l'on ne prie plus, où Ton ne pleure plus, où l'on n'espère plus; il faut faire sur soi-même un retour complet et lutter contre le mal qu'on a servi. Il est plus facile encore de ne pas tomber dans cet abime ; pour cela il faut écouter la voix du prêtre, fuir les clubs pour l'Eglise, être doux, humble, résigné.

Beaucoup firent autrement. Beaucoup se laissèrent circonvenir par les ennemis de la religion, grâce aux sociétés secrètes et aux publications des écrivains de l'enfer. , L'un des coryphées du parti révolutionnaire italien, l'athée Ricciardi, avait publié une brochure ardente, dans laquelle une partie des projets de ses amis était dévoilée. La papauté y était attaquée avec une extrême violence ; puis c'était la préconisation de la guerre civile. L'écrivain démocrate avait l'impudence d'accuser la papauté de conspirer avec l'Autriche contre l'indépendance italienne. H termine en insultant Dieu même, et il recommande c la moquerie confre la plante funeste née en Judée. »

Voilà le langage de ces plumes ressemblant aux bistouris des chirurgiens fouillant des plaies.

Peu après, Mazzini avait envoyé à ses accolytes des instructions qu'il importo de reproduire pour rintelligencc des failb dont nouî* allons dérouler l'aftligeant tableau :

« AUX AMIS DE l'iTALIË,

c Les morcelleiïients de l'Italie présentent à la régénératioa des difficultés qu'il faudra surmonter avant qu'on puisse pro* gresser directement. Cependant, il ne faut pas perdre courage; chaque pas vers l'unité sera un progrès, et, sans qu'on l'ait prévu, la régénération sera sur le point d'être accomplie le jour où Tunité pourra être proclamée.

c Dans les grands pays, c'est par le peuple qu'il faut aller 'A la régénération; dans le vôtre, c'est par les princes; il faut ;ibsoluinent qu'on les mette de la partie. C'est facile. Le Pape marchera dans les réformes par jprmct/)^ et par nécessité; le roi du Piémont, par Tidée de la couronne d'Italie ; le grand duc de Toscane» par inclination et imitation ; le roi de Naples, par i'oree; et les petits princes auront à penser à d'autres choses qu'aux réformes. Ne vous mettez pas trop en peine de la portion occupée par les Autrichiens; il est possible que les réformes, les prenant par derrière, les fassent avancer plus rapidement que les autres dans la voie du progrès. Le peuple auquel la Constitution donne le droit de demander peut parler haut et, au besoin, commander par V émeute; mais celui qui est encore dans la servitude ne peut que chanter ses besoins pour en faire entendre l'expression sans trop déplaire. Profitez do la moindre concession pour réunir les masses, ne fût-ce que pour témoigner de la reconnaissance : des fêtes, des chants, des rassemblements, des rapports nombreux établis entre les hommes de toute opinion suffisent pour faire jaillir les idées , donner au peuple le sentiment de sa force et le rendre exigeant.

« Le concours des grands est d'une indispensable nécessité pour faire naître le réformisme dans un pays de féodalité. Si vous n'avez que le peuple, la défiance naîtra du premier coup ; <Ma l'écrasera. S'il est conduit par quelques grands, les grands serviront de passeports au peuple. L'Italie est encore ce qu'était la France avant la révolution ; il lui faut donc ses Mirabeau,

&es Ldfayette et tant d^autres. Un grand seigneur ne peut être retenu par des intérêts matériels» mais on peut le prendre par la vanité : laissez-lui le premier rôle tant qu'il voudra marché* avec vous. II en est peu qui veuillent aller jusqu'au bout ; Tessentiel est que le terme de la grande révolution leur soit inconnu. Ne laissons jamais voir que le premier pas à faire.

« En Italie» le* clergé est riche de l'argent et de la foi du peuple. Il faut le ménager dans ces deux intérêts» et, autant que possible, utiliser son influence. Si vous pouviez» dans chaque capitale » créer un Savonarole» nou^ ferions des pas de géants. Le clergé n'est pas ennemi des institutions libérales; cherchez donc à l'associer à ce premier travail^ que Ton doit con* sidérer comme le vestibule obligé du temple de l'égalité; sans le vestibule» le sanctuaire reste fermé. N'attaquez le clergé ni dans sa fortune ni dans son orthodoxie ; promettez-lui la li« berté» et vous le verrez marcher avec vous.

En Italie» le peuple est encore à créer» mais il est prêt à déchirer l'enveloppe qui le retient. Parlez souvent» beaucoup et partout de ses misères et de ses besoins. Le peuple ne s'entend pas» mais la partie agissante de la société se pénètre de ces sentiments de compassion pour le peuple, et tôt ou tard elle agit. Les discussions savantes no sont ni nécessaires ni opportunes. Il y a des mots régénérateurs qui contiennent tout et qu'il faut souvent répéter au peuple. Liberté, droits de Vhommej progris, égalité, fraternité, voilà ce que le peuple comprendra» surtout quand on lui opposera les mots de despotisme, privilèges, tyrannie, esclavage, etc., etc. Le difficile n'est pas de connaître le peuple» c'est de le réunir: le jour où il sera réuni sera le jour de l'ère nouvelle*

c L'échelle du progrès est longue» il faut du temps et de la patience pour arriver au sommet. Le moyen d'aller plus vite, c'est de ne franchir qu'un degré à la fois: vouloir prendre son vol vers le derniw» c'est exposer l'œuvre à plus d'un danger. Il y a bientôt deux mille ans qu'un grand philosophe nommé

Cbrisi a prêché la fraternité que cherche encore le mondé. Acceptez donc tous les secours qu'on vous offrira sans jamais \t?s regarder comme peu importants. Le globe terrestre est formé de grains de sable ; quiconque voudra faire en avant un seul pas doit être des nôtres jusqu'à ce qu'il nous quitte. Un roi donne une loi plus libérale, applaudissez en demandant celle qui doit suivre. Un ministre ne montre que des intentions progressistes, donnez-le pour modèle. Un grand seigneur affecte de bouder ses privilèges, mettez-vous sous sa direction ; s'il veot s'arrêter, vous êtes à temps de le laisser ; il restera isolé et sans force contre vous, et vous aurez mille moyens de rendre impopulaires ceux qui seront opposés à vos projets. Tous les mécontentements personnels, toutes les déceptions, toutes les ambitions froissées peuvent servir la cause du pro» grès en leur donnant une bonne direction.

« L'armée est le plus grand obstacle au progrès du socialisme; toujours soumise par son éducation, par son organisalion, sa discipline et sa dépendance, elle est un puissant levier pour le despotisme. Il faut la paralyser par l'éducation morale du peuple. Quand on aura fait passer dans l'opinion générale l'idée que l'arn^e, faite pour défendre le pays, ne doit, dans aucun cas, se mêler de sa politique intérieui*e et doit respecter le peuple, on pourra marcher sans elle, et même contre elle, sans danger,

c Le clergé n'a que la moitié de la doctrine sociale. Il veut comme nous la fraternité, qu'il appelle la charité; mais sa hiérarchie et ses habitudes en font un suppôt d^autorité, c'està-dire de despotisme ; il faut prendre ce qu'il a de bon et couper le mal. Tâchez de faire pénétrer l'égalité dans l'Église, et tout marchera. La puissance cléricale est personnifiée dans les jésuites. L'odieux de ce nom est déjà um puissance pour le$ 5o- Mi$k$, 8ervez*vous-en.

