‹ Histoire de sa sainteté Pie IXChapitre 7 sur 27 · VU · texte numérisé non relu

VU

Lors de la réunion des membres de la Consulte d'Ëtat, et comme les vingt-quatre députés des provinces déposaient leurs hommages aux pieds de Pie IX, celui-ci répondit au discours de leur président, monseigneur le cardinal Antonelli :

<K Je vous remercie de vos bonnes intentions, et j'en fais grand cas en vue du bien public. C'est en vue du bien publie

que» depuis le premier moment de uion élévation au trône ponUfical, j'ai fait, d'après les conseils inspirés de Dieu, tout ce que j*ai pu, et je suis encore prêt» avec Fassistance divine, à faire tout pour Favenir, sans cependant rien retrancher de la iouveraineté du panlifical, et, de même que je Tai reçue pleine et entière de mes prédécesseurs» de même je dois transmettre ce dépôt sacré & mes successeurs.

< J'ai pour témoins trois millions de mes sujets» j'ai pour témoin TEurope de ce que j'ai fait jusqu'ici pour me rapprocher de mes sujets, pour les unir à moi, pour connaître de près leurs besoins et y pourvoir. C'est surtout dans le but de mieux connaître ces besoins et de mieux pourvoir aux exigences de la chose publique que je vous ai réunis en une Consulte permanente. Cest pour entendre, au besoin, vos voix, pour m'en aider dans mes résolutions souveraines» dans lesquelles je consulterai ma conscience pour en conférer avec le Sacré Collège et mes Ministres. »

Ces paroles peignent Tâme de Pie IX. Plein d*amour pour son peuple» il n'avait en vue que le bien public, et il l'avait bien prouvé. Il voulait tout faire pour son bonheur, mais rien qui pût diminuer Tautorité du SaintrSiége. Il voulait se rapprocher de ses sujets, connaître, étudier leurs besoins, satishire à toutes les réclamations légitimes» accomplir toutes les réformes justes; mais il était résolu à ne pas servir d'instrument aux utopistes» résolu à ne point laisser amoindrir le pouvoir qu'il avait reçu et devait transmettre intact.

Il continua avec vivacité :

« Celui-là se tromperait grandement qui verrait autre chose dans les fractions que vous allez remplir... Celui-là se tromperait grandement qui verrait dans la consulte d*Ëtat que je viens de créer la réalisation de ses propres utopies et le germe d'uae institution incompatible avec la souveraineté pontificale. »

Nais pour qu'il en fut ainsi» pour arracher toute illusion

aux anarchistes, il aurait fallu, eu uiéiue temps que cet éùaU gique langage était tenu , prendre des ihesures \ij^oureusès (^ontre les factieux. 11 ne feuftîsait pas de leur dire que la papauté n'entendait pas se laisser dupei^ et surprendre par eux ; il eut été bon de le leur prouver par des dictes. Il est des moments périlleux dans la vie deô peuples où la sévérité est conseillée par Tamour du bien public.

L'homme d'État juge plus utile de prévenir l'explosion des révolutions que d'avoir à les réprimer ; car autant il est facile, avec un peu d'énergie, de les arrêter des leur début, autant it est difficile de s'opposer à leVir torrent quand on a eu la fai*» blesse 6u Timprudence de le laisser grossir.

Le Saint-Përe reprit de cette voix paternelle et douce qui lui est habituelle :

« Cette vivacité et ces paroles ne s'adressent à aucun de vous, messieurs. Votre éducation sociale, votre probité chrétienne et civile, la loyauté de vos sentiments et la rectitude de vos intentions m'étaient connues depuis le moment oii j'ai procédé à votre élection. Ces paroles ne s'adressent pas non plus à la presque totalité de mes sujets, car je suis sûr de leur fidélité et de leur obéissance, et je sais que les cœlirs de mes sujets s'unissent au mien dans Tamour de l'ordre et de la concorde. Mais il existe malheureusement quelques personnéi», — en petit nombre, à la vérité, il en existe cependant, — qui, n'ayadt rien à perdre, aiment le désordre, la révolte et abusent de mes concessions mêmes. C'est à ceux-là que s'adrcs^ sent ces paroles; qu'ils en saisissent bieii la signification, w

Cet avertissement paternel n'était pas suffisant , ^avenir douloureusement le démontra. Compter sur une mïijôrit^ honnête pour conjurer les périls que la minorité factieuse prépariJ à Un pays, c'est d*une politique Sans prudence. L'expérience nous apprend que les révolutions, faites par une poignée dTîntrigants et d'ambitieux, de vauriens j d'hommes ne possédant rien, ni capital, ni amoiir du travail, ni înoralîté, ni vertus, sont

péf li IM^brltéihift honnêtes gens, (rémblafttÈ) épouvan^ léS) MM «dilrâ|;e. H fett éi^ident qu'à Rome» toïiitné et Ffaneèv cMAine fMrtbuc ailleurs, te ]^uplé, le vrai peujf^le, le peuple hbil^ oèle» takborieux, reKgieuH:, moral, aime Tordrid et la côflbôrdfe; mis il M laisse Voloutiens surprendre, il ^e laistîë impoiii'f dés Iéi6 odieuses, tyrannique^, yèjcôtôirës, honteuses, par \éh heinmés de désordre qui ont Taudaôe dt'S coups de main. Et c'est ain^î qti'on a vu des natiolis entière? gémir, à ^enoujt, rourbéëè, te poignard dans la poitrine, sous le joug sanguin naire d'utié babdé de brigands qui ne puisent leur foiTc que dans te Iftébelé publique. Louis XYI aussi était un bon roi, Utt sotttèrâiti aimé de la presque totalité de ses sujets, qui gémi^ reot de Ms màllieurs, mais qui le laiSRèrdnt assassiner par \é% répiABcainà. Le peuple le plaignit et le pleura; il n'osa ni le défendre ni le venger* Et ce ne fut que quand les oppresseur^ révolutionnaires furent vaincus à leur tour qu'on vit combien il eAt été faeite de leur résister.

