‹ Histoire de Saint Augustin (apôtre des Anglais, archevêque de Cantorbery,) et du premierChapitre 3 sur 44 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Considérations préUmînaîrcs.*- L'origine du christianisme en Angleterre remonte à l'an 5i de J.-C. — Comment s'établissent les premières relations de l'Angleterre avec Rome. — Les apôtres saint Pierre et saint Paul sont-ils allés en Angleterre? — Plusieurs autres saints visitent les Anglais dans le premier siècle de l'Église. ^ Témoignages historiques et traditions jusqu'à Tannée 182 de N.-S. J.-G.

La physionomie d'un pays n'a peut-être jamais été modiGée d'une manière plus rapide et plus profonde que ne le fut celle de TÂngleterre, par suite des incursions de ses conquérants saxons, aux cinquième et sixième siècles de Fère chrétienne. D'anciens historiens nous ont raconté corn*

ment ces barbares entraînaient, avec la violence d'un torrent, tout ce qui leur faisait obstacle, poussant les habitants du pays dans les retraites les moins accessibles, ou les forçant à chercher un refuge au delà des barrières qu'offraient naturellement les montagnes. Les vainqueurs s^ établissaient ensuite dans les lieux qu'ils avaient dévastés, renversant d'une main impitoyable le bel édifice de civilisation et d'ordre social qui s'était graduellement et péniblement élevé dans la Bretagne depuis qu'elle avait été subjuguée par la puissance romaine.

Les lecteurs, cependant, qui parcourent l'histoire d'un œil chrétien et catholique, suivront avec un intérêt que ne saurait inspirer le simple récit de changements et de bouleversements politiques, l'effet de cette révolution soudaine dans la situation religieuse et les destinées de la Bre^ tagne. Four cette classe de lecteurs, la lutte entre les habitants indigènes et leurs impétueux vain* queurs (s'il est permis d'appeler lutte un conteste où les forces et les ressources étaient en proportions si disparates) , pour ces lecteurs , disonsnous , la lutte offre un autre intérêt ; elle sera moinâ remarquable par le déploiement de forces brutales mises en jeu pour arriver à la supréma-> tîe nationale , que par le spectacle d'une guerre d* extermination poursuivie par un peuple païen

oonlre un autre peuple qui , quoique tristement déchu en pratique, n'en avait pas moins le pri« vilége de porter le nom de chrétien. L'Eglise, qui avait peu à peu renversé un vaste système d'idolâtrioi se trouvait à son tour déplacée par un autre culte moins fort et moins imposant que le premier, mais qui n'était pas moins criminel.

Notre vénérable historien, saint Bède, en décrivant les conséquences de cette désolation nationale, parle de « bâtiments publics et privés « rasés jusqu'à fleur de terre, de prêtres partout i massacrés aux pieds des autels, et de prélats c pourchassés avec leurs troupeaux par le feu et c le glaive S » Ce semblait être un nouvel accomplissement des paroles du prophète : Ascendît contra eam gens ab aqvilone^ quœ ponel ter^ ram ejus in solitudinem; et non erit qui ha-bilet in eâf ab homine mque ad pecus, et moli sunt^etabierunl*. L'athéisme prédomina une fois e^acQve dans le pays qui avait été foulé par les pieds des saints et arrosé du sang des martyrs.

Notre-Seigneur ne resta cependant pas, mtoie dans ce sombre intervalle, sans adorateurs dans la Bretagne ; il voulut montrer qu'il veillait sur elle

A Saint Bède, HUt Becl tênt. Angl, 1. 1, c. 15. « Jcr., u 3.