« Associer, associer, associer; tout est dans ce mot. Les sociétés secrètes donnent une force irrésistible au parti qui

peut les invoquer. Ne craignez pas de les voir se diviser; plus elles se diviseront, mieux ce sera. Toutes vont au même but par des chemins différents; le secret sera souvent violé, tant mieux ; il faut du secret pour donner de la sécurité aux membres, mais il faut une certaine transparence pour inspirer de la crainte aux stationnaires. Quand un grand nombre d'associés, recevant le mot d'ordre pour répandre une idée et en faire l'opinion publique, pourront se concerter pour un mouvement, ils trouveront le vieil édifice percé de toutes parts, et tombant comme par miracle au moindre souffle du progrès. Ils s'étonneront eux-mêmes de voir jftiir devant la seule puissance de l'opinion, les rois, les seigneurs, les riches, les prêtres, qui formaient la carcasse du vieil édifice social.

o Courage donc et persévérance ! »

Ces instructions, que les affiliés des sociétés secrètes suivirent fidèlement, sont complètes. Les rapporter suflit pour formuler l'acte d'accusation du parti révolutionnaire en Italie. On voit quel plan infernal avait été conçu parles conjurés. 1^ première partie de l'histoire de Pie IX s'y déroule, et l'on comprend ses malheurs et ceux de l'Italie. Le mot d'ordre est positif; toutes les mesures sont prises pour arriver au triomphe du socialisme, de la république, de l'anarchie. Les moyens sont l'hypocrisie, la trahison, l'émeute; les armes, la parole, la plume et le fer ; le but, le renversement de la société. L'ennemi de la révolution, c'est le principe d'autorité, représenté par la religion, la famille, la propriété, la monarchie; haine au prêtre, au riche, à ceux qui ne veulent ni le pillage, ni le vol, ni l'anarchie. Mais il faut se garder de se dévoiler de suite. Il importe de procéder doucement, perfidement.

Les traîtres entoureront la papauté; ils crieront: « Vive Pie IX! » ils couvriront de fleurs l'abime vers lequel ils veulent l'entraîner; ils chanteront ses vertus, ils l'encenseront de louanges avant de l'égorger. Ils exalteront ses mérites, ils exploiteront sa popularité universelle; ils rélèveront sur leurs

in;iiHs Cl iminelles pour le jeter dans le gouffre. Ils jouerofit \e même rôle avec les grands et avec les bourgeois, avec tous ces niais qui ne voient pas que le libéralisme conduit au radicalisme.

Le clergé est ricbe de la foi du peuple; pour niieux tromper le peuple, ils ménageront le clergé; ils utililiseront l'influence qu'il s*est acquise par son immense et incomparable charité. D'ailleurs, ils Ta vouent, le clergé n'est pas Tennemi de la liberté ; or, ces hommes d'oppression et de haine auront l'air d'abord d^aimer le clergé et la liberté. Leur ambitioa doit être contenue; pour un moment, et jusqu'au triomphe définitif, ils donneront le commandement aux Mirabeau et aux Lafayette, aux bourgeois et aux grands seigneurs vaniteux et aveugles. Quant au peuple, on entonnera à ses oreilles les vieux mots de la révolution: liberté, fraternité, égaliié, progrès, droits de V homme, auxquels on opposera ceux de despotisme, privilège, tyrannie, esclavage, etc., etc. Usera bon aussi d'exploiter la haine imbécile, injuste et lâche des philosophes contre les pères Jésuites. Les libéraux, les libres penseurs apprennent de la bouche de Mazzini qu'en rendant odieux le nom de ces prêtres héroïques ils ont créé une puissance pour les socialistes. C'est là une leçon pour les libéraux, une preuve de plus qu'en s'attaquant à l'Ëglise ils ont préparé la victoire des communistes, des partageux, des matériaiisies !•.. Qu'ils se souviennent que l'on devient l'instrument, Tesdave, la dupe et la victime des hommes, dès qu'on cesse d'obéir à Fautorité des principes !

Ce n*est pas tout. Le chef des sociétés secrètes en Italie a encore écrit: < Il faut renverser les sociétés, jusques au fond de leurs entrailles ! »

Il invoque « l'épée des révolutionnaires^ le poignard des sociétés secrètes. » Ce n'est que sur des décombres et des monceaux de cadavres que peut et doit triompher la fralermié sociale*

Le libéral a jeté son masque, le radical apparaît»

La pensée de Babœuf» de Marat se dévoile. Pour la victoire du communisme, il faut du sang.

Il s'écrie: — « Le chemin que parcourt le genre humain e^t toujours tracé par des ruines : qui redoute les ruines ne comprend pas la vie... L'Italie veut rompre les liens despapos et des empereurs., • Pourvu que ses destinées s-accompllsseut, qu'il coule des fleuves de sang, que les villes s'écroulent les unes sur les autres» que les batailles succèdent aux incendies, et les inc^qdies aux batailles! n importe!... Que la grandeur de notre guerre terrible soit égale à la grandeur de la Rome future !•.-

n II faut préparer une guerre d* extermination, la préparer de telle sorte que chaque défaite soit une destruction finale !

« Nous exhortons donc soldats et peuples par ce cri de guerre, nous exhortons et ces hommes valeureux qui combattent et ceux qui s'apprêtent au combat, à suivre un plan qui ne laisse aucune de nos cités debout au pouvoir du vainqueur ; que ce dernier, au contraire, ne rencontre à chaque pas que la mon... Dans la guerre que nous faisons, on ne cède point : on détruit, on détruit pour édifier.... Si nos paroles sont en-

tendues, comprises, traduites en actions, nousâivons vaiDCO. Là guerre sera terrible : toute la vie du peuple ne sera qu'une ceoTTe de révolution : par notre exemple nous allumerons le feu delà guerre républicaine au milieu des autres nations. »

Et cet infâme scélérat a l'impudence d'ajouter ce biais* pbèine: € Nous combattons au nom de Dieu et du peuple; combattons donc comme on combat pour les dioses éternelles , et ne craignons pag d'exterminer ! »

Yoilà l'œuvre de la révolution, partout la même! Voilà Tœuvre des Régénérateurs de l'Italie ! Voilà les moyens et le but des hommes de la fraternité sociale l Voilà les républicains, les socialbtes ! Voilà les ennemis de la sainte Église ! Voilà, les calomniateurs des prêtres t Voilà les adversaires du catholi*- ( isme !

Et tels la fureur et le crime de ceux qui oot divorcé avec la religion !

Les conjurés avaient organisé une vaste société secrète, sous le nom de la Jeune Italie. Quelques extraits des statuts, rédi-^ gés par Mazzini, serviront à faire apprécier la sincérité do leurs acclamations en faveur de Pie IX, et celle de leurs prOf (estatioQS fraternelles :

« Article i*'. La société est instituée pour la destruction indispensable de tous les gouvernements de la Pétiin^ulei et pour former un seul Ëtat de riialie sous la forme républicaine.

