OBSÈQUES ET APPARITIONS D'AMBROISE
une nuit qu'il était sous sa tente il roulait des pensées de désespoir, quand Ambroise, lui apparaissant tout à coup, lui désigna le lieu où il devait livrer bataille , frappant la terre de son bâton, et disant : « C'est ici! « Ce fut là , en «.'ffet , que, trois jours après, le chef de l'armée romaine remporta la victoire. « J'ai recueilli ce récit de la bouche du général, témoigne le biographe, et d'ailleurs Mascezel l'a raconté de même à plusieurs prêtres d'Afrique, où je suis aujourd'hui '. »
Celui qui écrivait ces choses était donc alors allé rejoindre en Afrique le plus grand et le plus cher disciple de saint Ambroise. Quand Augustin apprit la mort de son illustre père , il en ressentit une désolation profonde. Il s'en fît raconter toutes les circonstances par le diacre Paulin , qu'il attacha dès lors à son Église d'Hippone. Désireux d'en conserver un souvenir durable, il demanda à ce témoin des dernières années de l'évêque de Milan d'en écrire le récit. Paulin le fît dans quelques pages trop courtes, mais sincères, qui ont été le meilleur trésor de notre histoire. Il les dédia en ces termes à l'évêque d'Hippone :
« Vénérable père Augustin , vous m'avez exhorté à écrire la vie d' Ambroise le bienheureux évêque, à l'exemple d'Athanase et de Jérôme , qui nous ont raconté celle d'Antoine et de Paul l'Ermite; à l'exemple de Sulpice Sévère, qui a composé celle de Martin, le vénérable évêque de Tours. Je me sens bien au-dessous de cette tâche et de ces modèles ; mais il ne m'est pas permis de vous rien refuser. Moyennant vos prières et l'assistance d'Ambroise, je raconterai donc ce que m'ont dit de lui des hommes parfaitement sûrs qui l'ont connu avant moi , et particulièrement la vénérable vierge Marcelline sa sœur. Je rapporterai aussi ce que j'ai vu moi-même quand je vécus
1 l'aulin. in fila Ambras., n. ."d.