NAUFRAGE ET BAPTÊME DE SATYRE
• mer, il ne s'inquiéta plus, raconte encore Ambroise, de trouver quelque débris de navire pour s'y attacher, fort du secours divin dont il s'était muni l. « Ce n'est pas , dit le Docteur, qu'il ait voulu porter un regard indiscret sur les secrets de l'autel. Il désirait seulement témoigner de sa foi et en recueillir le prix2. »
Satyre put gagner une île qui était proche. C'était l'île de Sardaigne ; et force fut à lui d'y séjourner un peu, avant qu'un autre vaisseau fit voile pour l'Afrique 3. Après avoir pourvu par lui-même ou par d'autres au sauvetage des hommes qu'avaient épargnés les flots , il chercha une église où il pût rendre grâces à la protection divine, se faire baptiser, et recevoir Celui dont Ambroise disait : « Si telle est la puissance du corps de Jésus-Christ quand il est enveloppé dans un orarium, quelle n'est pas sa vertu lorsqu'il repose sur nos lèvres et habite dans nos cœurs * ! »
Tout pressé qu'il était de recevoir le baptême, Satyre ne voulait néanmoins l'accepter que de la main d'un évêque parfaitement orthodoxe. Or le schisme de Lucifer, évêque de Cagliari, tenait alors séparés du centre de l'Eglise plusieurs évêques de Sardaigne. « Ce n'est pas, explique Ambroise, que les Lucifériens n'aient conservé la foi en ce qui regarde Dieu , mais ils ne la conservent pas envers son Église. Cependant l'Église est le corps de Jésus-Christ. C'est pour elle qu'il a souffert; et il est évident que ceux-là ne gardent pas la foi en Jésus- Christ qui rendent sa passion vaine et qui déchirent son corps 5. »
i Etenim ligari lecilin orario, et orarium involvit collo, atquesemunitum satis credens, alia auxilia non desideravit. [De Excessu Salijri lib. I, n.43.)
2 Ibid.
3 Ibid., n. 47.
4 Ibid. , n. 44.