« Art. 2. En raison des maux dérivant du régime absolu, et de ceux plus grands encore des monarchies constitution^* nelles, nous devons réunir tous nos efforts pour constituer une république une et indivisible.

< Art. 30. Les membres qui n'obéiront point aux

ordres de la société secrète et ceux qui en dévoileront les mystères seront poignardés sam rémission.

€ Art. 3J • Le iribupal secret prononcera la im^WW en désignant un ou deux affiliés pour son exécution inmédicdt.

~ soft Art. 52, L'affilié qui refusera d*exécuter la sentence pro* Uoncée sera reconnu parjure, et comme tel mis à mort mr-le-' champ,

a Art. 33. Si la victime condamnée parvient à s'échapper, elle sera poursuivie sans relâche, en tout lieu, et le coupable Sera frappé par une main invisible, se fût-il réfugié sur le sein de sa mère ou dans le tabernacle du Christ.

c Art. 34. Chaque tribunal secret sera compétent, non seulement pour juger les adeptes coupables, mais encore pour fatre mettre à mort toutes les personnes qu'il aura vouées à la mœ't, »

Ainsi procèdent les républicains, les amis de la libei^té et de la fraternité!

Et qu'on ne s'imagine pas que ces crimes n'aient existé que sur le papier et seulement pour frapper de terreur les adeptes. Non ! ces brigands mirent leur plan à exécution, et une foule de personnes furent lâchement assassinées par eux* Au surplus, Mazzini n'en est pas à son début. Il y a longtemps déjà que, pour la première fois, il a égorgé de sa propre main Tun de ses anciens amis.

Les peuples peuvent juger du despotisme implacable et farouche de ces hommes barbares et sanguinaires, continuateurs fidèles de la tradition révolutionnaire.

Il faut leur obéir sous peine d'être égorgé; il faut assassiner la victime par eux désignée^ sous peine d'être soi-même immolé ! et ces misérables osent dire qu'ils combattent pour Dieu, pour le peuple et contre la tyrannie !

Ainsi conspiraient contre Pie IX les révolutionnaires ilaliens^ au moment où ce saint Pontife venait de donner un nou-

Tel et splendide éclat au catholicisme, et où son âme ardente se répandait sur le monde comme un parfum régénérateur venu du ciel.

Pendant que les conjurés» ces âmes desséchées, aiguisaient clandestinement leurs lâches poignards » les écrivains radicaux des sociétés secrètes, aidés par leurs confrères libéraux, s'appliquaient à circonvenir le peuple par leurs journaux, leurs brochures, leurs almanachs.

Or, s'il est une chose faite pour jeter les germes de la dépravation dans un peuple, pour conduire les nations au dernier degré de la démoralisation, c'est, on doit nécessairement Favouer, la propagation des livres obscènes et des livres im« pies. Que voyait-on alors en Italie, comme, du reste, eu Finance, en Belgique, en Suisse, partout où régnait la révolution, soit libérale, soit républicaine?

Des agents de corruption, commissionnés par les clubs et les sociétés secrètes, faisaient circuler dans les campagnes et dans les villes une foule d'ouvrages empreints d'une immoralité, d'un athéisme tels, qu'il n'est pas de pudeur si aguerrie qui n'en prit une subite alarme.

Et, à ce propos, il est juste de flétrir les gouvernements libéraux qui, connaissant ces attaques continuelles à la religion et aux bonnes mœurs, restent impassibles et ne songent pas même à déférer c^s livres aux tribunaux. Soient maudits ces gouvernements qui ne tarissent pas cette puante fontaine» source empoisonnée à laquelle les ânes et les tigres viennent se désaltérer.

Et quelles étaient les provinces où pénétraient ces dégoûtantes brochures que les comités libéraux et les comités radicaux adressaient spécialement aux gens du peuple? C'étaient surtout les pays où la pureté des mœurs, le respect pour la religion et ses ministres étaient restés inébranlables, qui se voyaient inondés de ces pamphlets qui rappellent les plus mauvais jours de ta Terreur,

DaM ces ptiblieations infernales^ les écrivains ne se montraient psis moins acharnés & ruiner F influence religieuse qu'à détruire l'influence sociale du catholicisme. Rien n'y était respecté : ni l'autorité, ni la famille, ni la pudeur^ La religion surtout y était poursuivie, outragée, vilipendée, et la personne de ses ministres était traînée dans la boue la plus voltairienne. Id, Ton vomissait contre TÊglise et ses ministres les calomnies les plus odieuses; là, on s'attaquait à la religion par les plus viles moqueries» par les injures les plus indécentes et leb plus grossières ; on accueillait les pratiques du culte par de cyniques ricanements.

Si le libéralisme eût été sincère et honnête, il eût rompu avec cet athéisme éhonté, et réprouvé avec horreur cette débauche de k pensée. Mais, loin de là ! ce voltairianisme misérable était son œuvre incessante : tous les moyens sont bons ant révolutionnaires pour arriver à leur but.

Cette presse clandestine dépravait insensiblement tes peuples de ritalie par ses enseignements, et propageait parmi les populations les tableaux les plus immondes, les plus obscènes. Ces livres infâmes, ces chansons ordurières, ces pamphlets ânti-sociaux étaient Vendus à vil prix, et donnés gratuitement quand ils ne trouvaient pas d'acheteurs. Ces élucubrations hideuses s'adressaient à tous les âges, à toutes les conditions, parlant également à la vieillesse et à Tadolescence, captivant les hommes et les femmes, les lettrés et les ignorants. Elles prêchaient , dans les hameaux comme dans les villes , Terreur, la violence, la haine. Elles achevaient d*ébranler les convictiofts chancelantes, et augmentaient l'intensité des passions.

Dans un de ces dictionnaires politiques qui, sous le nom jalmanachs, parcouraient alors les États de TËglise et le reste de ritalie, on lisait :

« Révolte : Elle est presque toujours amenée par les gouvernements qui, suivant une coutume traditionnelle, torturent

le peaple jusqu'à ce qn*ll prenne enfin les armes pour vivre fibre ou mouru*.

« Fsbm : Tempes ée tous les viees, de tou8 les for&its îmaginriilM ; rende^^vous des sybarites qui y foi^nt leurs fkoÊ îaferaauK cmitre le peuple; salles de faussaires toujours ouvertes où, pour parler ftgurénient, on mange de la chair bu* maîw et ou l'on remplit les coupes avec du sang humain.

« Dame de eour : Idole parée^qui se pavane sous les lustres Mlhnts des palais'pour fournir une agréable distraetbn anv aristocrates.

« Efuieement : Sort général des classes ouvrières.

« Chusee mvrièrei : La popuUtion la plus honorable et la plus infortunée. Puissent-elles un jour comprendre et vouloir!

« Fer : 11 est fort à craindre que les peuples n'obtiennent pua ce qui leur est dû sans recourir à ce métal.