et qu'il viendrait un jour à son secours. L'avenir de l'Église bretonne, à l'époque qui nous occupe, apparaissait aux yeux de l'homme sous de bien sombres couleurs. Les ténèbres couvraient le pays dans toute son étendue. Cependant la lumière de l'Agneau de Dieu n'était pas éteinte ; elle était seulement cachée où personne ne pouvaitt l'apercevoir. L'Église, dont la place est partout, se trouvait, en Angleterre, retenuedans des barrières fixes et en apparence insurmontables : elle ne s'étendait pas au delà des limites étroites où était connu l'ancien nom breton. A mesure que la guerre touchait à sa fin, les insulaires indigènes abandonnaient leurs possessions aux mains d'un ennemi auquel ils ne pouvaient plus résister ; des jalousies et des haines qu'il est pénible de se rappeler , succédèrent alors à des hostilités plus actives et plus sanguinaires. La Bretagne offrait une nation divisée contre elle-même ; l'orgueil et les ressentiments s'interposaient entre les vainqueurs et les vaincus, comme un obstacle à leur réconciliation dans le troupeau universel, « où il n'y a ni Scythes, ni c barbares, ni esclaves, ni hommes libres, 9 où toutes les distinctions mondaines sont neutralisées, où tous les préjugés s'évanouissent.

Dans ces circonstances critiques, le Tout-Puissant toucha le cœur de son serviteur, saint Grégoire, le premier de ce nom qui occupa la chaire

de saint Pierre, et qui fut surnommé le Grand pour ses ëmiiientes vertus. Dieu lui inspira un sentiment de compassion pour notre malheureux pays, et il dirigea vers nous les pas du Saint à jamais bëni^ dont la vie forme le sujet de ces pages.

Heureusement pour l'Angleterre, elle s'était acquis, pour Theure du péril, un titre à ces faveurs spéciales, toujours réservées à une Eglise de martyrs. La semence dont les riches produits ne sont jamais perdus, quel que soit le retard de sa végétation , avait été jetée à profusion sur notre sol. Après bien du temps, le sang de saint Alban et de ses compagnons, sang qui criait miséricorde pour l'Angleterre désolée, allait recevoir une réponse dans la mission du nouvel apôtre envoyé à nos rivages. De même que le sang de saint Etienne, premier héritier de la croix de son maître, avait eu son abondante moisson dans la conversion et l'apostolat de saint Paul, de même les souffrances de notre glorieux proto-martyr valurent à l'Angleterre la commisération de saint Grégoire et les travaux apostoliques d'Augustin, son Gis béni dans la foi. Saint Alban a été, pendant plusieurs siècles, regardé commeJe patron de l'Angleterre, et des hommes pieux ont attribué à sa mort, ou regardé comme le fruit de ses prières % les

« Voir sa vie, par le rév. A. Butler (le 22 juin).

grandes bénédictions nationales. Nous ne pour-rions douter qu'au nombre des principales faveurs que nous ont values ses souffrances et son inter*cession y ne se trouve l'intervention de Notre-Sei* gneur en faveur de son Église $ intervention qui a arracbé une seconde fois cette lie des mains de ses ennemis, pour la placer de nouveau sous Fombre bienfaisante de la véritable vigne.

Quoique l'ancienne Église de Bretagne n' offrit aucun signe apparent de vie aux yeux de notre Saint lorsqu'il mit le pied sur le sol anglais , il est indubitable que la voie lui avait été secrètement, mais efficacement préparée par la puissance de la grâce divine, se manifestant en vertu des mérites et des souffrances de ceux qui l'avaient précédé sur le théâtre de ses travaux. Aussi pensons*nous qu'un résumé historique de l'origine,, des développements et de la décadence de l'an-^ tique Église d'Angleterre, est une introduction convenable, sinon nécessaire, à l'histoire d'un saint dont le titre à notre vénération, comme second fondateur de notre Église, éveille le souvenir des bénédictions accordées à l'Angleterre dans les siècles qui l'ont précédé. S'il est dû à la mémoire d'Augustin de constater que les traces d a christianisme avaient entièrement disparu de la partie de l'île où il fut d'abord appelé, et que ses travaux de missionnaire eurent un caractère tout

à fait apostolique, il semble que la justice demande qu'on parle d'abord de ceux qui vinrent ayant lui. Nous commencerons donc notre récit par les triomphes de la foi qui préparèrent la voie à saint Augustin, avant de parler de la décadence qui rendit sa mission nécessaire.

On pense que la lumière de l'Évangile a répandu ses premiers rayons sur l'Angleterre dès le siècle des apôtres. Il est ^rai que saint Bède ne mentionne notre Église qu'au temps du roi Lucius, ou vers la fin du deuxième siècle ; mais un historien plus ancien, dont le nom, comme le sien, est entouré des honneurs do la sainteté, saint Gildas, fait remonter l'origine du christianisme en Bretagne à une époque antérieure à une grande révolte des habitants, révolte qui correspond évidemment à celle qui éclata sous Boadicé, l'an 61 * de l'ère chrétienne.

