LUTTE D'AMIJROISE CONTRE LE PAGANISME
A ces questions, Ambroise, vers cette même époque de 383, apportait la divine réponse de la foi, dans ce qu'on appelle ses livres de l'Interpellation ou commentaire des plaintes de Job et de David ». Là, d'abord le Docteur cherchant au-dessus de la terre la solution de nos doutes et la sanction de nos actes, montrait que la main de Dieu se cache le plus souvent sous l'action des hommes, dans le gouvernement des sociétés humaines. C'était à une justice ultérieure, éternelle, que sa foi en appelait; et mettante néant la prospérité mensongère des méchants, il en parlait ainsi : Ils ont dormi leur sommeil, dit le Psaume, et ils n'ont rien retrouvé de ce qu'ils avaient amassé avec tant de peine. « Tel sera le sort de leurs âmes malheureuses. Une fois qu'elles se seront réveillées pour toujours du sommeil de leur corps , tout leur échappera , même ce qu'elles croyaient tenir comme un bien assuré. Les richesses et la magnificence qui les environnaient comme les flots d'une mer qui réjouit ses rivages, passeront à des étrangers, et la gloire de leur maison ne descendra pas avec eux dans la tombe 2. »
« A ce triomphe de l'impie combien n'est pas préférable la destinée des justes ! disait ailleurs Ambroise. Dieu ne les soumet ici -bas aux épreuves et à la souffrance que pour leur faire recueillir, dans un temps marqué, la moisson de félicité qu'il leur réserve. Le juste est sur la terre comme un sage et patient laboureur qui finit par récolter, pour prix de ses travaux, des fruits abondants qu'aucun ennemi ne ravira. »
Ensuite descendant de ces considérations d'un ordre général, Ambroise était conduit à chercher la raison plus particulière des calamités publiques dans le récent for-
1 C'est la date justifiée dans la préface des éditeurs bénédictins, t. I, p. 62'..
2 De Interpellatione Job lib. I, t. I, p. 626 et seq.