« Horizon : Tout homme a son horizon ; le mîen est un grand rideau noir qui se lève lentement et qui me montre un tableau représentant la prochaine délivrance du peuple. Dans la partie supérieure du tableau, je remarque une plume et un glaive noués eneemble avec un ruban rouge, où Ton Kt : « 7tf raîjierai JMr ce nigne / »

Tels étaient les enseignements que la presse libérale puUiait, k h eonnaissanee des princes et des bourgeois imprudents qui s'éfaieet fourvoyés dans le parti libéral, que le parti ultradéoiocratique devait déborder ajurès s'être servi de lui. Telles élaieiil Us maximes «pécialemait adressées au peuple^ Et c^é^ taîent les auteurs de ces détestables publieationES qui poiue-* saîent f impudence jusqu'il crier ; « Vive Pie IX! »

Pendant ce temps, ils minaient sourdement la papauté^ qu^ls n*osdient pas encore attaquer en bce. ils chwdudent à isoler le Saint - Père, A faire naître dans son esprit d'injustes défiances cofftre ses conseillers. Ils imprimèrent avec leurs presses clandestines «t affichèrent ourles murfe, et partioulièfetient sorte paseagede Pie IX, un imoleift AiètiRqnui^ eonçt :

« Le peuple româia aime dans Pie IX le père du peuple^ h prince juste et m;)gnanime ; il ne S3 fie qu'en lui, eu lui $eid^

« Très-Saint Père, p'il en est qui mettent en doute notre fldélité et l'attachement qui nous anime tous pour votre personne, s'il en est qui osent nous désigner comme difficiles, iuquiets, irréligieux, en un mot, comme indignesvde vous , défipz-vous de ces gens, Trèsr-Soint-Pfere* Ils sont plus vos ennen^is que les nôtres propres. Ils lendent à vous précipiter, ainsi que nous, dans un abîme. Mais Dieti veille, ce Pieu que ee$ gens ont toujours sur les lèvres, mais jamais dans le eœunr...^ ce Dieu qui vous a élu pour régénérateur du peuple, Très- Saint-Përe. Lés autres princes ne sont, en présence de Dieu, responsables que du présent; vous Véèes, voiw, du pr^sml et de V avenir! »

Et jcetle insolente Adresse se terminait par le cri obligé : < Vive Pie IX I »

11 parait que le Saint-Përe trouva jusque sur son prie-dieu ce placard impie.

Les presses occultes servaient encore aux sociétés secrètes à afficher par la ville des avis au peuple, des menaoes adressées aux citoyens riches, des avertissements démocratiques et /rotemels à ceux dont elles croyaient avoir à se plaindre. Il aurait fallu rechercher activement les auteurs de ces indignités et sévèrement les punir. Cela fut négligé; la police et Tautorité judiciaire faillirent à leur devoir le plus impérieux et le plus élémentaire. Était-ce irahi!>OB ou dédain? -Dans la secojide hypothèse, ce fut toujours un tort. Se contenter de mépriser les méchants n'est point assez ; il importe de les mettre dans l'impossibilité de nuire.

Ainsi encouragés, les ennemis de l'Église et de la morale firent également servir leurs presses à l'impression des traductions de ces livres obscènes, de ces romans infâmes qui déshonorent la littérature française depuis trop d'aqnées. Le Juif^Errmi^ de M. Eugène Sue» et d*9iitres pub|i(9^tion» Ia$-

^el ordurîërea fiirfeût offertes à Tavidité du peuple îtaUeii. Le iDtl que ees écrits d-une corruption raffinée ont fait à la moralité publique en Europe est incalculable. Toutes les extases d*âcres et coupables voluptés y sont réalisées avec une rage effréflée. C'est Tintérét dramatique et la poésie même mis au service des plus mauvaises passions. C'est un entassement d'ordures dorées, de fleurs qui donnent l'ivresse* au milieu desquelles les épicuriens moderne espèrent ne pas sentir les bleues {écarlates des flammes de l'enfer, et ne pas entendre la voix de la mort qui vers nous s'avance en disant : ce Dépêehes-vous d'achever de vivre ; j'arrive !»

On se ferait difficilement une idée de l'influence funeste esKereée sur l'esprit public et sur les mœurs par cette littéra* ture faneuse. Ces mauvais livres, qui sont de mauvaises acr tioDS, ont beaucoup contribué à la décadence de la morale. Quelle que soit sa forme, histoire, roman, drame, poésie, cette littérature a rendu chaque jour la société européenne moins bonne ; elle a relâché insensiblement les liens qui sont la con* difMifù même de son existence* Et ce travail dissolvant a été enoonragé par les gouvernements iièeroux^ qui se prétendaient ooDservateurs, et qui se faisaient ainsi les complices des corrapteurs du siècle. Et puis ils se sont étonnés d'Atre renversés après avoir laissé insidter la religion, énerver les cceurs, trou- Ueries cerveaux, bafouer la morale, outrager la famille, at;taquer la propriété, railler la pudeur, calpmjaier le prèlre!

Ces lectures pernicieuses ont froissé tous les sentiments pieQX et délicats de Tâme, comme le pied brutal du voyageur écrase les belles fleurs de la route; elles ont flatté tous les instincts désordonnés de Tbomme; elles lui ont enseigné à mépriser le devoir et la vertu; elles ont conduit plus d'un maibeureux au mépris de ce qui est bon, juste, honnête ; elles ont poussé au crime plus d'un infortuné! Elles ont enfanté des régicides, des assassins, des parricides, des blMphéma*leurs, des athées» des adultères et des suicides. Toutes les

lAititation^) toutes les Autoriiés, tous tes dévora ont été tt-^ teiâts par cette Httérature ettnvagAnte, immorale, perfide, d'autant phis dangereuse qu'elle est attrayante. C'est à cette iiUératnre révolutionnaire que remonte une large part dans la responsabilité de toutes ces profanations, de tous ces désordres qtil affligent la société.

A la religion de Jésus^^farist, qui prêche la résignation et Tamour^ et inonlfe & Thomme le ciel comme but suprême de ses efforts, les écrivains révolutionnaires opposent Torgueil, la divisioh et la baine ; pour eux, lebut deThomme, c'est la jouis^ sance en ce monde. Ils ont ainsi marché tous ensemble au sac de la société, les uns comme journalistes, les autres comme pamphlétaires, cbansonniei's, dramaturges, poètes, roman* ciers^ historiens, économistes, professeurs.

Cette communauté d'efforts coupables, avec la complicité des protestants et des sociétés seciètes, devait enfanter la révolution sanglante à Rome, comme dans tout le reste de l'Europe.

Nous avons expliqué les causes, reprenons maintenant le cours des faits. Dans ce panorama saisissant, nous ne eache^ ron^ aucun tableau utile ; nous mettrons tout en relief, le crime avec ses fureurs, la vertu avec ses épreuves, le dévouement avec sa sublimité. Nous donnerons à chaque personnage de ee drame la part, bonne ou mauvaise, qui lui révient dâins le jugement de l'histoire.

Pie IX n'avait point fixé l'époque de l'organisation de la gnrdc civique, cette fâcheuse institution arrachée aux gouvêr—

oenentd faibtei par le libéralisme* Les conjurés wnpnnmoi de quelle importance était pour eux cette mesure, qui devait leur livrer des armes^ Ils résolurent d^eo bâter Texéçutiou. Pour cela* ils afitèreut les esprite; ils semèrent le bruit que les hommes prudentSi, qu'ils déeigoaient so^s le nom de rétro^ grade9^ s'étaient entendus avec les Autrichiens pour organiser un massacre général, dans lequel la première victime devait être le Saint-Père lui-même, a le fape libéral, lepppe riformthr tmr, m etc* ; ik répandirent des écrits rapportant ces calomnies ; ils afficherait des placards» dans lesquels [es perapnnagef les plus vénérables étaient dénoncés au peuple comme ses ennemie* eotre autres le cardinal Lambruschini, le capitaine èpe carabiniers, etc.

