INTRODUCTION XXXI
la foi de l'Eglise catholique, apostolique, romaine, c'est dire qu'il est écrit dans l'esprit même et comme sous la dictée d'Ambroise.
Le premier principe posé par le grand Docteur, Où est Pierre là est l'Église, a donc eu son triomphe et son avènement. Le second, à savoir que là oit il y a r Église, il y a la vie à jamais, n'est pas moins incontestable, et l'histoire donnera raison à l'espérance d'Ambroise comme elle l'a donnée à sa croyance. Déjà une première fois, c'est cette Église immortelle qui , l'Empire écroulé et les barbares passés, a régénéré le monde. Pourquoi, au lendemain de catastrophes semblables, ne procurerait-elle pas au monde le même bienfait? D'abord il est manifeste qu'elle seule aujourd'hui , en principe et en fait , possède l'autorité. Or ce qui est le plus en péril dans la société présente, n'est-ce pas l'autorité, avec la discipline, la discipline des esprits, la discipline des consciences , plus encore que celle des- armes ? Si donc , au sein d'une époque minée par l'anarchie, on voit les catholiques se serrer si étroitement autour de leur chef spirituel pour recevoir de
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lui le mot d'ordre iulaillible de la vérité , ce contraste n'est-il pas un signe consolant , et cette docile unité un contre -poids nécessaire? Si la Pierre fondamentale de l'Église reçoit une si forte assiette au milieu de nos ruines, n'est-ce pas parce qu'elle est destinée à devenir, dans les desseins de Dieu, la pierre angulaire de l'édifice de l'avenir? et n'y a-t-il pas là non-seulement un spectacle d'une grandeur extraordinaire , mais un symptôme qui doit faire tressaillir tout homme sage d'une joyeuse confiance?
Sans doute, je ne puis méconnaître que la société en Europe prend une voie opposée, que partout la liberté y prime l'autorité, et que la démocratie y déborde de toutes parts. Mais n'est-ce pas en raison même du progrès des libertés que la discipline doctrinale et que la loi morale y sont plus nécessaires? N'est-il pas vrai que , plus l'homme est maître de ses destinées, plus il a besoin d'une règle de vérité et de vertu? Or où la trouvera-t-il si ce n'est dans la Religion? et dès lors n'est-il pas bon, n'est-il pas désirable qu'il y ait quelque part , au sein de notre mobilité , un centre de principes fixes, incontestables; et que l'oracle chargé par Dieu de les promulguer soit un oracle infaillible et suprême comme lui?
Laissons donc les impies rire de ces affirmations solennelles de l'Église dont ils ignorent le sens et méconnaissent la sagesse. Laissons-les, comme autrefois, se moquer du patriarche qu'ils regardent construire