Le même historien fixe l'origine du christianisme en Angleterre à une époque qu'il place entre une grande convulsion nationale et la révolte rappelée plus haut. On a pensé que le premier des événements auxquels saint Gildas fait allusion est la victoire remportée sur Garactacus par l'empereur Claude , en l'an 51 * de Notre-Sei-

1 Saint Gi'das, de £xeid. Brit.» S 8 comparé avec les S 6 et 7. a Cf. Bp. Burgess^ Traot$ on the Britith church. {Traités de Burgeiê sur VEglisê anglaise.)

gneur, victoire suivie de la captivité du roi breton, qui fut conduit a>ec sa famille à Rome où ils furent détenus. Le récit de saint Gildas est confirmé par des traditions antiques qui sont corroborées par plusieurs autres preuves. Il en résulte, d'après toutes les probabilités, que rétablissement du christianisme en Angleterre correspond à peu près à la défaite de Garactacus, et qu'il a pris naissance au milieu des circonstances que fit naître cet événement ^

Parmi les captifs amenés à Rome à la suite du roi anglais, on dit qu'il se trouvait une jeune personne, nommée Claudia Ruffina, que Ton suppose être la fille de Caractacus. Elle fut forcée, ainsi que cela se pratiquait souvent, pour flatter l'empereur son maître, de prendre le nom de Claudia. Il parait que la jeune Claudia devint à Rome l'épouse d'un sénateur nommé Pudens, chez qui l'on dit que saint Pierre a logé lors de sa

1 « Il est certain , dit Lingard , qu'il y a eu de très-bonne heure des chrétiens en Bretagne , et celle circonstance s'explique aisément par les relations qui existaient depuis longtemps entre celle Ile et Rome. Peu d'années après l'ascension de J.>G. , l'Eglise de Rome était parvenue à une grande célébrité ; bientôt elle attira l'attention et fût honorée de l'inimitié de Claude et de Néron. Parmi les Romains que le choix ou la nécessité conduisit en Bretagne a celte époque, et parmi les Bretons qui se décidèrent à aller voir Rome, quelques-uns naturellement furent en rapport avec les prédicateurs de l'Évangile, et cédèrent aux eCforts de leur zèle. » Liv. x. {Note du traducteur.)

première arrivée dans cette ville. Le poëte Martial a célébré en deux endroits la beauté et les charmes d'une certaine Claudia, femme de Pudens ^. On trouve encore dans les saluts de la seconde Épître de saint Paul, écrite de Rome à Timothée : « Eubule, Pudens, Linus et Claudia te « saluent '. » Il a été supposé de là, avec de fortes apparences de probabilité, que la même Claudia qui figure dans l'histoire d'Angleterre, devint à Rome disciple des apôtres saint Pierre et saint Paul, intercéda auprès d'eux en faveur de son pays natal, et fut l'instrument de la conversion de la Bretagne. Si l'on comprend bien saint Gildas, quand on lui attribue de faire remonter cet événement à la période qui s'écoula de l'année 51 à 61 après J. -C, son récit viendrait corroborer d'une manière remarquable la tradition qui re~ garde le séjour de Caractacus à Rome, comme la première occasion des rapports religieux qui s'établirent entre cette ville et la Bretagne. Car l'année 58, qui vit retourner plusieurs membres de la famille du roi anglais dans leur pays, est la date précise assignée par Baronius à l'arrivée de saint Paul à Rome, et au voyage de saint Pierre dans l'Europe occidentale.

4 MarUal., 1. n, ep. 64, etl. iv, ep. 13.

2 n2Ym.,iy,21.

^ iO —

Les noms de ces deux grands apôtres sont associés parles théologiens et les antiquaires aux annales les pins reculées de TËglise anglaise. Il est généralement admis par les autorités catholiques et protestantes que saint Paul a visité l'Angleterre. Il est néanmoins nécessaire de reconnaitreque les témoignages écrits en faveur de cette tradition sont loin d'être concluants. Il est certain toutefois, d'après les chroniques des premiers historiens, que Tapôtre des Gentils a pénétré jusqu'auo? limites de f ouest S Quelques critiques ont pensé que ce passage s'applique à sa visite en Espagne dont il parle dans son Épître aux Romains.