Plusieurs carabiniers furent insultés, le soir, dans les rues; quelques-uns même furent maltraités par les fiirieux de» so^ çiétés secrètes.

Le 14 juillet, les conspirateurs crièrent : c Aua^ ammJ > et entraînèrent une partie du peuple trompé* Princes, JiKHirgeoia, marchands, ouvriers descendent dans les rues, la plupart dqw de bruits mensongers, et croyant sincèrement s'armer pour la défense du Saint«Père« La|^de civi<^ s'organi^ ainsi toute seule ; des chefs provisoires sf Qt nommési* Pie IX ne refusa pas sa sanction à une mesure ^e son cmiucpaterwl avait imprudemment promise; il nomma le prince Rospigliosi et le duc de Rignano, le premier, général en chef, le second, dief d'état-major de la garde nationale.

Les personnages faussement dénoncés comme con${«rateurs par les conspirateurs de la révolution «s'éloignèrent de Rome, pour ne pas servir de prétexte à de plus gratfds malheurs , et le peuple vit bien qu'on l'avait trompé^ que les hommes sa* gas4|tt'affligeaient certaines concessions aux traîtres, n'avaient nullement rêvé la perte, du souverain Pontife, regorgement desfyrdents, et n'avaient entretenu aucune intelligence avec rAtttrtche« Mus qu'importait aux conjurés que leur rase fût

découverte? Ils avaient réussi à troubler l'ordre et à arracher une concession importante pour leurs desseins; c'était tout ce (|n'ils voulaient.

D'abord , la garde nationale parut animée de bonnes intenfions. La bourgeoisie, la noblesse et les prolétaires jouaient ensemble sérieusement au soldat. L'affaire de Ferrare, qui survint , parut une merveilleuse occasion aux sociétés secrètes ^ dont plusieurs membres faisaient partie de la garde civique , pour renouveler l'agitation à Rome. La haine de rÂutrichc fut exploitée de nouveau avec activité par les meneurs de la Jeune-Italie. C'était bien moins comme Italiens , comme patriotes qu'ils exécraient l'Autriche, que comme révolutionnaires. En effet , le cabinet de Vienne était parfaitement au courant de leurs menées coupables; il savait que, sous prétexte d'indépendance italienne » ils voulaient renverser la papauté et proclamer la République et le socialisme ; ce à quoi r Autriche était en droit de s'opposer, et comme puissance catholique, et comme gouvernement légitime et régulier intéressé au repos et à l'équilibre européen. L'illustre prince de Metternich avait , dès le 4 août , adressé à lord Palmerston , ce protestant, cet ennemi du catholicisme, ce libéral complice de tous les révolutionnaires européens , une dépêche digne d'attention , dans laquelle on lisait :

« L'Italie centrale est en proie à un mouvement révolutionnaire à la tête duquel se trouvent les chefs des castes politiques , qui , pendant plusieurs années, ont menacé les Etats de la Péninsule. En s'abritant sous le couvert des réformes administratives que lé- souverain Pontife a dernièrement accordées , par un motif de manifeste bienveillance pour son peuple , les factieux cherchent à paralyser l'action régulière du pouvoir , et se proposent une fin qui, pour qu'elle s'accorde avec leurs vues, ne peut se limiter aux Etats de l'Église ni aux Etats de la Péninsule.

M Les clicrs veulent un seul et unique chef politique, mi

— seau moins une fédération d'Ëtat pour la direction d^un pouvoir central. La monarchie n'entre pas dans leurs desseins ; ce qu'ils veulent en Italie, c'est une abstraction d'utopie radicale. En un mot, ces sectes veulent une république fédérative comme elle existe en Suisse ou dans les Ëtats-Unis.

c L'empereur, notre auguste maître, n'entend pas être une puissance italienne; il se contente d'être le chef de son empire. Une portion de cet empire s'étend au delà des Alpes ; il désire le conserver, et rien de plus ; mais il est résolu de le défendre contre qui que ce soit.... »

Ainsi l'Autriche connaissait une partie des projets des conspirateurs; et cela explique l'attitude prise par cette monarchie en ces circonstances. Elle ne s'exagérait pas le mal; il était, au contraire, plus grand, plus profond que l'illustre homme d'État ne l'avait indiqué.

Ce n'était point, en effet, seulement une république illogique, une république bourgeoise que rêvaient les révolution* naires des sociétés secrètes en Italie; c'était une république logique, une vraie république, la république défnocratique #< soeùie, aussi sanguinaire que celle de 93 en France, mais plus niveleuse encore, plus sociale, selon l'expression par eux adoptée^ plus fratemelh, comme ils disent encore; c'était la république du vice et des guenilles; la république de la médiocrité, de la paresse, de l'immoraUté, de la bestialité; la république de VégMié absolue.

Ni pape, ni religion, ni Dieu, ni propriété, ni famille même, voilà ce que voulaient les républicains les plus avancés, les plus logiques, qui composaient la fraction des eommumHe$ malérkHêlêê»

Le communisme matérialiste est le dernier t^me du progrèi républicain; son dernier mot, franchement prononcé par le phis brutal des révolutionnaires, M. P. J. Proudhon, c'est Vanarekie.

Voilà ce que T Autriche aurait pu dire.

Ohm ttM Mn 44pédi«t M. de Ifeumûoli demanda au mU Biatre anglais quelles sont les intentions de son gouvernement en une éventualité menaçante qu'il signale.

Lord Pftlmerston répondit que le gouvernement de la reine de la Grande^retagne étaU résolu à respecter et à fiiire respecter les traités de Vienne» qui ne sauraient être modifiés, tant en Itabe que dans tout le reste de l'Europe, que de l'assentiment de toutes les puissances signataires.

Mais il y eut loin de ee langage officiel à la conduite indigne tenue par lord Palmerston et par ses agents» qui, les uns et les autres, se deshonorèrent, aux yeux de la postérité et au lugement de Thiatoire, par la coupable eomplMté qu'ils assurerait aux révolutionnaires qui élûranlërent la soôétéet pvoaienèrênt leurs crimes en Europe. Ce fut surtout w Italie et contre le Saint-Père, chef du catholicisme,, que ces protestante «ans pudeur tinrent cette conduite abominable. Plusieurs agents du ministère anglais prirent part aux manifestations «évolutionnaires qui suivirent, et» entre autres» è Qeile du 7 «qi^tembre.

Ce jour-là les soeiétés eeorètes se répandirent dans les ruée de Roîne» en hurlant des cris de haine» non seulement em^fV rAutrifthe , mais encore et surtout oontre les prêtres. Sur le paasage de cette foule furieuse» les boutiques se fermèrent^ ainsi que les portes cochères; les <;itoyens paisibles effrayée se barricadèrent dans leurs maisons.

