‹ Histoire de saint Ambroise (volume 2)Chapitre 41 sur 134 · h'LKCTION h'iMSCOPAI.K D\\MRI$OISK · texte numérisé non relu

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de s'en exciiseï", el de jiislilicr ainsi sa conscience alarmée : « Si mon ordination n'a pas clé précédée du délai nécessaire, runi(|uu cause en est dans" la violence que j'ai subie, h'aillcui's, lorsque ce n'est pas un jusie senliniont de sa propre indignité qui a fait défaut à riionime, cl qu'il n'est pas l'instigateur de sa promotion, il n'y a pas là de faute qui lui soit imputable '. »

La cérémonie eut lieu le 7 décembre 374. Ambroise , tlia([ue année, eéléljrait cette date « comme celle d'une seconde naissance ». Ainsi l'appelle-t-il dans une lettre par laquelle il invite un ami à sanctilier cet anniversaire avec lui -. L'Eglise a répondu à ce vœu de sa reconnaissance en plaçant au 7 décembre la fête du grand homme qu'elle avait reçu ce jour-là au rang de ses pasteurs.

Ouand il se vit investi de cette double dignité de prêtre et de pontife, Ambroise s'épouvanta de son indignité. « Le voilà donc, s'écriait -il dans un de ses écrits, le voilà celui qu'on a arraché au })rétoire pour le traîner à l'autel, le voilà qui s'assied entre les convives du banquet céleste! — Seigneur, ajoutait -il en s'adressant à Dieu, aidez-moi à porter le fardeau que vous m'avez imposé, malgré ma résistance. Je savais que je n'étais pas digne du nom d'évêque , m'étant livré d'abord aux choses de ce siècle. Je le suis néanmoins par votre grâce , mais le dernier de tous 3 ! ))

i Si dilatio ordinalioni defuil, vis cogenlis est. Si non deesl huinililas compelens sacerdolio, ubi causa non haîret, vitium non inipulatur. (Epist. lxiii , n. 6o.)

2 Ambres. Episl. iv, ad Felic. Commenl. , n» 3. V., sur la date de celle ordination d'Ambroise, les éditeurs bénédictins. ( Vita Ambros. t. 11, n. 12, p. xx.\iv.)

3 En ille non in Ecclesia nulritus, in sacordutio manet non virtulo sua, sed Cliristi gralia, et inter convivas mensœ cœleslis reoumbit. Serva, Domine, munus luum, cusloili donum quod conlulisli eliam refugienli. Egoenim sciebani quod non eram dignus vocari Episcopus,

ELECTION ÉFMSCOI'ALE D'A.MBROISE i3

Suivant un des canons du concile de Xicéc, tout évêquc nouvellement sacré devait écrire aux pontifes des principales Eglises pour en recevoir ce qu'on nommait « les lettres de communion ». C'était non -seulement un gage de fraternité , mais un lien d'unité doctrinale entre les membres dispersés du corps épiscopal. La consécration d'Ambroise fut confirmée d'abord par le saint-siége, dont Ambroise a dit ces remarquables paroles : « L'Église romaine est la tête du monde universel. C'est de là que découlent, pour tous, les droits conférés par la communion vénérable '. » Nous n'avons plus la lettre que celuici écrivit au pape saint Damase, ni celle qu'il reçut de ce glorieux pontife. Mais nous possédons une lettre de saint Sirice, son successeur, dans laquelle, s'élevant contre les élections précipitées, ce pape fait une exception en faveur de celle d'Ambroise et rend hommage au grand bien qu'en recueillait l'Eglise -. Ambroise pouvait donc dire : ■( Les évêques d'Occident ont approuvé mon ordination par leur assentiment, et ceux de l'Orient en approuvèrent le mode par leur exemple '.

Au premier rang de ceux qui applaudirent hautement à cette promotion était saint Basile le Grand , évoque de Césarée , le plus semblable à Ambroise par le génie , le

i|uoniam clederam me sœculo huic ; sed gratia tua sum id quod sum. El sum quidem minimus episcoporum et infimus merito. [De Pœnitent. lib. II. n. 73.)

1 Totius orbis Romani capul, Romanam Ecclesiara, ne turbari sinas; inde enim in omnes venerandee communionis jura dimanant. (Ambr. Epist. II, n. 'i. 0pp. l. II, p. 811.)

2 Sirici Ponl. Epislol., n. 3, apud Labb., l. II, p. 1028. Sirice ne nomme pas e.xpressément Ambroise. Il y fait allusion en exceptant de la règle ce cas de nécessité : quod semel aut secundo nécessitas haereticorum inlulit, praesumi neophytum vel laicum, etc.

3 Ordinalionem occidentales Episcopi judicio, orientales eliam exemplo probarunl. (Epist. lxiii ad Vercell., n. 6.)

It AMBROISE ET BASILE LE GRAND

courage ot la saiiilclé. Hommo de gouvornenicnt et d'éluquenlc doctrine, inflexible devant l'erreur, intrépide devant la violence , confondant par sa généreuse et fière indépendance les stipendiés de la cour, « qui ne savaient pas encore ce que c'était qu'un évêquc, » Basile le Grand était digne de comprendre Ambroise. Peu d'hommes, du reste, étaient plus sensibles que lui au mérite des autres , et il aimait à répéter cette maxime d'Euripide : « L'homme sage est mon ami, ne l'eusse- je jamais vu, et habitàt-il à l'autre bout du monde. » 11 s'empressa donc d'adresser à Ambroise une réponse remplie de son admiration , de son alïcction et de ses espérances.

« Les dons de notre Dieu sont grands et nombreux, lui disait-il d'abord; mais je le remercie par-dessus tout de ce qu'il a donné à ceux que sépare la distance la ressource et la douceur de s'entretenir par lettres. Pour nous , qui ne connaissons pas la beauté de votre visage , nous avons reconnu la beauté de l'homme intérieur exprimée dans votre lettre comme dans un portrait ; car « la bouche de l'homme parle dé l'abondance du cœur ». Nous avons glorifié notre Dieu, qui, selon la diversité des temps, fait choix de ses ministres comme il convient. C'est lui qui , autrefois , prenait parmi les bergers le prince de son peuple, et inspirant de son souflle Amos le chevrier, l'élevait à la dignité de prophète. Maintenant il choisit , au sein d'une ville royale , un homme placé à la tête de tout un peuple, éminent par sa sagesse, illustre par sa naissance, par l'éclat de sa vie, l'éloquence de sa parole, l'administration des affaires publiques; et il l'appelle, malgré lui, à devenir le pasteur du troupeau de Jésus-Christ '. Voici que, dédaignant la fortune de ce

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