I^es ennemis du peuple romain devaient donc, malgré les parties de 8a Sainteté, continuer à abuser de ses concessions:

H tennilla son discours en ces termes :

« ililis votra Coopération, messieurs, je ne vois qu'un fermé sotilten Ae personnes qui, se dépouiliaut de tout intérêt privée tnvttilternnt avec moi, par leurs conseils, au bien public, et qui neieroAt pas arrêtées par les vains propos d'hommes inquiets et peu judicieux. Vous m'aiderez avec votre sagesse à trouver ee i|tti est le pluâ utile pour la sûreté du trône et pour le véritaMe feeillieur de lues sujets, d

Puis il les bénit en disant :

f Maintenant, messieurs, aUex avet*. la bénédiction du eiel, afin commencer vos travaux; quils soient féconds en bons rtMÉHê et conforme^ aux vœux de mon coâur. »

Lm ttétebrea des sociétés seerètes« méprisant lés avertissementi dit 8flint*Père> et impatients de se conformer aux ins* tfMftoAs de Maitièiy atteAdait^nt les dé(nitrs a la porte db

Quiriaal pour leur faire une ovation hypocrite. Le disoMrs'de Pie IXt qu'il avait improvisé» et dont ses minisbres euxHnémes n'avaient point eu connaissance avant qu'il Teût pronoocé^ ne découragea pas les révolutionnaires. Ils savaient parfaite* ment d'avance que, si le Souverain Pontife était entré dans une politique libéràlCi dans le sens vrai du mot, il était résolu à ne pas se laisser entraîner au delà des bornes de la sagesse et de la justice. Mais, dans leurs coupables espérances, ils comp«* taient l'amener insensiblement à l'abdication de certains droits de la souveraineté, afin de pouvoir la lui arracher complètement un jour. L'heure n'était pas encore venue de jeter le masque, et, en sortant du Quirinal, Sterbini s'écria à haute voix : € Mais qui donc pense à partager les pouvoirs de cet excellent homme !» Et ses complices de protester avec lui de leiir re^ct profond pour le Saint-Siège, contre lequel ils conspiraient.

Ce jour-là , la manifestation fut assez padfiqoe, quoiqu'on marchât au dénouement anarchique. Les députés se rendirent du Quirinal au Vatican, escortés de la garde civique, de quel* ques troupes et des délégués des provinces avec des banilièr^. Sur la route que devait suivre le cortège, les palais et les maisons étaient pavoises, ornés de guirlandes de fleurs; aux fenêtres et aux balcons les familles patriciennes et les familles bourgeoises agitaient des drapeaux et faisaient entendre des cris de joie.

Âpres avoir assisté à la sainte messe, les députés, to(ijour%> accompagnés d'une foule immense, se rendirent dans la salle de leurs délibérations.

Le soir, la ville fut illuminée.

Le membres des sociétés secrètes, auxquels ke mêlaient une foule de jeunes gens de toutes conditions, se répandirent dans la ville avec des torches et des bannières, en chaatant des hymnes en l'honneur de Pie IX et de rindépendance ita-* Henné. Ils allèreut hurler sous le^ l'euêti'es des iiôlels des

HÛaiitraB de Toteane et de Sardaigne ; après qôoi ils se rendirent 80U8 celles de lord Hinlo. fls avaient à leur tète m meneur portant le drapeau de la Grande-Bretagne» Lond Minto» prévenn par ses complices» parut au balooo, et, plaçant la main sur son cœur avec une feinte émotion : c Vive la ligm iMtmml s'écria-t-U. c Vwe Vltahe! Vive Vmiépendanee de$ IkHem! » Et il ajouta mtoie :

€ Vive Fie EX! »

Le soir, on vit le perfide diplomate , au bal du prince Torionia, s'entretenir familièrement avec Ciceruaccbb. Le prince avait sans doute été contraint de Tinviter par les chefs des sociétés secrètes, avec lesquels les hommes d'ordre se croyaient déji obligés de compter^ et qui lui avaient imposé ToÛigation de taxer, au profit d'une salle d'asile, les billets d'entrée de son bal et jusqu'aux rafraîchissements qu'il avait le droit d'offrir gratuitement à ses invités. Mais telle était déjà la puissance des révolutionnaires qu'on pensait ne pouvoir se dispenser de céder à l'insolence de leurs exigences.