Ces désordres se prolongèrrat toute la nuit, à la stupéfaction des gens de bien. L'autorité eut le tort de se ivontrar Uki»i quand elle eût pu conjurer tous les malheurs, tous les crimes qui suivirent, en déployant une rigueur népowaipe* £Ue liilKt à son devoir* Les geuveMenients qui ne se défendent pas deviennent^ par cette désertion m&me^ pour ainei dire , indignes du commandement Pardonner aux médhante, c'est les encourager; c'est surtout trahir, décourager^ désespérer les bons. C'est ce qui eut lieu» QuriqUesHinsdes i;liefs

Al WNMmMBt» qui avtieot été trfétés, ftirmt atmîtÂt rilaséif ^«nd il failtit ao contraire &ire un exemple sévëre^

A la tête de cette manifestation révolutionnaire se trouirait m anglais du nom de Macbean, Téi^cier Galetti et un Bonapirte, le prince de Gantno. Ce fila de Lucien jouait , à Rome^ tmdouUe r6le, rappelantoeluideLouie-PbiUppe, ducd'Orléana, fiai la Restauration. Autant le prince Louis-Napoléon Bona^pirte 86 grandît par son attitude vis^«vis de la papauté , au* mt s'amoindrit le prince de Canino en s'associent» comme il l'a biU au pArti révdutionnaire , composé de tant d'ingrats» comblés pw la papauté et conspirant contre elle; ambitienK h^poorites i le matin rampant dans les antichambres du Pape et des cardiMux» le soir dans les conciUabules des sociétés se* crëlfis, pérorant entre eux » contre leurs bienfaiteurs » oonive auxquds ils avaient mendié et dont ils avaient reçu Tau* €ar telle fut la conduite de plusieurs d'entre les chefs de la /mm Italie, complices de Maz^ini ; voilà ce qu'étaient devtaas ces hommes dont phasieurs devaient à la papauté le titre ^'ils portaient^ la maison qu'ils habitaient» le pain qu'ils it« L'asile qu'elle leur avait donné n'était pas de ses lires et humiliants pour la dignité de l'ame. Eh bien! ess ssrfeMs réehaiiffés dans le sein de f Eglise furent les pr^ mîeirto è hii ronger perfidement le cœur, les premiers 4 payer Isur detfeede reconnaissance par la plus noire ingratitude. Leur hassssse Ait si grande, et si grands leurs crimes* qu'ils égaHhrent la magnificence et la génénosité de leurs bienfiMteurs» dont ili se ireM les cruels et lâches beurreauXé Les âmes viles sont mm Mies : elles rendent le mal pour le bien ; elles mordent Il «MM obaritable qui fait Tauméne à leur misère»

ftmni eeax qui se faisaient remarquer par leur haine de fttterilé, par leurs flagorneries à la populaeSt et, se faK)u* ^NlmaU êÊHUê aux sociétés secrètes , étsût un médecin du nom de StSfUni. de Mant de Rome étak une ambitic^ rspoussée.

C«iti la bottt» de n paurreté, l'absence demotalitéet de

génie pour s* élever, TimpatieDce jalouse de parvenir, Tàcre ambition du pouvoir, qui Tavaient jeté dans cette voie bon* teuse et criminelle.

Il appartenait à une famille honnête, et il avait conspiré contre son bonheur et son repos avant de conspirer, sur une plus grande échelle, contre le repos et le bonheur de son pays. Avant de se révolter contre l'autorité de son souverain, il s'était révolté contre l'autorité de son père. C'est ainsi le plussouvent : les mauvais citoyens commencent ordinairement par être de mauvais fils, de mauvais époux, de mauvais pères. Sterbini quitta la route du bien, où il fût demeuré peut-être obscur, mais grand par sa conscience et ses vertus, pour s'élancer avec Une rage furieuse dans la route du mal, où il acquit une honteuse popularité, une célébrité déshonorante. Ses mauvais instincts se développèrent ainsi insensiblement, et il devint communiste et matérialiste. Gomme Marat, après avoir expé» rimenté sur les cadavres, il expérimenta sur la société; comme Marat» ennemi de toute autorité, ennemi des riches, qu'il jalousait, qu'il haïssait par envie, par fureur d'être pauvre; comme Marat Fennetni des grands, parce qu'il était petit, comme lui il ameutait les déclassés, ses pareils, et les pauvres, dont il voulait se servir comme d'instruments pour détruire, comme de piédestal pour s'élever. Comme Marat encore, il n'aimait pas les pauvres, il les méprisait, et quand il demandait l'égalité, ce n'était pas par amour de la justice, mais par riwjdité de concupiscence.

Gomme Marat toujours, il avait fondé un journ^ ( le Coïtten^paraneo) dans lequel il prêchait effrontément la révolution avec sa sombre logique, c'est-à-dire le pillage et l'assassinat; pour moyen, le communisme ; l'anarchie, pour but.

Quand la presse oublie de la sorte la grandeur de sa mission, quand, au lieu d'être un enseignement, elle est un scaadale, quand, au lieu de moraliser le peuple, elle le déprave» elle est devenue indigne et doit être dégradée*. Briser les

plumes trempées dans le venin» les plumes empoisonnée» comme les poignards démocrates , c'est justice ; frapper la licence, c'est saaver, c'est protéger la liberté. Ce courage manqua, je l'ai dit, au gouvernement pontifical, déjà débordé. Le ConUmparaneo, officine impure, et à sa suite plusieurs antres immondes agents de licence, purent se livrer aux plus ficbeux excès de langage , attaquer l'autorité de TÊglise dans sa sainteté, l'autorité civile et politique dans son droit. Et la licence augmenta en raison de l'absence, de compression. Le juge qui se lasse de sévir encourage le crime, qui, lui, jamais ne se fatigue aux forfaits.

Scerbiûi attaquait tout dans son journal : la religion avec ses dogmes admirables, avec sa morale qui conduit les nations au sa\olpar le bien ; la propriété, cette institution de liberté sans laquelle le travail serait sans récompense et sans but, Thumamié plongée dans la barbarie ; la famille, cette douce loi du cœur instituée par Dieu même. Et puis, il pénétrait jusque dans le sanctuaire» imp^étrable chez tous les peuples civilisés, dn foyer domestique, et y fouillait avec l'impudence de la ré- Toloiion, pour qui rien n'est sacré.

Sterbini était^ en outre, depuis longtemps l'un des meneurs les plus ardents des sociétés secrètes, dans lesquelles conspiraient contre Pie IX ceux qu'il avait eu la générosité de gracier sw leur promesse formelle de devenir d'honnêtes gens. Sterbini était de ce nombre. Ainsi, ingrat comme Canino, comme Marat, furieux et jaloux, physiquement d'une laideur repoussante et moralement plus laid encore, tel était ce monstre, dont l'bistoire parlera puisqu'il Ta voulu, mais qu'elle jugera si bien qu'il en demeurera flétri.

