INTRODUCTION VU
finalement les vainqueurs et les vaincus se réconciliaient à ses genoux. Si des emportements lamentables pouvaient encore déshonorer un pouvoir sans limites et sans contrôle, du moins avait-il appris à pleurer ses excès et à les réparer. L'empereur refusait les insignes du pontificat païen. L'arianisme se mourait ou cherchait chez les barbares un refuge désespéré. Le manichéisme proscrit était réduit à cacher clans l'ombre ses turpitudes et ses égarements. Une même foi clans l'Eglise, une même loi dans l'Etat régissaient simultanément l'univers civilisé. Le désert lui-même fleurissait, et le cloître commençait à exhaler la bonne odeur Le Jésus-Christ. Une pléiade de sages et de saints , tels qu'aucun autre siècle n'en vit se lever de semblables , versait sur l'Orient et sur l'Occident l'éclat de la plus haute doctrine et l'exemple des plus célestes vertus. A leur tète le Pontife romain éclairait leurs démarches et menait tout le chœur. La papauté, après de longs déchirements , retrouvait la tranquillité avec la liberté. A Milan comme à Rome, le prince honorait l'évèque, l'évêque inspirait le prince. Partout étaient l'harmonie, la force, l'espérance; et les chrétiens purent croire qu'enfin allait s'accomplir le vœu que tant de fois ils avaient fait monter de leurs solitudes et de leurs catacombes : « Que votre règne arrive, ô notre Père des cieux, que votre volonté se fasse sur la terre comme au ciel ! »
Cet espoir ne fut pas long, et ni l'Église ni l'Etat