‹ Histoire de saint Ambroise (volume 2)Chapitre 18 sur 134 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

à se?^ yoiix. Le courant régéncraleur ([iril avait fait jaillir, englouti presque à sa source, semblait être à jamais perdu sous l'avalanrhe qui venait de tout couvrir; mais il coulait sous terre, et, après plus de trois siècles d'obscurité, on le vit reparaître au grand jour et traverser cette période du moyen âge, que remplit la royauté publique de Jésus-Christ.

En effet, nous le constaterons, il y a en germe dans Ambroise toute la constitution de cette société chrétienne, avec son alliance étroite de l'Eglise et de l'État, sa monarchie catholique, sa prépondérance de la papauté, sa discipline sacerdotale, son institut monastique , son audience épiscopale , son droit d'asile et de refuge, la protection par l'Eglise des peuples contre leurs maîtres, sa répression des rois, sa clémente médiation entre le fort et le faible. Il n'est aucune de ces choses dont l'initiative , ou du moins l'inspiration ne remonte à ce grand homme. Il en a jeté la semence avant le long et rude hiver de la barbarie, il n'en a pas vu les fruits; il a préparé des triomphes dont lui-même n'a pas joui. Mais rien n'est beau comme de préparer des triomphes auxquels on ne participe pas. Telle est la gloire d'Ambroise. Par lui, Charlemagne donne la main à Théodose; il est le lien des deux mondes.

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