Un homme d'Ëtat qui jugeait sainement la situation et ne voulait s'associera ces bassesses par aucune complicité, même indirecte, M. le comte Rossi, ambassadeur de France, ne parut point à cette fS§te. Il comprenait vers quel abime courait l'autorité, et il répugnait à sa loyauté de la suivre et de l'en* courager en quoi que ce fût. On a appelé renégat cet homme de coeur, qui, après s'être laissé un moment séduire par la révohition, eut le courage de divorcer publiquement avec elle, de la combattre ^ visage découvert, et qui périt sa victime pour n'avoir pas voulu être son complice. Mais il y a un bon* nen insigne i renier Terreur; il'n'y a que les âmes viles qui s'y rivent à jamais, et les sceptiques seuls doutent de la sin* cérilé de ces conversions. Pour quitter le camp révolution» nairot il tait une conviction profonde, un mépris profond de la catamniev un gfmà courage. Le mal est facÛe, et rend souvent popohîre ; le bien est ardu, la route en est semée de dé<*

homê\ éé Ikfketx»^ de Umfaisuos» «l'amertutneé', île rfécou»«» fitnttife t/i Burtbit d'ingtatilUdés. Mais les dèBara éteféd se d^Voûeikt qiaiid Oléme; rteit né fes déooUrâ^è, et le téttoî» gfaâgi d« leur ootMèiencé leia* est liréférable à ceiui Am li0lfiniés;

M. Rémv ^«ikd l'ekpérteneè eut câlmé les pessiôm dé m jeunesse, expia courageusement rentrâinèméntia^uelUe^laiil laissé aller» et il mourut martyr de la plus sainte des cÀutes. foftnes et indignes d'atoir place dans le camp de l'autorité, •ëùx'>li cjuî roublieratent!

L^illustrô caMihâl Altieri, président du conseil mUniëipal créé par un fnotu pi^oprio, ouvrit cette assetnW(^c par éès paroles :

« Messieurs,

« Par la ptiissance merveilleuse de sa parole, Tarige hité«laire de Rome, l'immort\sl Pie IX, vient de rendre au Capitolè Éa vie et sa splendeur. Quelques mois lui ont suffi pouf prC^ parer, ordonner et terminer une œuvre à laquelle ceux de ses prédécesseurs qui y liiirént la main consacrèrent leur vie tout entière. Les difficultés que devaient rencontrer sa pensée créôirîce étaient grandes, nombreuses, presque insurmontables; m^Ss quand il s'ôgit du bien du peuple, qui lui est si cher, il H*est pâ^ d'obstacle que Pie IX né sache vaincre. Il né se dé^ tnande pas si l'œuvre est difficile ; il en reconnaît l'utilité, et lU'hèSîW pfus.

~ itt7 -

« Par une coïncidence qu'on ne peut s'empêcher de ffegâlr- Jer comme providentielle, lé mênie jour ôti Timmorlél Pié IX signait le décret reconstituant d'un sénat romain, il recofastituait le pâtriarchat latin de Jérlisalem, de sdrtfe qu'au fhéffiÀ instaBi la mêine main restituait leur antique gloire à lia |)i^miëredes villes de TOrient, au berceau du bhristiàhisme» %ll la cité qui à toujours été et qui sera toujours la pVemiè^é èÂ(re les capitales du mobde.

c Ce fut un jour heureux pour moi, messieurs, que celui où Sa Sainteté me confia le poste si honorable de président de h commission chargée de lui présenter les bases sur lesquelles le nouvel édifice du Capitoie devait être assis. Il m*a dônh^ Foccasion d*être témoin de ^'intelligence et du 2ëlé que dé^ ployh^Dt les membres dé cette commission, à qui Ton est redevable de la promptitude et de ta perfection du travail que nous avons déposé aux pieds du Saint-Père, et qUe ^a Saiiîtetl a accepté avec tant de bienveillance. Aujourd'hui je m'estîmé plus heureux encore, puisque je suis appelé à présider, sous les auspices des paroles encourageantes de notre souverain adoré et ceux de la joie universelle, cette imposante asséiU^ blée, lé premier conseil de la métropole sainte. Cëé ^lielqu^ paroles du saint JF^ontiFe ont servi à vous faire eompreudrt! l'importance de la charge dont vous êtes revêtus et les obliga* tioDè qu*elle vous impose.

€ éé serait abuser de votre indulgehce et bonsùrtièi^ iW lemp* précieux que d*y en ajouter d'aulrès pour véus engage? i remplir dignement VOS detoirs. Je lUé permettrai seulement Aeims rappeter que chacun de vous doit cousidéreir cùtnthé irammie tffcs-grande portée l'acte par lequel vous M^t idM-» gurer vos fonctions. Vous devez dohnér â Romie en prétuier fiiagittrat, digne de son estinle et de Isa confiance, capttMis dé proté^r et de fhire fleurir de plus en plus ses intérêts iégi^ iimes, êldi^e étt âlènie temps de la cunftance dâ éouvemitii

« Èà V6U8 âMràhl de h ccffi^iinc^ è( dtt xéle qu« j^^p^

terai sans cesse à vous prêter aide et appui« je réclamerai de vous, messieurs, en retour, du calme dans les discussions, une prudence éclairée dans vos décisions, afin que la modération d'une part, la sagesse de Tautre^ servent d'exemple, concourent à la gloire de notre patrie commune et soient la récompense de notre souverain. »

