CHAPITRE XIX
Considératiûns sur les miracles en général. — Appréciation de ceux de saint Augustin. — Leur évidence. — Témoignage de saint Grégoire en faveur des prodiges opérés par l'archevêque de Cantorbéry. — Conseils du souverain Pontife h saint Augustin, dans une lettre qu'il lui adresse relativement aux miracles que Dieu opère eu An^eterre par son intervention.
Il est ëyident pour nous, et peu de lecteurs contesteront notre opinion , que les miraclfts i§ Tapôtre de l'Angleterre, dans la premiibre tmpres* sion qu'ils proâQis^nt, diffèrent de ceux des autres saints avec l^quels nous sommes moins familiers. Nous n'entendons pas dire que les preuves sur lesquelles ils reposent sont plus dignes de confiance; mais elles sont certainement plus saisissables. Il faudrait, pour leur résister, une opiniâtreté de scepticisme plus qu'ordinaire, et l'on ne pourrait, sans pousser au plus haut degré le mépris de l'opinion publique , écrire ou parler contre leur évidence.
Rien, sûrement, n'est moins philosophique et moins religieux que les objections faites aux miracles d'un siècle quelconque, quand ces objections reposent sur la frivolité (pour parler comme les hommes) de leur caractère, ou le manque d'importance dans leur objet. Que signifient, en effet, tous ces grands mots? Est-ce que nous sommes plus sages que Dieu? Est-ce que ses voies sont semblables aux nôtres? Que les esprits chicaneurs soutiennent cela, et alors nous saurons comment procéder avec eux. Mais jusqu'à présent on a regardé heureusement comme une chose de moins bon ton d'afficher l'impiété que de poser le principe de toute croyance.
Cependant , si les hommes qui parlent légèrement des vies des saints n'aperçoivent pas à priori la liaison dangereuse de leurs raisonnements avec ceux des impies et même des athées, ils n'ont pas besoin d'une intelligence plus subtile que la leur pour les aider à faire cette découverte. S'ils s'imaginent être capables d'établir d'une manière satisfaisante pour eux la distinction qui existe entre telles objections premières contre les miracles des saints, et les plaisanteries dont l'Ancien Testament a été quelquefois l'objet , il est d'autres esprits plus distingués, quoique moins honorables, qui emploieront volontiers le crédit de leur nom pour obtenir qu'on écoute des
arguments à la fois plus proïfonds et plus solides que ceux de ces raisonneurs.
Mais, dans tous les cas, l'histoire de saint Augustin de Gantorbèry a cet avantage sur celle de quelques autres saints , qu'elle porte un cachet d'authenticité qui écrase la calomnie , la déjoue, la met en déroute et lui fait honte. Quant aux prodiges attribués à notre apôtre, ils ont, dans leur ensemble, ce caractère de simplicité et de droiture qui diflférencie d'une manière frappante les miracles évangéliques et apostoliques de ceux que l'on peut appeler prophétiques; ils sont de nature à vaincre l'incrédulité, et non pas seulement à soutenir la foi. Et c'est précisément ce que les hommes attendent naturellement dans les manifestations divines qui accompagnent et confirment une mission au milieu d'un peuple idolâtre.
Une grande garantie qui permet d'accepter avec respect l'histoire de saint Augustin, c'est qu'il fut missionnaire. Cette circonstance] fournit à elle seule ce que des hommes intellig^ts demandent dans leur présomption, c'est-à-dire une cause ostensible motivant une action surnaturelle directe. Les faiseurs d'objections tolèrent plus facilement les récits miraculeux quand il s'agit d'un missionnaire que de tout autre saint. Ils jne s'aperçoivent sans doute pas qu'en'admettant les miracles des missionnaires, ils abandonnent la ques-
tion de principe^ et prennent leur terrain sur celle du degré de sainteté. Ils ne nient pas que le Tout-Puissant soit intervenu d'une manière évidente dans les temps rapprochés de nous conune dans la primitive Eglise; mais ils demandent à être juges des circonstances où il est raisonnable que Dieu intervienne. C'est là cepen* dant un grand pas en avant, ou plutôt cette concession rapproche la distance qui les sépare des catholiques, non pas en fait peut-être, mais au moins en logique. Les barrières intellectuelles se trouvent ainsi abaissées; mais les barrières morales deviennent, hélas I quelqurfois plus fortes par cette approximation logique.
