‹ Histoire de saint Ambroise (volume 2)Chapitre 114 sur 134 · DES RELIQUES ET SEPULTURES DE SAINT AMBROISE · texte numérisé non relu

DES RELIQUES ET SEPULTURES DE SAINT AMBROISE

Traduit d'une lettre de M. l'abbé Biraghi, conservateur de la Bibiio Ihùque Ambroisienne, à l'auteur de VHistoire de S. Ambvoise.

Milan, 13 novembre 1872.

...Je suis heureux de répondre à vos questions, en vous donnant ces indications sommaires que je me réserve de développer dans une relation plus étendue et complète. Nous attendons pour cela

que le Procès canonique de la découverte des reliques soit approuvé et publié d'après la décision du Saint-Siège. C'est à vous, Monsieur, de faire ce que vous croyez le meilleur pour la gloire de Dieu et des saints , en le revêtant de votre style plein de grâce et d'éclat.

Vous avez raconté de quelle manière les corps des deux saints martyrs Gervais et Protais, découverts par Ambroise , furent . transportés par lui dans sa basilique Ambrosienne et placés sous l'autel, du côté de l'Évangile. Ensuite Ambroise se fit construire pour lui-même du côté de l'Épître un tombeau semblable , et il y fut déposé à sa bienheureuse mort , qui arriva en l'année 397.

Plus tard, au ix^ siècle, en 833, l'archevêque Angilbert leva les corps des trois saints, c'est-à-dire leurs principaux ossements, les déposa ensemble et les enferma dans une tombe unique, ou coffre de porphyre que l'on croit être celle qui avait servi de sépulcre à l'empereur Valentinien 11. — Cette tombe [arca), avec les trois corps qu'elle contenait, fut placée par Angilbert à travers sur les deux anciens tombeaux . qui furent conservés intacts , et qui, lors de leur découverte , contenaient encore de petits restes d'ossements, d'étoffes, des monnaies, des fils d'or, comme je l'ai relevé dans mon ouvrage : / Tre Sepolcri sanf Ambrosiani.

Angilbert considérant que dans son temps la dévotion des fidèles les portait à dérober les saintes reliques, qu'on tenait pour plus précieuses que l'or, entoura son trésor d'un gros mur bâti tout autour, l'enferma sous une forte table de marbre, mit sur celle-ci une autre table de porphyre , et, le bout étant enclos dans l'enceinte murée , il éleva au-dessus de la table de porphyre son nouvel autel orné d'or et de pierreries.

Ce dépôt est demeuré intact jusqu'à nos jours, ainsi que l'autel d'or. Dans cet autel, du côté droit , sur une lame d'argent on lisait une inscription en vers hexamètres dont le dernier se terminait ainsi :

Ambrosii tumulo recuhantis in islo.

( Ici est le tombeau où repose Ambroise. )

I.a tradition, du reste, était constante sur ce point. Cependant par la suite les fables des chroniqueurs, les légendes, les ré-

ilamatious élevées par d<!s églises étrangères qui prélendaieiil posséder ces corps, finirent par rendre incertain ou au moins douteux le lieu du précieux dépôt.

Cependant déjà, au siècle précédent, plusieurs archevêques avaient tenté de s'en éclaircir; mais leurs recherches, mal dirigées, s'étaient égarées trop loin, et trop au-dessous des sépultures sacrées. Comme ils n'avaient rien trouvé, ce n'était pas sans une religieuse inquiétude mêlée d'espoir que nous reconinienoâmes les fouilles. Mais Dieu n'avait ainsi retardé cette découverte que pour la réserver à nos temps.

Enfin, en 1864, on trouva sous l'autel d'or le coffre de porphyre fermé et muré alentour. Sous ce coffre on trouva de même les deux anciens tombeaux avec quelques débris.

Mais on ne fit pas alors l'ouverture de ce coffre. Ce fut seulement le 8 août 1871 que l'on en leva le couvercle, et que l'on y trouva les trois squelettes des saints, comme l'archevêque Angilbert les y avait placés au ix^ siècle.

Page 1