On procéda de suite aux travaux ; les membres de la municipalité nommèrent pour sénateur le prince Corsini, qui passait pour un riche bienfaisant, actif et intelligent dans sa cha* rite»

U n'y avait rien d'exagéré dans les louanges prodiguées à Pie IX par son Ëminence le cardinal Altieri. Ce n'était pas flagornerie » c'était justice. Au surplus M*' Altieri était digne , par ses capacités, d'être Tun des collaborateurs de Pie IX dans l'œuvre entreprise par son génie. Il donna, le jour même où il ouvrit le conseil niunicipah une preuve de son intelligence. Les Riant, ou chefs des quatorze quartiers de Rome, pactisaient depuis longtemps avec les hommes de désordre ; c'était autour de leurs drapeaux qu*on se réunissait pour troubler le repos de la cité. M^^ Altieri les fit venir après la fête dont la réunion des membres de la municipalité fut le prétexte, et avec beaucoup d'adresse il obtint d'eux que leurs drapeaux seraient déposés au Capitole. Les pouvoirs qui ne sont pas assez décidés à dompter la révolution sont réduits à rus^ avec elle : ils n'en conjurent pas ainsi l'explosion, il la retardent. Les gouvernements qui transigent, qui se laissent intimider, peuvent être considérés d'avance comme abattus. Ce fut Ciceruacchio qui> le lendemain, fut chargé de porter au cardinal Altieri les étuis des drapeaux des Rioni. Dans cette entrevue, le cardinal adressa quelques paroles paternelles au colosse démocrate. U lui montra les abîmes vers lesquels il se précipitait; il ne lui cacha pas qu'il n'était que le jouet gro* tesque d'intrigants. — « Ne craignez-vous pas,. lui dit*-iU d'être la dupe des hommes qui se servent de vous comme d^uii

instrumeat? Ne voyez*vous pas que les projets de ces hommes condaisent inévitablement à la ruine et au malheur de la patrie? Vous êtes né pour être honnête homme» pour vivre en bon père de famille, et non pour être un intrigant, un ambitieux, un révolutionnaire. »

Mais les conseils de la sagesse et de la vertu sont le plus souvent impuissants auprès de ceux qui ont rompu avec les lois morales. Quand on a pénétré dans la voie mauvaise, le courage manque aux cœurs vulgaires pour rétrograder et en sortir. Cette grosse masse de chair ne fut point émue. It en aurait trop coûté & ce charretier dont on avait fait un tribun de renoncer aux enivrements de sa popularité. Pitié ! il avait fini par se croire un personnage politique, un homme d'Etat capable de conduire un empire. Quand Torgueil des esprits bornés est déchaîné, il ne s'arrête plus, il est Sans pudeur, il aspire i tout.

« — Votre Eminence a peut-être raison, » répondit ce Caussidiëre de Rome.

n est impossible de trouver dans les pages infectes de la démocratie une comparaison plus flétrissante. Elle n'est que juste.

0 ajouta :

« — Je suis résolu à rentrer dans la vie privée dès que les Autrichiens seront expukés de Tltalie et les jésuites chassés des Etats romains.

€ — Que sont donc les jésuites et qu'ont-ils fait pour être ainsi renvoyés de leur pays? » répliqua le cardinal. — « Je n*$n soie rien, répondit le bandit ; je ne les cannais pas ; mais an dit qu'ils sont les ennemis de Pie IX et les tyrans du peuple. >

Cicemacchio était de ces êtres grossiers que les ambitieux entraînent et poussent aux forfaits avec des mots. La haine lâche des Révérends Pères jésuites est un moyen exploité de^ puis longues années par la révolution. Il n'est pas de prêtres plus admirables, plus pieux, plus intelligents, plus charitables, plus courageux; c'est pourquoi les ennemis de VEglise

$e soqt à\* Uiiil temps acliarnés après eux, coiume dans les coJuUats les Farces sont concenlrées conlrp les meilleures Iroupes, leur déraîte devant être I9 si^qal de celle dp rara>éQ en- Uère. Mais ils ont fatigué lpi|rs bourreaux, qui se sont lassée de frapper quand, eux, les sublimes martyrs, ne se lassaient p9^ (|a souffrir. Ils ont servi de prétexte à une foule de révolutions; on les a diffamés, égorgés, martyrisés, dépouillés, outragés , les uns par haine , les autres par çnvie , ceux-ci par préjugé, ceux-là par calcul ; on a pu les tuer, les décimer, l^s yoler, mais jamais les vaincre. Il n*est pas donné aux hommQ$ de |)riser leur coui*age; leur résignation, leur conviction, (çi^r intrépidité , leurs vertus ont été plus grandes, plus grand^ encore que leurs malheurs. Et qu'on interroge la plupart 4je ceux qui font profession d'exécrer les fils du grand Loyola, leç serviteurs dévoués du Christ, les sentinelles avancées de TEglise. Quand on leur demande ce que sont les jésuites, ce qu'ils ont fait de mal , en quoi , quand , où et comment ils sont les tyrans du peuple^ les agents de l'iniquité répondent niaisement : c Je nen sais rien; je ne les connais pas; on ni^a dit. »

Apprenez donc à les connaître ; voyez-les vivre ; sonjlez l^urs reiqs; communiez avec leur CwSprit et avec Içur âme; contemplez leurs vertus ; buvez à la coupe réconfortante de leur science et de leur amour, et ne les jugez pas, ne les coudpmnez pas sans les connaître, sur les on dit de la foule ignare, imbécile, de la multitude vile, féroce et lâche.