De tels exemples peuvent être justement oom* parés avec celui de saint Thomas; et Notre*Seigneur smnble y mettre la même condescendance qu'avec ce saint apôtre, quand il exigea de»
preuves plus conduantes que celles que le Seigneur avait jugées nécessaires. L'évidence qu'il désirait lui fut accordée; mais sa satisfaction ne fut pas bénie de Dieu. Instruits par cet exemple, rappelons-nous que si la nature de la foi est toujours bénie par le Christ, notre Rédempteur, un simple acte d'assentiment n'est pas nécessairement récompensé.
Une autre question s'élève : si le christianisme n'a pas fait , à l'aide de miracles, son chemin dans
l'Angleterre saxonne, comment ses progrès mt-ils été si rapides et si larges? Plusieurs circonstances extérieures ont concouru, sans aucun doute, avec l'action surnaturelle pour favoriser ce résultat; mais c'est aussi ce qui arriva lors de la pre* mière propagation du christianisme. Si la pacifi-* cation du monde romain , au temps d'Auguste , n'est pas une cause (dans le sens impie du mot) du triomphe du christianisme, quoique les impies se soient plu à la regarder comme telle, ou plutôt si c'est seulemoit une cause secondaire qu'ils ont élevée au rang de cause première, peut-on sou^ tenir, sans manquer à la puissance surnaturelle qui a opéré la conversion de l'Angleterre, que les progrès du saint Evangile y ont été facilités par la situation politique du temps où il y fut prêché? Au lieu de dire, avec les impies, que les mirades ne sont pas certains, parce que le concours des cir- Gonstances extérieures est apparent, le croyant verra au contraire, dans cette disposition des évé« nements, une preuve à l'appui du dessein provi^ dentiel qui s'est manifesté par les miracles. Réfléchissons encore que si les superstitions usées de l'ancienne mythologie offraient une assee faible résistance à la puissance de la vérité dans le monde en général , pour laisser à cette vérité, si bien adaptée aux besoins de la nature morale de l'homme^ si harmonieuse dans ses proportions,
si Dfiagnifique dans ses rësaltats, une victoire facile parmi les nations de l'antiqnitë , il n'en est pas moins certain que le bras du Seigneur était visiblement avec elle. Personne sûrement n'oserait attribuer les rapides progrès du christia* nisme en Angleterre, plutôt à la faiblesse du culte antique lui faisant résistance, qu'à l'intervention évidente de la Divinité en 'sa faveur. Il n'y a cependant peut-être jamais eu un système religieux plus admirablement harmonisé avec le génie d'un peuple que ne le fut celui de nos ancêtres les Saxons. Si leurs habitudes et leur caractère guerrier leur donnaient sur les nations policées et mondainement sages que saint Paul ëvangélisa , certains avantages qui les prédisposaient à recevoir le christianisme, ces avantages étaient contre-balancés par l'opiniâtreté chevaleresque avec laquelle les enfants guerriers de pères guerriers, élevés pour faire des héros, et, comme nous pouvons le dire, nourris de sang, devaient tenir aux cruelles et barbares cérémonies de Woden et Tuisco.
L'histoire demande aussi que l'on croie à la puissance miraculeuse de saint Augustin. Il n'a jamais été contesté qu'il eut deux conférences avec les évèques bretons , et que le résultat de la première fut déterminé par un miracle en faveur du Saint. Aucune hypothèse, à ce
qoe nous croyons, n'a élé imaginée pour expliquer comment la première réunion eut un dè~ noûment si soudain; cette circonstance paraîtra encore plus remarquable, si Ton réfléchit aux discordes des Bretons et des Saxons , et aux discussions irritées qui s'élevèrent dans ces célèbres conférences.