La preuve historique du voyage de saint Pierre en Angleterre est encore plus difficile à produire, car on la tire uniquement d'un passage d'Eusébe, cité par Métaphraste (écrivain du deuxième siècle, dont Baronius traite avec dédain l'autorité), et qui ne se trouve pas dans les volumineux écrits de cet auteur* L'Église en général a cependant admis, comme une pieuse tradition, ainsi que nous l'apprennent d'ailleurs les paroles souvent citées de saint Innocent *, que saint Pierre fut l'instrument

3 (( Qois enim nesciat, aulnon advertat, id qood a principe apostolorum Petro romans Ecclesiœ traditom est,ac nunc usque custodilur, ab omnibus debere servari, nec superduci, autinterdaci aliquid qaod auctorilalem non habut, aut aliunde ac-

de la conversion de l'Occident \ Quoiqu'on doive distinguer ce genre d'argument d'une preuve historique appuyée de documents, et qu'il ne puisse la remplacer pour ceux qui, dans des recherches de cette nature, désirent une exactitude rigoureuse, il n'en est pas moins vrai qu'il ne sera pas sans effet sur les esprits pieux accoutumés à se reposer dans la pensée que Dieu veille avec vigilance sur son Église.

La tradition des rapports directs ou intimes de saint Pierre avec l'Église anglaise a été corn-

cipere videatur exemplam ? prsscrtim cum sit Tnanifestum, in omncm Italiam, Gallias, Hispanias, Africain atque Siciliam et insnlas interjacentes, nallam institaisse Ecclesias nisi eos qnos veoerabilis apostolus PetruB aut ejas successores coDsti tueront sacerdotes ? » etc. JEpistola Innocenta ad Decentit*m. {Bibli(h theca Patrum vet., t. vm, p. 586, éd. Venel., 4772). Celte lettre est datée du 49 mars 446.

L^évèqne Stillingfleet prétend {Or. sac, , liv. m) qae cette liste ne comprend pas TAngleterre, et cependant, trois pages plus loin, il prouve que PAngleterre, dans ces temps reculés, était comprise dans les Gaules, pour montrer que des évéques anglais assistaient au concile de Sardica. (Voir le passage.)

*■ A tant de siècles de distance , nous dit Lingard, il est impossible de découvrir par qui le christianisme fut d^abord prêché dans rtle. Quelques écrivains ont attribué cette mission à saint Pierre, d^autres ont donné la préférence aux prétentions rirales de saint Paul ; mais ces deux opinions , improbables d^aillcurs en elles-mêmes, reposent sur les preuves les plus faibles, sur des témoignages dont beaucoup ne sont nullement ooneloanls, et qui tous sont ambigus et peu satisfaisants.

(Note du traducteur.)

battue d'ané manière presque universelle par les écrivains protestants. Il est très-regrettable que cette question et plusieurs autres faits de ce genre aient été trop souvent détournés de leur véritable terrain comme sujets purement historiques, pour être traités en vue d'une grave importance théologique qui sûrement ne leur appartient pas.

Dans ce cas-ci, par exemple, il est impossible de ne pas sentir, malgré tout le respect dû aux hommes qui ont pris part à cette controverse, que, d'un côté, la preuve historique de la visite apostolique de saint Pierre en Angleterre a été soutenue avec beaucoup trop d'insistance par ceux qui affirmaient le fait, tandis que leurs adversaires en ont généralement déprécié ce qu'on peut appeler la preuve morale et théologique. Nous devons dire cependant, à l'honneur d'un écrivain protestant, et comme circonstance de quelque importance relative au fait controversé, que le savant et zélé docteur Haies regarde la visite de saint Pierre en Angleterre comme fournissant une des solutions satisfaisantes d'un problème chronologique des plus épineux ^

Il a été soutenu , de plus, que trois autres membres du sacré collège ont, outre saint Pierre, prêché rÉvangile en Angleterre 5 savoir : Saint Jacques le

< voir Tanalyse de la chronologie sacrée par le D<^ Haies, vol. Il, partie 40.