Pie IX marchait, marchait toujours dans la route des améliorations; chaque jour en lui, la science de l'homme d'Etiil

^ ni ^

ii liiéiii t U tiU^u à» Imh te 4U*H t^wi pptir «on piii|ib« MptitUèiemtiil ealui dci tout ea que lea révoliuionnay^s ftiir laînl cdUm l'im et Tautie, eontte Taugmle mu? eraia et m»twteMlMMi, doit être iiérouié., à le gloire étmidle du HÎQt FeoÉife, à réteroeUe béate de see innemia.

Après tTnir inatUoé la ecneulle d'fiUt et le muniqipelilé » \\ lOMiîtiie la miaietère et le oo«iseil des minislres eur doa bistf WNiftlles €B haraioDÎe aveo les obangementa opérée. Le pria*ripe de la responsabilité Ait introduit pour tous les fonotionr ■aifae publics* (TitaH une garantie de pins pour le pMvolr et pour la Mlkm.

Enfta Pie IX avait édifié un moaumeat de sagesse e( de jua- Itee qiii iépondaît TiotorieQ^neQt aux aliaques passiottJiées dirigées par be {ibérapiL contre le pouvoir Uiéot-ratique* U lev awl psouvé par des aetes, par sa politique inteUigeikle et juste, qM le ealkoUcisme, loin d'éire Tadversaire du progr<*s fli de la likortâ^ em est, oopftrakement i oe préjugé cahimaieux, le fMâedm» întalligent et résolu. U «ftit appliqué, mis ep actiens la théane politique la phis juste , la pl«s mtkAntfllft, li|riiséi|ttUable, la plue ebrétienne qui pût eou venir >tt peAi^ pie rûmain. Il avait pénétré dans tous les détails dt Tadmir MitMÉQn, et avqît tout vu, tout étudié, tout jugé, tout léfcrnur ai sains de deux aua. Co«imatf se Ikisaittil daac qu'jivec salis MBltt, ce ceutage, cette aageass, qu'ave« lent ^e douesBi| tant de généroailé, taat d'aSEiour de ses sujets, et doi^ qu'M tmù^ dé ftsHic ehrétieane le fi>;er de la civilîsaiiiûBi ce ^Hid Papa ftt snr un voteen taut prêt i éclater sous ses pieds Alb bBeerdsBs l'exil t. •

6esl que, dans la puretade saii âoie et dans hi grandeur de sts asias, \Mi préoccupé do bien s accomplir, U avpit teep de «sBSBétnde po«r les ennafais du principe d'autorilé , «pii , a lena aoasme à Psm, comaie dans presque toole l'Europe s*spprttaiaat a livrer une batailte déebive et spprèaie» Trop eoufsgeujt pour rien céder k le menace, trop medpels f^oiar ae

Iftiasar enivrer par le parfum des enceos, iaeensible à la flnt* terie oomiBe à la violence, cet homme supérieur voyait de trop haut, et les nains de la démocratie lui parurent trop pe* tits pour Tatteindre, trop cbétifs et trop faibles pour escah* der le trône de saint Pierre. Certes il était trop intelligent pour ne pas considérer la répression comme un devoir, mais il ne la jugea pas aussi nécessaire, ne pouvant croire, dans la chaste naïveté de sa belle âme, à toute la perversité de ses ennemis.

Et pourtant, la défaite des héroïques soldats du Sonderbund, le triomphe impie des radicaux sanguinaires de la Suisse, la manifestation indécente à laquelle les sociétés se* crêtes de Rome se livrèrent en apprenant cette nouvelle, tout cela aurait dû être un avertissement grave pour le Saint-Père et désiller ses yeux. Hélas! son gouvernement n'avait-il pas dès le début de la lutte abandonné les cantons catholiques ?

Ah ! nous le dirons avec douleur, nous le dirons avec res* pect, mais avec énergie, ce fut une faute immense. Ainsi le radicalisme et le protestantisme purent triompher à Taise en Suisse, et malgré le courage des catholiques combattant pour la liberté.

La victoire des sociétés secrètes et des corps francs sur une poignée de braves abandonnés par tout le monde catholique» même par le gouvernement pontifical, était le prélude d'autres triomphes de la révolution sur l'incrédulité, la surprise» la faiblesse et la lâcheté des gouvernements et des peuples.

Mazzini était accouru en Suisse jouir des succès de ses amis et préparer, de là^ d'autres succès semblables en Allemagne» en Italie . Un congrès fut tenu alors à Berne , oii assistèrent les principaux chefs des société secrètes de l'Europe ; le plan infernal fut arrêté ; on convint que la France, comme toujours, donnerait le signal. Elle n'y manqua pas : l'année 1848 devait être à peine commencée qu'elle allait se laisser imposer la République!..