L'admission des miracles de saint Augustin , même de la part des adversaires avoués de la foi, est due peut-être en grande partie au respect que les protestants, aussi bien que les catholiques, ont toujours professé pour saint Bède, cet historien classique de l'Eglise d'Angleterre. Le témoignage de ce naïf écrivain est si explicite quand il parledes abondantes manifestations opérées pour seconder notre Saint, qu'il porte la conviction dans les esprits simples et ingénieux , et cela indépendamment du poids qu'une autorité si rapprochée des événements doit apporter dans l'appréciation de ses critiques. Mais le fait de ces miracles est attesté par un écrivain antérieur à saint Bède, qui est aussi un saint , contemporain de saint Augustin , et qui avait , pour s'assurer des circonstances dont il porte témoignage, les moyens les plus efficaces et les plus complets. Ecoutons maintenant comment saint Grégoire s'entretient avec saint Augustin au sujet des miracles opérés par lui dans les premiers temps de
sa mission ea Angleterre. Observons surtout la manière naturelle dont ce grand Saint parle des œuvres glorieuses de son fils dans la foi , ei depuis son firëce dans Le royaume des cieui. U paraîtrait certain, d'après sa lettre, que le récit des miracles de saint Augustin ne dàpassaif pas Fattente du pontife, et était conforme à sa propre expérience.
ff GRÉOOinE ▲ AUOUSTIN, ÉV&QUB DES AhGLAIS.
M Gloire à Dieu au plus haut des deux , et paix sur la terre aux hommes de bonne vdbnté! car le grain de froment qui est tombé sur la terre est mort et a produit des fruits abondants S afin qu'il ne régnât pas seul dans les cieux Celui dont la mort nous fait vivre, dont la faiblesse nous fortifie, dont la passion nous a arrachés aux souf* frances, dont Famour nous a conduits à cherdier dans la Bretagne des frères que nous ne connaissions pas, et dont la faveur nous a fait trouva ceux que nous cherchions dans F ignorance. Mais qui pourrait dire la joie qui a éclaté en ce lieu, dans le eœur de tous les fidèles, depuis que la nation anglaise a été, par l'opération de la grftce du Tout-^Puissant, arrachée aux ténèbres de Ferreur
^ Saint Jeun, xn, 24.
et éclairée ie la lumière dé la seàvte foi ?Dépâisf que ce peuple foule aux pie<k, avec une parfaite connaissance de cause, les idoles auxquelles il se soumettait auparavant danslafolie deses superstitions; depuis que les Anglais adorent Dieu dans la pureté de leur cœur; depuis qu'arrachés à leurs mauvaises actions, ils sont liés par les règles d'un saint enseignement; depuis qu'ils se soumettent de tout leur esprit aux préceptes divins, et qu'ils sont fortifiés par la parfaite intelligence de ces préceptes ; depuis qu'ils sont humiliés jusqu'à la poussière, et qtfifs demeurent en esprit prosternés à ferre? De qui tout ceci est-il l'ouvrage, si ce n'est de Celui qui dit : Mon père agit continuellement, et moi anssi*? Lui qui^ afin de montrer son désir de convertir le monde, non par la puissance de l'homme, mais lui-même , par sa propre force , a choisi des hommes sans science pour les prédicateurs qu'il devait envoyer dans le monde. Il a fait la même chose dans ce cas-ci , en ce qu'il a daigné opérer des œuvres puissantes chez la nation an« glaise^ en se servant pour cela de l'infirmité d'un homme faible. Mais il y a, très-cher frère, dans ce don céleste, de quoi nous causer, ati milieu de notre joie , des craintes sérieuses. Je sais bien que le Dieu tout-puissant a opéré par vos mains
^ Saint Jean, t, 17.
