AMBROISE SAUVE LES VAINCUS
ta^e ? Quel vœu puis-jc former? En vous tous mes souhaits se trouveront accomplis, Empereur; car vous êtes pieux , et vous serez clémenl ' .
« Puisse seulement cette piété croître de plus en plus en votre àme: c'est le plus excellent des dons de Dieu. Puisse aussi votre clémence, après avoir rendu la paix aux innocents, réjouir encore l'Église par le pardon des coupables ! Pardonnez surtout à ceux dont c'est la première faute *. »
En parlant ainsi, Ambroise se faisait l'écho des prières suppliantes qui montaient vers lui de toutes parts. A la nouvelle delà défaite d'Eugène, on avait vu à Milan tous ceux de son parti se réfugier dans les églises , embrasser les autels, et implorera genoux l'intercession del'évêque. Celui-ci envoyait lettre sur lettre à l'empereur. « Je viens d'écrire à Votre Clémence; mais plus vous daignez me combler de bontés , plus vous m'encouragez à vous adresser mes demandes avec mes remercîments... Je vous envoie, comme porteur de cette lettre, le diacre Félix, mon cher fils, lequel me représentera auprès de vous. Il vous remettra ma requête en faveur de ceux qui se sont réfugiés dans le sein de l'Église , votre mère aimée , pour y demander leur pardon. Je n'ai pu voir leurs larmes sans en être touché profondément, et j'ai voulu vous prier en faveur de ces infortunés avant votre retour ^
« Sans doute je vous demande une très-grande grâce ;
1 Quid exoptem, quitlve desiderem ? Omnia habes; ex tuis ilaque summam votorum capessam ; pius es, Imperator, clementiam habes inaximam. (Epist. lxi , n. 6.)
2 Opto, per clemenliani liiam , Ecclesia Dei sicul innocenlium pacc gratulatur, ita etiam reorum absolutione lœlelur. Ignosce maxime his qui nuii unie peccaverunl. (Ibid., n. 7.)
3 Filium meum I-'elicem diaconum misi memoralum pro his qui ad malrem pielalis tiiaj Ecclesiam, petenles misoiicordiam, coufugerunl; quorum lacrymas suslinerc non polui. (Epist. i.xu, n. 3.)