AMBROISE ET PAULIN DE NOLE
deaux, ami de notre Ambroise, puis fait prêtre en Espagne ; et de concert avec sa femme Thérasie, laissant ses im- . menses biens à l'Église et aux pauvres, il allait en Campanie se fixer auprès du tombeau vénéré de saint Félix de Noie. L'espoir de voir Ambroise l'avait engagé à passer par Florence; car des liens anciens d'affection et de religion rapprochaient l'un de l'autre ces deux nobles cœurs. « C'est l'amitié d' Ambroise, écrivait plus tard Paulin, qui m'a nourri dans la foi ; c'est elle qui maintenant m'anime et me soutient dans le ministère sacerdotal. Enfin il a voulu m'agréger à son clergé , de sorte que partout où je me fixerai, je ne cesserai d'être son prêtre l. »
Dans la mémorable rencontre qu'il fit d'Ambroise à Florence, Paulin s'engagea donc à lui appartenir partout et toujours; puis, ce pacte juré, ils se dirent adieu. L'évêque de Milan le vit partir pour sa retraite avec un regret mêlé d'une admiration qu'il faisait éclater ainsi dans une de ses lettres :
« Voici donc que Paulin , le plus noble personnage de l'Aquitaine, a vendu ses biens et ceux de sa femme, pour en donner le prix aux pauvres ! Il s'est fait pauvre luimême , lui si riche naguère ; puis , libre de ce fardeau , il a quitté son pays, sa maison, sa famille, afin de servir Dieu ; et il va se réfugier dans la paisible retraite qu'il s'est choisie près de Noie , où il veut finir ses jours 2.
« Sa vertueuse épouse est digne de son grand courage. Elle aussi, se dépouillant de tout, a voulu suivre son époux
i Ambrosii semper et dilectione ad fidem innutritus sum, et nunc in sacerdotii ordine confoveor. Denique suo me clero yindicare voluit, ut elsi diversis locis degam, ipsius presbyter censear. (Paulin, ex Epistol. ad Alypium, quae est apud Augustin, xxiv, alias xxxv.)
2 Paulinum splendore generis in partibus Aquitanise nulli secundum, venditis facultatibus..., comperi elegisse secretum Nolanae urbis, ubi tumultum fugitans œvum exigat. (Ambr. Epist. lviii , n. 1, p. 1013.)