de très-grands miracles dans la nation qu'il lui a plu de se choisir. Il est, par suite, nécessaire, touchant ce don céleste, que vous vous réjouissiez en même temps que vous craignez, et que vous craigniez en même temps que vous vous réjouissez. Vous pouvez assurément vous réjouir de ce que les âmes des Anglais ont été, par des miracles extérieurs, amenés à la grâce intérieure; mais Yous devez craindre aussi, de peur que dans les signes opérés par vous, votre faible esprit ne se laisse aller à la présomption, et qu'en proportion de votre élévation dans les honneurs extérieurs, il ne tombe intérieurement dans la vaine gloire. Nous devons ne pas perdre de vue que lorsque les disciples retournèrent pleins de joie de leur prédication , ils dirent à leur maître : « Selg gneur, les démons mèmeiioussont soumisquand « nous invoquons votre nom, » et il leur fut répondu : « Ne vous réjouissez pas de cela , mais « plutôt de ce que vos noms sont écrits dans les u cieux^ » En se réjouissant des miracles, leur joie était particulière et temporelle ; mais ils furent avertis de substituer une joie publique à leur joie privée, et une satisfaction éternelle au contentement temporel qu'ils éprouvaient, quand le Seigneur leur dit : « Réjouissez-vous de ce que
i Saint Lac, x, 20.
c vos noms sont inscrits dans les cieu:t. v Tous les ëlas ne font pas des miracles , et cependant leurs noms sont inscrits au ciel. Pour des disciples de la vérité, il ne devrait y avoir d'autre joie que celle qu'ils éprouvent en commun avec d'autres, et sur des sujets qui peuvent inspirer une joie sans fin.
« 11 faut donc, très- cher frère, au milieu des choses que vous opérez eiitérieurement par la puissance de Dieu, que vous ne cessiez jamais de vous juger intérieurement avec modestie, et que vous distinguiez deux choses qui vous concernent : qui vous êtes, et en même temps combien la grâce abonde envers cette nation, pour la conversion de laquelle le pouvoir de faire des miracles vous a été accordé. Si vous vous rappelez avoir jamais transgressé en paroles ou en actes les préceptes de notre Créateur, ayez continuellement votre faute présente à la pensée, afln que le souvenir de votre faiblesse puisse arrêter l'orgueil de votre cœur. Quel que soit le pouvoir que vous receviez ou avez déjà reçu de faire des miracles; ne regardez pas cela comme un don accordé à vous-même, mais plutôt comme une grâce qui vous est faite en faveur de ceux dont Dieu veut assurer le salut.
c Et tandis que ce sujet nous occupe, il est impossible de ne pas se rappeler ce qui arriva dans
Texemple d*Uti dés serviteurs de Dieu, d'un serviteur qui avait un grand mérite à ses yeux.
Quand Moïse conduisit le peuple d'Israël hors de TEgypté, il opéra, comme Votre Fraternité le Sait , Un grand nombre de prodiges. Dans so& jeûne de quarante jours, sur le mont Sinaï , il reçut les tables de la loi au milieu des éclairs et des tonnetres; et pendant que tout le peuple était Épouvante, lui âeul tenait une conversation intime et familière avec lé Dieu tout-puissant. Ensuite il ouvrit une route à travers la mer Rouge, et eut tm ûuagé en forme de colonne pour le guider datis son chemin. Quand le peuple eut faim, il fit descéndi'e la manne du ciel, et, par un miracle, il put satisfaire ses désirs, même avec excès, par Tabondance qu'il leur procura dans le désert. Puis, dans un moment de sécheresse, il vint près d'un rocher, et sa foi lui fit défaut, car il douta s'il pourrait en tirer de l'eau; mais, Sur l'ordre du Seigneur, il frappa le rocher, et l'eau en jaillit par torrents. Qui pourrait dire ou découvrir le nombre de miracles qu'il a opérés durant trente-huit ans qu'il passa dans le désert? Chaque fois qu'une affaire douteuse embarrassait son esprit, il entrait dans le tabernacleS interrogeait Dieu en secret, et était instruit de ce
1 Exod.f xxxxii; 9.
qu'il désirait savoir. Quand le Seigneur était irrité contre son peuple, il l'apaisait par Tinler- Vention de ses prières; et il fit engloutir, dans un précipice formé par la terre qui s' entr' ouvrit à dessein, ceux qui s* élevaient avec orgueil et semaient la division dans le peuple. Il fatiguait Tenneini par ses victoires et opérait des miracles fréquents. Mais quand il arriva à la terre promise, il fut appelé au sommet de la montagne, et on lui rappela le péché qu'il avait commis trente-huit ânâ auparavant ^ lorsqu'il douta de sa puissance à faire jaillir Téau du rocher, et il apprit que cette faute l'empêchait d'entre^ danâ la terre promise; Ndus Voyons, par cet eicemî^le, combien le jugement de Dieu est une chose terrible, ptiisqu^l se souvint si longtemps de la faute de son Serviteur, par qui il avait opéré tant de miracles.
k Aitisl donc, très-cher frère, si nous devons reconnaître que celui spécialement choisi de Dieu pouf opérer de si grands prodiges, est mort à cause dé son péché sans entrer dans la terre promise , que n'avons-nous pas à craindre, nous qiii ne savons pas si nous sommes au nombre de ses élus?