Grand 9 saint Philippe et saint Simon Zëlotes; miais sans qne cette assertion , autant qu'on petit en juger, ait une ombre de plausibilîtë. On rapporte que saint Simon est venu en Bretagne, après avoir prêché la foi dans la Mauritanie et autres parties de l'Afrique. Mais il parait très -douteux que saint Simon ait jamais prêché en Afrique : sa mission fut dans TOrient; et s'il y a jamais prêché, il est certain qu'il retourna ensuite en Orient , car tous les anciens martyrologes placent son martyre en Perse. Quant à saint Jacques et à saint Philippe, ces deux apôtres ont souffert le martyre beaucoup trop tôt pour avoir pu prendre quelque part à la fondation de l'Église anglaise. Saint Jacques fut mis à mort en l'an 43 ou 44, et saint Philippe dix années après; d'où l'on peut conclure, ainsi que l'observe le savant archevêque Ussher, qu'en fait, la question débattue doit l'être entre saint Pierre et saint Paul. Le premier serait venu en Angleterre en l'an 60 de N.-S., tandis que saint Paul serait parti pour son voyage en Occident l'année suivante, et serait arrivé en Angleterre en 62 *.

On pense que d'autres saints serviteurs deDieii ont visité notre lie dans le siècle des apôtres, entre autres saint Joseph d'Arimathie et saint

* Alford, Annales, ad ann. 62.

Aristobule. Il a été avancé, mais sur des preuves bien légères, que le dernier avait été consacré par saint Paul au premier évêché anglais.

La tradition qlii conduit saint Joseph d'Ari^ mathie en Angleterre vers l'an 63 (selon Baronius), est défendue par les évoques protestants Ussher et Parker. Ce dernier le fait dans un esprit d'hostilité très-marquée contre les prérogatives spéciales de saint Pierre. Saint Joseph d' Arimathie a été vénéré, dans la primitive église d'Angleterre, comme fondateur et premier abbé du célèbre monastère d' Avallonia, appelé ensuite Glastonbury, où Ton voit encore les ruines d'une chapelle dédiée au Tout-Puissant sous sou patronage.

Ici encore, si nous devons nous guider par les documents historiques , les preuves extérieures , eelles qui sont généralement reçues, nous reconnaîtrons que M. Collier, dans son Histoire ecclésiastique^y a soulevé de sérieux arguments contre la tradition en question ; et cependant, après avoir ébranlé le crédit de certaines chartes et de certains capitulaires, les esprits pieux en concevrontils moins facilement que ces croyances se soient répandues, alors même qu'elles étaient sans fondement, et se soient enracinées dans le cœur

d'hommes nnis ensemble par les obligations les plus solennelles, de manière à entrer dans leurs mœurs et à être constatées dans leurs monuments les plus durables? Admettre qu'une tradition ne peut être prouvée est une chose, et dire qu'elle ne mérite aucune considération en est une autre. Sur quelle preuve ajoutons-nous foi à T existence de saint Georges, le patron de FAngleterre ? Assuré^ ment sur des preuves qu'un critique minutieux ou un avocat habile pourrait facilement jeter aux vents s la croyance de témoins crédules ou préve* nus, le récit traditionnel de pompes et de décora-* lions futiles. Le scepticisme, de son c6tè, peut lui opposer un grand nombre de légendes douteuses et de faits inadmissibles ; mais après tout, y a-t-il un catholique ^ qui ne regardât pas comme une im^ piété de mettre en doute l'existence de saint Georges? Ce genre de données doit cependant être distingué des preuves extérieures, palpables, et de celles qui ressortent de l'argumentation '.

& Noas devons faire rtimarquer que les écrivains pnseyistes se donnent volontiers le nom de eatkoliquBM. Quoique leur école, pas plus que leur église, n*ait droit k cette dénomination, cependant, au lieu de leur reprocher cette appropdation d'un titre qui n'appartient qa'aui enfants de la véritable Eglise^ nous préférons y voir la preuve du désir où ils sont de se rendre dignes de ce nom en rentrant en communion avec Rome.

{Note du traducteur.) ^ Nous faisons seulement une comparaison , et pas du tout

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