Chaque révolution est une prime donnée à l'ambition des classes inférieures pour les faire grandir non en humilité et en vertu^ mais en orgueil* Un autre conjuré, et l'un des instruments les plus énergiques et les plus redoutables des sœiélés secrètes, était un certain homme du peuple que l'on

vûydit à la tète de toutes les manifeslalionsy et qui seni'^ blait exercer une grande influence sur la vile rifinltitude. Il avait nom Angelo Bruneiti; on Tappekit Ciceruacchlo. Lui aussi était né de parents honnêtes et sans fortune. Ti^avaiiteoi* actif, nature grossière, mais laborieuse, cet homme était doué d'une force physique extraordinaire, d'une tailk trèsnaevée et par conséquent d'une intelligence sans horizon ; car, géné<^ raiementy le développement de la matière, chez Thomme, nuit \ celui de son moral. Ce colosse, semblable à un Aleide efi représentation, était, sinon courageux, du moins hardi, se sentant fort; il avait cette bravoure matérielle, cette brutale audace qui se mesure avec les dangers, mais non avec les douleurs. Élevé par une mère pieuse, il se servit d'abord dé sa force physiqtie pour protéger les faibles ; mais bientôt Toubti des pratiques religieuses le jeta dans les hasards* dans les hontes et sous le despotisme des passions. Il s'affranchit du joug salutaire et béni du catholicisme et se crut libre. Insensé ! 11 était déjà l'esclave du péché, l'esclave de Satâh. L'orgueil se développa dans son âme et la vainquit. Insensiblement ses mœurs se relâchèrent. Après avoir quitté l'Église de Dieu, Il fit société avec les bohèmes de la civilisation, avec lès radicaux, qui le conduisirent au club et au cabaret. De bon ouvrier quMl était, plus heureux alors dans son obscurité honnête et sa médiocrité sans remords qu'il ne le fut plus tard au milieu des triomphes éphémères de la place publique, il devint un débauché et un ivrogne ; il fréquenta les femmes impores*et les hommes impurs, et conspira avec eux dans les tavernes et les mauvais lieux où grouillent les vices. Les sociétés sîecrètes virent bien que, par son orgueil qu'il suffisait de flatter, et par ses mauvaises habitudes, par ses appétits charnels qu'il s'agissait de satisfaire, il était possible d'en faire un instrument utile à leurs lâches desseins. Il fût entouré, caressé, exalté, choyé par les chefs influents de la révolution, qui affectaient de le traiter sur le pied de la plus parfaite égalité. Il crut qu'ils

raMtiilit jusqu'à èùx, tandis qu'ils s'abaissaient «etttamiUt A pour un moment Jusqu'à lui, en attendant Theut^e de le f^ pouasiv, dupe imbécile et flétrie, quand, le triomphe aisoréy ils n^aoraîent plus besoin de lui«

Afes qa'ttn homme a rompu les freins de la religion^ dès qifîi a dhrorcé avec les lois morales, il devient une proie (à^ ék pour la révolution.

Depuis 1880, Cicerruacchio était membre de la seete des rarbonari; il devint l'un des agents de Mazsini et des autres meneurs dans la société de la Jeune-Iialie. Avec elle, il ae» cu^lit par des bravos hypocrites Télévation de Pie IX au trdne pontifical. Tour à tour portefaix, marchand de cigares, ma^ quignon^ marchand de vins, charretier, il était toujours en coulaei avec les classes ouvrières, et s'était composé un état^major de tous les débauchés, de tous les vauriens, de toub tes paressein qu'ail avait pu ramasser, pour le compte de ses patrons, daiks tes ruisseaux des rues et dans les fanges des liaux honteux. Ces misérables saluaient cet Hercule du tUMU de Ckif du peuple^ et il en était fier; et leS honnêtes gens einreiit devoir compter avec lui, quand il aurait fallu, au contraire, Vécm^ dans sa jactartce dès le début de son audace.

On le couvrit d'honneurs. On le nomma imprudemment, atapidement, officier de la garde civique, alors qu'oft ÉMvait qœ Tapprivoiser était un rêve insensé, et qu'il transmettait à k foule débordée le mot d'ordre qu'il recevait des chefs des !ioeiétés secrfetes. En compagnie de Piccioni, vendeur de tabac, èe1latera2£i, menuisier, deBexzi, tailleur de pierres, de Car*bonaretto, marchand de charbons, et du teneur d'une hôtelhrie mal famée du nomdeTofanelli« il prit possession de la phce publique comme de sa propriété. Là, il pérorait dans un bagage énergique et grossier comme sa personne ; il précliait {mbliquement la révolte, le désordre, la haine de l'autorité. Ce hûidU, toujours ivre de vin, de luxure et d'infernales peuiées, ht le complice le plus artif des révolutionnaires italiens

et de lofd Minto, agent de lord Paimerston, envoyé de TÂngleterre protestante à Rome pour troubler la capitale de \à clu*étienté.

Pie IX était profondément aflOigé de l'état de désordre dans lequel Rome était plongée par suite de la conspiration de tous ces misérables. Mais, dans la bonté infinie de sa grande &me, il ne pouvait se résoudre à sévir contre eux, ce que conseillait une politique prudente. L'excellent Pontife e9pérait que ces malfaiteurs n'étaient pas profondément corrompus^ et que» se laissant toucher par sa générosité et par le spectacle des grandes choses que chaque jour il accomplissait, ils reviendraient à des sentiments meilleurs* Il ne les croyait qu'égarés, tandis qu'ils étaient gangrenés jusqu'à la moelle. Loin de toucheor leurs cœurs d'hyènes, les bienfaits que Pie IX répandait si largement sur son peuple servaient tous de prétexte à de nouveaux désordres, à des exigences nouvelles. Les révolu^ tionnaires, à chaque réforme opérée par Pie IX, semblaient prendre à tâche de démontrer combien ils en étaient indignes. Leur persistance dans leurs écarts égalait, et c'est tout dire, sa persistance à achever l'œuvre d'amélioration que ce grand Pape avait spontanément et de tout cœur entreprise. Il crut vaincre la révolution par ses bienfaits et ses vertus, il la déchaîna.

La publication du motu proprio pour Torganisation de la municipalité, cet acte tout imprégné de générosité et de no-blesse, fut encore un prétexte de tumulte. Le ban et Tarriëreban des sociétés secrètes furent convoqués pour célébrer ce nouveau bienfait avec le bruit, l'inconvenance et le désordre ordinaires. Cette manifestation était de celles qui précèdent les grands cataclysmes politiques. — « Nous tenons la victoire, > se dirent les meneurs, qui se réunirent le lendemain pour se féliciter du pas immense qu'ils venaient de faire. — € Tout va bien , dit un des chefs. La révolution marche de bénédictions en bénédictions; nous avons fait de Pie IX, sans qu'il s'en doute, le moteur de la révolution italienne, n

« «*- Nous mardions à la liberîi^ conduits par le pape luifloène ! » reprit un autre conjuré. La liberté ! pour les révolabonnaires, ces plus durs, ces plus inflexibles des maiires, lu liberté «t un mot qu'ils exploitent pour foirer Feselavage des autres; c'eat Féchelon dont ils se servent pour arriver i mâr^ rfcer sur la tète d'autrui^ Les révolutionnaires à courte vue, )n KUr&ux, préparaient avec ce mot le triomphe des révolu* titulaires plus audacieux» les républicains, qui devaient faire de Rooie une ménagerie de tigres.