« Touchant les miracles faits par des réprouvés, que puis-je vous dire, à Vous, qui connaissez si bien les paroles de la vérité dans l'Evangile? « Beaucoup de gens me diront, y est-il écrit : Sei- « gneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé
« en votre nom? n'avons-nous pas chassé les dé- « mons en votre nom , et n'avons-nous pas opéré u des choses merveilleuses en votre nom? Et alors ft je leur répondrai : Je ne vous ai jamais connus : u retirez-vous de moi, vous qui faites des œuvres « d' iniquité. 9 L'esprit doit donc se tenir en garde au milieu des signes et des miracles, dans la crainte qu'il ne cherche en ces choses sa propre gloire, et qu'il ne se réjouisse d'une joie toute personnelle en songeant à la grandeur de son exaltation. La grâce des miracles est accordée pour gagner des âmes, et en vue de la gloire de Celui par la puissance de qui ils sont opérés.
« Le Seigneur nous a donné cependant un signe extérieur auquel nous pouvons nous réjouir d'uoe joie vive , et par lequel nous pouvons distinguer en nous la gloire d'élection : — « La marque à A laquelle tout le monde reconnaîtra que vous êtes « mes disciples, c'est si vous vous entr'aimez*. » Ce signe , le prophète le demandait quand il disait : « Montrez-moi, Seigneur^ quelque signe « pour le bien, afin que ceux qui me haïssent puis- « sent le voir et en être confondus^. »
« Je dis ces choses parce que je désire que l'esprit de celui qui m'entend s'abaisse dans l'humi-
1 Saint Jean, xnr, 35«
2 p8, Lxxxvi, 17. (lxxxv, Vulg.)
litè. Mais je sais que votre humilité a une juste confiance. Je suis moi-même un pécheur, et je regarde comme une chose certaine que , par la grâce de Dieu, notre Créateur, et de Jésus-Christ, notre Rédempteur, vos péchés ont déjà été oubliés, et que vous êtes, en conséquence, au nombre des élus, de sorte que les péchés des autres pourront être pardonnes par vos mérites. Votre culpabilité ne causera aucun chagrin dans les temps à Tenir, parce que vous donnerez de la joie dans le ciel par la conversion d'un grand nombre d'âmes. Notre même Créateur et Rédempteur dit, en parlant de la pénitence de Thomme : « Je vous dis « qu'il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul « pécheur qui fait pénitence que pour quatre- « vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin d'en « faire^ . y Si un pécheur pénitent cause tant d'allégresse dans le ciel, quelle ne doit pas être la joie qui y est produite, quand uiï^ nation nombreuse est convertie de son erreur, et vient à la foi, condamnant, par son repentir, tout le mal qu'elle a commis ! Unissons-nous à cette joie des anges des cieux, en concluant par les mots qui ont commencé notre lettre : « Gloire à Dieu au plus haut u des cieux, et paix sur la terre aux hommes de « bonne volonté M»
i Saint LuC| xt, 7.
^Epitnt, I. XI, 28.
Il est pitoyable d'avoir à interrompre \à biogr»^ phie d'yp saint poqr se livrer k de» discus^ioii^ apologétiques ! Il est pitoyable de reproduire une lettre conome oell^-ci, plutôt pour convaincre que pour édifier ! Que ce^ saints glorieui^ nous pardon? nent F injure que nous pourrions faire ainsi h leur nom ! Et que Celui que nous devons sartput craindre d'pfTenser, nous pardonne rirrëvérenfii; qu'il peut y avoir dans cette tentative de justifia les merveilles de sa grâce aux yeuK de Vincrèdu*!* HtM