— lis —

A Rome, la nouvelle de la défaite du Sonderbund pénétra (!*une profonde douleur Tâme de Pie IX. Elle affligea de même tous les hommes religieux, tous les hommes d'ordre. Maïs la bourgeoisie, nourrie des idées voltairiennes, la bour-* ^eoisie» qui juge avec ses préventions, son ignorance et sa mauvaise foi, se réjouit, de concert avec les sociétés secrèles» Et Ton vit cet immense scandale, les sujets du Saint-Père^ les Romains catlioliqucs applaudir au despotisme protestant, huer (a liberté catholique! Et en criant : « Vive les corps ft*ancs! vivent les radicaux suisses ! vivent les protestants qui ont égorgé et opprimé nos frères ! » ils avaient encore Taudaee sacrilège de crier : « Vive Pie IX ! »

Les sociétés secrètes, les bourgeois libres-penseurs, les vauriens, les conspirateurs étrangers, les curieux, ceux qui aiitv?nl le tapage , les honnêtes démocrates cherchant ù voler et ^ pii/er, toute cette foule se jeta dans les rues de Rome ; de nouu*au, les bannières furent déployées, les torches allumées, les maisons illuminées; de nouveau, le bruyant cortège , musique ♦•n tête, défila dans le Corso avec les drapeaux, les écharpe», les brassards, les cocardes, enfin tous les oripeaux ordinaires. Soas les fenêtres du ministre de la confédération helvétique, les perturbateurs crièrent : « Vive la diète î Vive la confédé- « ration ! Vive la Suisse ! »

€ Vive Gioberti ! « crièrent d'autres voix, et elles ajoutèn-îit tout naturellement : « A bas les Jésuites ! »

Quelques-uns même crièrent : « Vive Mazzini ! vive la répiblique! » — «C'est trop tôt! » dit vivement l'un des chefs »'t la colonne.

fit l'ordre fut donné de ne pas parler encore de Républi- «}«e, pour ne pas eftiayer les bourgeois imbéciles qui faisaient M bien les affaires des républicains en criant contre les jésuites et en célébrant, avec cet enthousiasmé imprudent autant quo criminel, le triomphe des révolutionnaires en Suisse.

Ainsi, on peut d^jà mesurer tout le terrain gagné par les

c<mq[>irateQrs sur Tautorité^ qui se contenta de Uâmer ces démonstrations dans le journal officiel, et de déclarer, trop tard, hélas! qu'elle ferait à Tavenirtous ses efforts pour empêcher le retour de ces honteux désordres.

n en eût été autrement si, depuis longtemps, le gouvernement pontifical eût adopté des mesures rigoureuses contre ceux qui se liyraient dans les rues à de bruyantes manifestations à propos de tout, et surtout contre les étrangers qui venaient à Rome pour conspirer. Dans la crainte d'être accusé d'arbitraire, et par un excès de loyauté poussé au-delà de toute croyance, par un respect trop excessif pour ce qu'on appelle la liberté individuelle , il s'était abstenu d'une salutaire rigueur. Certes, la liberté individuelle est sacrée et souvent on la viole déplorablement, mais plus déplorablement encore, on en abuse aussi souvent. Il n'est pas d'ailleurs de privilège sans restriction et de liberté sans limite. Là liberté individuelle , comme toutes les autres, doit être soumise à certaines règles , dans l'intérêt de la sûreté publique. La liberté d'aller et de venir est naturelle, elle est inviolable, mais il n'en est pas dont l'abus soit plus dangereux pour le maintien de la paix des cités, n ne s'agit pas de persécuter et d'opprimer les citoyens paisibles mais au contraire de les protéger contre les hommes de désordre, contre les aventuriers et les vagabonds. Avoir pitié de ceux qui sont sans pitié pour la faiblesse , le malheur et la vertu , faire grâce à ceux qui n'en font pas, c'est faiblesse et duperie. Et puis, quand on a l'dir d'avoir peur des révolutionnaires, ils vous égorgent; au contraire, quand on marche résolument contre eux, ils reculent.

Ils reculèrent le soir de cette manifestation anti-catholique, ils reculèrent devant les troupes qui, sur l'ordre du cardinal Ferretti, se rendirent dans le Transtévère, afin de comprimer les factieux réunis pour briser des machines à filer les laines nouvellement arrivées à Rome. Quelques-uns de ces bandits furent arrêtés, mais relaxés le lendemain.

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Tout concourait donc à encourager la Révolution : au deilans, la longanimité des gouvernements de Tltalie; au dehors, le triomphe des communistes en Suisse, les progrès des républicains en France et en Allemagne.

La politique de Pie IX était la seule politique sage ; il voulait r^énérer Tltalie, la relever dans l'ordre, dans la stabilité, et sans verser le sang, sans secousses, sans commotions, sans bouleverser l'Europe, sans déchirer les traités qui en garantissent l'équilibre. Par la persuasion, dans la paix, en usant de Tautorite de sa parole, et grâce au respect inspiré par ses vertus et son génie, il aurait obtenu de bons résultats pour l'indépendance italienne , cause légitime , qui fut indignement comprise par la Révolution. Avec Pic IX, l'Italie aurait obtenu des succès certains, pacifiques, réguliers, durables; avec les 9^tateurs, elle fut replongée dans les ténèbres. De même, en France , les Bourbons, les rois légitimes furent renversés , en 1830, par une opposition sans patriotisme, au moment où, sans tirer l'épée du fourreau, ils allaient modifier avantageusement les traités de Vienne.