On était arrivé à une époque de ruses ourdies et non déjouées, de perfidies, en attendant celle de luttes intraitables^ 4e guerres acharnées.

Le Saint-Përe ne chancela cependant pas dans la voie que lui «laient tracée son vaste génie et sa conscience catholique* InaensîMe aux menées criminelles, dédaigneux dés obstacles, et sans s'arrêter aux embarras de la route, il continua à doter son ymgie des institutions inspirées par son cœur et mûries fNT sa Mgesse. Sa main s'était à peine fermée après avoir répuidn un bienfait qu'elle se rouvrait de nouveau pour en répand d^autres. Le décret sur la eansulfr. d'Èm suivit de près le Mom proprio sur la municipalité.

Le statut qui organisait ce pouvoir est une de ces admtnribiea oeuvres de législation qui resteront comme un modèle. Tous les intérêts y étaient compris avec une intelligence supérieure et ménagés avec une complète justice. En vain les par« tiaans de Tantorité d'une part et les partisans de la liberté ^Taialre part, depuis que par un abus de langage et une con- [ déplorables ces deux mots ont cessé d'être synonymes, dis-je, les uns et les autres auraient cherché dans cette organisation un sujet légitime de critique. La liberté y éùKt respectée sans pour cela que les droits de l'autorité fus^ sort amoindris, diminués, mis en péril. Le souverain légitime appelait les citc^ens les plus distingués et les plus capables à à la confection des lois et à l'administration civile

et; politique du |>a}'S. Bm^ la sy^lèoie éleeloi^aUnis cAViguwr, rautorité et le peuple avaient ebacua leur ju^ pari. Il était fâcheux, dans Tespèce, que le peuple auquel $' adressait Pie IX fut incapable de le comprendre, incapable d'exereer las dfoUa qu'il lui conférait, et indigne de tant de sollicitude.

lie peuple accueilUt avcsc joie cette nouvelle réforma» quît comme toutes les autres, servit de prétexte aux agitateura pour descendre dans les rues avec des bannières et troubler 1a paiy publique. Les chefs des sociétés secjrètes o^rcbaieut en léli^ avec Ciceruacchio. Sur les 0ancs du cortège, qui déficit oidi* pairementle soir, se tenaient des meneurs portant des tprchea* La marche était ouverte par de nombreux musiciens jouiUt fa) Mm-mllaise et d'autfes refrains révo]ut,ionnaires. A(rîyé$ au Quirinal, les drapeaux, les bannières, les guidons et toua les oripeaux de U comédie déaiocratique étaient placés en faifr*^ ceaux ; les meneurs hurlaient : « Vive Pie IX! La bénédiction ! La bénédiction ! )» La foule, à ce signal, boulait a<Hi3 les fe* nétres du palais en criant, jusqu'à ce que le Souverain Pontife, croyant céder aux vœi\x d'un peuple^ «ans doute impof^ tyU) mais qu'il jugeait religieux et sincère, parût au baloon et étendit ses mains vénérables sur les tètes inclinée^.

Ces démonstratioi^ ipopudentes se renouvelaient à cliaque instant, et devenaient chaque fois, plus tumuUueuaea, plua ie* quiétantes pour l'ordre public.

Lorsque lord Mintol envoyé de la Glrande-Bretagne, vint s'installer à Rome, ayec la per^e et MCrète mission de pac* tiser avec la révolution et d'augmenter les eqiharraa du Si^intr Siég^, les meneurs entraînèrent la foule squ9 lea fenêtre» de cet intrigant, dont les journaux; du pwti ap^nçhiquç av»ÎMt annoncé l'arrivée avec une joie qu'ils ne cjberchftie^t plna à dégcua«r. Les chefs des sociétés secrètei furent reç^ avec la plus scandaleuse familiarité par lord Minto, qui leur prcinik l'appui de son gouv^nement, et ne leur cacha pas.aa h^ne de protestant fanatique contre le catholicisme et la papraté. Ils

s*entendjrent ^i^ifaiiôfnent, et depuis^ to^s les soirs, les agitateurs^ musique en lête,, se rendaiçnl sous les fenêtres de sou bôteU et les lèvres qui, la veille encore, avaient crié etdevaiei>t le lendemain répéter «Vive Pie IX lu criaient: — «tVive l'Angleterre ! Vive lord Minto ! >

L'Anglais paraissait au balcon et criait : « Vive Tindépen* dancç italienne! Vive la liberté! » Et puis, contrairement à tous les usages diplomatiques et au mépris de toutç convepanee, de tout devoir, de tpute pudeur, il se rendait au Cercle romain, au club Sterbini, au bur^u du Conlemporaneo et autres feuilles démagogiques ; il allait cbercher des ovation^ et porter des encouragements dans le$ conciliabules oii Ton préparait la république ; il allait dans les café^ et dans tes cabarçts démocratiques trinquer avec les frères et amis à la prochaine humiliation de la papauté, à la ruine du catholicisme, à la chute du gotivernement auprès duquel il était accrédité^ Les agents anglais avaient reçu du cabinet de Saint-J^nies Tordre dé fomenter et d'encourager par toute l'Europe la rébellioq conlpe les gouvernements auprès desquels ilç étaient envoyés. C'était noii-seulement manquer à la plus simple courtoisie internationale, mais c'était encore trahir les intérêts de la civilisation et de la société.

On voit quels éléments étaient conjurés contre Pie IX, qui bientôt n'eut plus que sa bonne volonté, ses vertus, ses actes si profondément imprégnés èi justice, de sagesse et d'amour, à opposer à la rage de ses ennemis de toutes sortes.

Il eût été important d'organiser une bonne police politique, morale, juste, chrétienne, indulgente même à certains égards, préventive et non provocatrice, ce qui est immoral, ipais aussi, active, dévouée, habile, rompue aux roueries, fine, ne se laissant ni jouer, ni entamer, ni surprendre.

On aurait pu, par ce moyen, s'opposer à la révolution. Pour 9%uver la papauté, il fallait déployer une mâle énergiç, une Sévérité nécessaire, rendre ses passepprt^ à Tindipe dîplo-

mate, chasser les factieux étrangers, faire fermer les clubs, arrêter les perturbateurs, les meneurs des sociétés secrètes, et briser les presses anarchiques. Cette énergie manqua-t-elle à Pie IX, ou était-il abandonné déjà par ceux dont le concours lui était indispensable pour l'exécution de ces mesures de salut public? Dieu seul le sait. Mais l'impartiale histoire dira que ce gouvernement manqua d'énergie pour se défendre, et ce fut là la cause de sa chute. Et que de douleurs, que de souffrances, que de crimes eussent été conjurés dans fltalie sî ce devoir eût été accompli ! Pour quelques agitateurs imprudemment épargnés, que d^honnétes gens assassinés, volés, compromis, opprimés; que d'intérêts froissés, brisés! que de scandales et que de hontes !

Sévir à propos et vigoureusement, dans l'intérêt de la na* tion, contre la factieuse minorité qui cherche à l'entraîner pour l'opprimer, la spolier et la démoraliser; couper radicalement le serpent de la révolution et écraser sa tête immonde dès qu'elle parait, tel est le devoir des gouvernements menacés par la révolte, et tel est l'enseignement qu'il convient pour eux de tirer ici.

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