LUTTE D'AMBROISK CONTRE LE PAGANISME
trompe noire espérance. La faulc n'en est pas au sol, je n'en accuse pas les astres; la rouille n'a pas avarié les moissons, l'ivraie n'a pas élouf.é le bon grain : c'est votre sacrilège qui a appauvri l'année. Vous aviez affamé les minisires des dieux, et les dieux se sont vengés en nous affamant tous. On a donc vu loutà coup l'air se \icicr. la campagne frappée de stérilité, les arbres privés de fruits; et si quelques vestiges de vie demeuraient encore, les pauvres gens des champs demandaient leur nourriture aux arbres de Dodono , ou arrachaient les plantes et les herbes pour s'en nourrir. Or a-t-on vu jamais une misère semblable tant que les ministres du culte furent traités avec honneur * ? »
Le parti païen ne se contenta pas d'exploiter à son profit l'irritation du peuple, si injustement crédule dans le malheur. Il lui persuada que les défaites de Gralicn étaient l'effet naturel des rancunes de la Victoire, personnellement offensée par l'abandon de son culte. En conséquence, profitant du temps où Ambroise était à remplir sa mission auprès de Maxime, le sénat rédigea une nouvelle requête adressée aux empereurs pour le rétablissement de l'autel de la Victoire 2.
Celle fois tout faisait croire qu'elle serait enlenduc. On savait que Justine n'aimait pas Ambroise, louten se servant de lui. On avait de bonnes raisons pour croire que cette veuve et cet enfant menacés ne commettraient pas la faute de s'aliéner le sénat par leur intolérance, quand tout leur commandait de ménager ce grand corps. Le pétitionnaire lui-môme était une puissance. C'était Aurcle Symmaque, alors préfet de Rome , homme cher au peuple
1 Apud Ambros. Opp. t. II, p. 832, Rclalio Symmachi , n. 14-13.
2 Miserat propler recuperanda lemplorum jura Romœ legalos, et, quod est gravius, senalus nomine nitubalur. (Ambr. de Obtlu Valenliniani, n. 19; t. II, p. 1179.)