‹ Histoire de Saint-Barbe (volume 2)Chapitre 100 sur 147 · Montaigne, Essais, 1. I, ch. xxv · texte numérisé non relu

Montaigne, Essais, 1. I, ch. xxv

DE SAIME- BARBE. 239

L'Université de Coim])re, transférée à Lisbonne depuis 1377, avait été depuis peu rétablie au lieu de sa fondation. Le roi Jean III voulut que de ce déplacement datât pour son royaume une ère nouvelle, et que le Portugal se montrât enfin capable de marcher de pair pour l'enseignement avec les autres Etats de l'Europe. Il s'employa à cela comme à l'un des soins les plus essentiels de son gouvernement. On dit qu'il se faisait rendre compte des travaux des collèges , et qu'il connaissait par leurs noms, étant doué d'une rare mémoire, tous les écoliers qui y étudiaient'. Toutefois, ni cette sollicitude, ni le dévouement avec lequel le servaient tant de professeurs formés par sa munificence dans les universités étrangères, n'avaient pu lui donner encore une Sainte-Barbe ou un collège de Guyenne. C'est pourquoi il fit porter des paroles et écrivit lui-même à Bordeaux pom' obtenir d'André de Gouvéa qu'il vînt à Coimbre, à l'effet d y monter une maison qui fût la digne fille de l'école bordelaise. Le roi n'entendait pas arracher son sujet à une cité dont il était devenu l'ornement : après la première impulsion donnée, Gouvéa serait libre de retourner dans sa patrie adoptive.

Le maire et les jurats de Bordeaux ayant accordé à leur principal un congé de deux ans, celui-ci confia à Gelida»le soin de le remplacer pendant son absence, et se mit en route pour le Portugal. Il emmenait avec lui Grouchy et Guérente, Teyve et un autre Portugais appelé Antonio Mende, Arnoul Fabricius de Bazas, Élie Vinet et Georges Buchanan, qui était revenu

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