AMBROISE CONSEILLER DE GRATIEN
Jésus-Christ est de régner sur les nations comme sur les individus. Il estimait en outre que maintenir le divorce entre l'ordre religieux et l'ordre civil, n'était pas seulement méconnaître le droit de Dieu, mais trahir les intérêts les plus sacrés de l'État et manquer au principal devoir de la souveraineté. La vérité n'est-elle pas le premier bien d'un peuple?Dès lors, la vraie religion étant distinguée de la fausse, — et certes il ne manquait pas de moyens de la reconnaître; — le premier intérêt et le premier devoir du pouvoir temporel n'étaient -ils pas de la favoriser, de la sauvegarder, et au besoin de la défendre? Ce pouvoir émané de Dieu avait-il fait ce qu'il devait en mettant sur le même pied la vérité et le mensonge? La première n'a-t-elle pas une prérogative inaliénable, certaine; et affecter de les confondre dans une tolérance é^le, n'était-ce pas faire profession politique de scepticisme , et mettre à son service l'inditïérence pratique? Enfin les plus grands maux ne devaient- ils pas découler de cet abandon public de la loi religieuse, base de toutes les autres? Ainsi, convaincu que l'erreur est l'ennemie de Dieu et la ruine des empires, Ambroise moins que personne n'était disposé à lui attribuer des droits.
Gratien résida à Milan presque continuellement , du moins pendant les hivers de 378 à 38L — Pendant ce temps il ne cessait de s'inspirer auprès d'Ambroise, dont l'action se révèle dans les lois de cette époque par une sage charité et une suite de mesures favorables à la religion. Valentinien avait prétendu garder vis-à-vis de l'Église la politique d'abstention et de neutralité dont il ne s'était départi qu'un instant ; Gratien agit autrement, et ses lois se prononcent hautement pour l'Église et contre la propagande ardente des hérétiques. On y réduit les taxes imposées au clergé. On affranchit les femmes de basse extraction de l'obligation de monter sur la scène et
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de se produire dans les jeux dès qu'elles font profession de christianisme. Celait une rcaclion contre le parti païen, qui récemment avait eu assez de crédit pour obtenir une loi défendant de baptiser les acteurs, si ce n'est en danger de mort, de peur que, devenus chrétiens, ils n'échappassent aux plaisirs publies dont ils étaient les esclaves. Par d'autres dispositions on réglait les distributions faites au peuple ; on libérait les prisonniers aux grandes fêles chrétiennes, lùifm les assemblées des hérétiques furent interdites, et leurs églises fermées. L'apostasie surtout fut atteinte vigoureusement en ceux qui retombent dans les pratiques de l'idolâtrie •. Les païens ne tardèrent pas à voir que cette répression n'était que l'essai et la menace d'un plus grand coup.
Entre les nombreux monuments auxquels se rattachait l'idolâtrie à Rome, s'élevait dans le sénat l'autel de la Victoire. La victoire y avait sa représentation dans une statue d'oraux ailes étendues et tenant à la main une couronne de laurier '-. C'était un mémorial politique , non moins qu'un symbole religieux, et il était protégé par l'orgueil national autant que par la plus tenace des superstitions.
1 3 Août 379 : Prohibition de propagande faite aux donalistes. [Cod. Theod. XVI , t. V, 1. V.)
o Juillet 379 : Exemption ou réduction de Timpôt en faveur des clercs. {Ibid., xiii, t. I, I. XI.)
■2'i Avril 380 : Exemption pour les femmes baptisées de paraître sur la scène. {Cod. xv, t. Vil, 1. Ill.l
•21 Juillet 381 : Mise en liberté des criminels en l'honneur de Pâques. {Cod. IX, t. XXXVI 1, 1. VI.)
2 Mai 382 : Peines contre les apostats qui retombent dans l'idolâtrie, etc. (Cod. Tficod. XVI.)
2 Aurea quamvis
Marmoreo in lemplo rutilas Vicloria pennas Explicel, et mullis surgat formata melallis.
poxo cnne virago
El nudosuspensa pede, strophioque recincta. 'Prudont in !^>jmmnch. lib. H. p. 39.'i. — Lyon. ITiliS.)