Les révolutionnaires italiens transformaient les réformes éclairées et les sages améliorations du souverain Pontife en propagande anarchique. Ils compromettaient ainsi sa politique éclairée, tandis que, s'ils eussent été réellement de bons patriotes, ils auraient marché sous la bannière de ce gouvernement, au lieu de lui créer des embarras et de conspirer contre son repos. L'accord entre le souverain Pontife et ses sujets, secondé par les sympathies de l'Europe saisie d'admiration pour Pie IX, eût sauvé l'Italie. Jusqu'à la fin, ce grand pape selâissaalleraun paternel abandon, espérant toujours ramenerles mutins, qu'il ne croyait qu'égarés. Et puis, il en coûtait à sa noble âme de sévir ; mais ne devait-il pas agir avec une douloureuse sévérité, réduit à cette nécessité de défendre ses droits sacrés?... H ne faut pas attendre que les flots révolutionnaires roulent menaçants pour se mettre en travers, car

alors il est Irop lard; c*est à leur source qu*il les faut comprimer et leur résister pour sauver ceux qu'ils entraînent. Celle énergie manqua à presque tous les gouvernements de l'Europe; aussi une explosion terrible eul-elle lieu en 1848, qui faillit engloutir, avec les trônes, les principes vitaux de la société et la civilisation tout entière. Tout ce que les gouvernements perdirent en vigueur, les révolutionnaires le gagnèrent en audace. Haute et sévère leçon, déjà fournie par l'infortuné Louis XVI!...

L'illusion dans laquelle était le Saint-Père que, le peuple étant avec lui, il n'avait rien à craindre des anarchistes, était partagée par d'autres esprits érainents. C'est ainsi que M. Guizot, ministre des affaires étrangères de France ^ écrivait à ses agents diplomatiques en ItaFie :

€ Une fermentation grave éclate eu Italie et se propage dans tous les Etats de la Péninsule ; il importe que les vues qui dirigent en cette circonstance la politique du gouvernement du roi vous soient bien connues, et règlent volrc attitude et votre langage..

« Le maintien de la paix et le respect des traités sont toujours les bases de cette politique ; nous les regardons comme également essentiels au bonheur des peuples et à la sécurité des gouvernements, aux intérêts matériels des sociétés, aux progrès de la civilisation et à la stabilité de Tordre européen. Nous nous sommes conduits d'après ces principes dans les affaires de notre propre pays ; nous y serons fidèles dans les questions qui touchent à des pays étrangers.

c L'indépendance des Etats et de leur gouvernement a pour nous la même importance, et est l'objet d'un égal respect; c'est la base fondamentale du droit international. Que chaque Etat règle par lui-même, et comme il l'entend, ses lois et ses affaires intérieures. Ce droit est la garantie de l'existence des Etats failles et de la paix entre les grands Etats. En le respectant nousmêmes, nous sommes fondés à demander que tous le respectent.

c Pour la valeur intrinsèque comme pour le succès durable (les réformes nécessaires dans Tintérieur des Etats, il importe aujourd'hui plus que jamais qu'elles s'accomplissent régulië* rement, progressivement, de concert entre les gouvernements et les peuples, par leur action commune et mesurée, et non par l'explosion d'une force unique et déréglée. C'est dans ce sens que seront toujours dirigés nos conseils et nos efforts. 9

M. Guizot, il est vrai, proclamait les principes de progrès sages inaugurés par le Saint-Père; il comprenait, comme lui, que le bien-être de l'Ilalie ne pouvait se réaliser qu'au moyeu de l'accord, de l'entente cordiale^ du concert des gouvernements avec les peuples , par leur action commune et réglée, tandis qu'il serait compromis par l'explosion des forces déré* i^lées de la révolution. Il était de cet avis que le repos des peuples dépend de la sécurité des gouvernements, de même que leur bonheur, le développement de leurs intérêts moraux et de leurs intérêts matériels ne peuvent se réaliser que dans l'ordre, dans la stabilité, dans la paix. Mais il s'illusionnait étrangement, comme on va le voir, en félicitant le peuple romain sur sa sagesse. Ces louanges ressemblent à une raillerie :

€ Ce qui s'est passé jusqu'ici dans les Etats romains prouve que là aussi les principes que je viens de rappeler sont reconnus et mis en pratique. G*est en se pressant autour de son souverain^ en évitant toute précipilalwn désordonnée^ tout mouvement tumul' tueux que la population romaine travaille à s'assurer les réformes dont elle a besoin. Les hommes considérables et éclairés c|ui vivent au sein de cette population s'appliquent à la diriger vers son but par les voies de l'ordre et par l'action du gouvernement. Le pape, de son côté, dans la grande œuvre de réforme intérieure, réforme qu'il a entreprise, déploie un profond sentiment de sa dignité comme chef de l'Église, de ses droits comme souverain, et se montre également décidé à les maintenir au dedans et au dehors de ses Etats. Nous avons la confiance qu'il rencontrera auprès de tous les gouvernements européens le ree«

pect et l'appui qui lui sont dus; et le gouvernement du roi, pour son compte, s'empressera, en toute occasion, de le seconder selon le mode et dans la mesure qui ^'accorderont avec les convenances dont le pape lui-même est le meilleur juge.

» Les exemples si augustes du pape, la conduite intelligente de ses sujets, exerceront sans doute en Italie, sur les princes et sur les peuples, une salutaire influence, et contribueront puissamment à contenir, dans les limites du droit' incontes* table et du succès possible, le mouvement qui s'y manifeste. C'est le seul moyen d'en assurer les bons résultats, de prévenir de grands malheurs et d'amères déceptions. La politique du gouvernement du roi agira constamment et partout dans le même dessei.o. »

M. Guizot comprenait les intentions du Saint-Père, et rendait hommage à son génie ; mais il ne se rendait pas compte de la situation vraie et des périls réels qui menaçaient le principe d'autorité religieuse et d'autorité politique représenté par Pie IX. Il ne jugea pas mieux les dangers qu'il courait luimême, puisque, peu après, il fut renversé par une révolution infâme, mais logique dans le mal, qui aboutit à la honteuse^ ruineuse et dégradante république.

Nous avons raconté ce qui s'était passé jusqu'ici dans les États romains ; M. Guizot disant que les principes réguliers et pacifiques y avaient été reconnus et mis en pratique, se trompait évidemment. Il avait été mal informé, car la multitude s'était, loin de les éviter, abandonnée aux mouvements les plus tumultueux, aux précipitations les plus désordonnées. La population romaine permettait aux mauvais sujets des sociétés ijccrètes de compromettre l3 succès des réformes inaugurées par Pie IX, au lieu de se laisser diriger dans les voies de l'ordre et sous Taction du gouvernement par les hommes considérables et éclairés. Cette conduite manquait d'intelligence et préparait à l'Italie les plus grands malheurs et les plus 'amères déceptions.

Ce n'était cpi'en suivant la politique du souverain Pontife» parfiitenient appréciée par M. Guizot, que TllaUe pouvait se iavrer, de même qu'elle pouvait se perdre en se livrant à des tentatives insensées, en cherchant à réaliser Tiuipossible.

Elle se perdit, en effet. Travaillée par les sociétés secrètes,

Miffeicitée par les passions révolutionnaires, elle marchait à

ïûiime. Dès le commencement de l'année 1848, année de

îonrmentes, de châtiments et d*épreuvesy de sinistres lueur»

ensanglantaient l'horizon politique. A Paris, la démocratie

Ibfgeail ses armes pour le prochain carnage, et elle étendait

j^ ramifications dans les autres parties de l'Europe et surtout

en Italie. La tactique adoptée à cette époque à Rome par les

bocîétés secrètes consistait à représenter Pie IX à son peuple

comme une infortunée victime de ses bonnes intentions. A les

en croire» ce n'était pas lui qui avait ordonné d'interdire ces

inaiiffestations qui, sous prétexte de lui rendre hommage»

trmblaient la paix publique, effrayaient les citoyens tran-

<piiUes. Le Saint-Père, ajoutait<*on , était opprimé par le parti

Tëirogfodtf, par le parti des jésuites, par les cardinaux, qui le

retenaient prisonnier dans son palais. Ces calomnies, répan*

dues dans la ville, furent un appât à la crédulité stupide de la

mnltitude, travaillée, trompée, entraînée par les membres des

sociétés secrètes, en permanenee depuis quelques jours.

L'ordre courait un immense péril; les rassemblemente, à

«haque instant grossissant, devenaient de plus en plus mena-

v»ts; les agitateurs parlaient d'attaquer le Qairinal pour déU--

^^srleSainirPère. La troupe, et très-particulièrement là garde

«oissey fit bonne contenance.

i ces violences, Pie IX, agenouillé devant Dieu> opposait la

^Bntàe la prière, la majesté de sa vertu, la paix de son âme. Upgkil pour son peuple égaré; sur sa tète ooupahle il appe-* bit les bénédictions du Seigneur, Cependant le peuple trompé demanda à voir son souverain. « S'il n'est réellement pas opprimé et captif comme on Ta dit» s^écciaitrit, ^i\ se mwtre

à nous. y> Sur les instances du prince Corsini, sénateur de Rome» le Saint-Père promit, le jour de ces rassemblements» de sortir le lendemain, afin de confondre par sa présence le» imposteurs qui» dans un but d'agitation» avaient répandu le bruit qu'il n'était plus libre. Il tint sa promesse. Il sortit, escorté seulement de quatre gardes-nobles. Le peuple. Tac— cueillit avec des transports de joie, comme jaloux de lui prouver qu'il était digne de sa confiance et de son incessante sollicitude. Mais ceci ne faisait pas le compte des sociétés secrètes, dont les chefs avaient préparé une autre mise en scène. Comme la voiture du Saint-Père se dirigeait vers le Quirinal, par le Corso, une bande d'hommes furieux, ivres, l'entoura en crinnt : « Vive Pie IX! Â bas le gouverneur! A bus la police! Mort auxrétrogrades! Mort aux jésuites! » A la tète de ces misérables était Ciceruacchio, les dominant tous par sa haute taille, par sa voix forte et hurlante. Mais tout à coup il pousse l'irrévérence jusqu'à monter derrière la voiture pontificale, qui a peine à fendre la fouie, à laquelle le prétendu chef du peuple montre un écriteau sur lequel on lit : « Colrage, Saint-Père, lk

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