Rabelais, 1. IV, ch. xxxvii
dire, reposait sur une excellente discipline, qui elle-même avait pour base lunité de gouvernement.
André de Gouvéa fut un véritable monarque dans son royaume, et un monarque selon Fidéal du moyen âge, c'est-à-dire qui gouvernait avec l'assistance de ses pairs. Il tenait pour tels tous ses professeurs, n'avait rien de cacbé pour euv ni ne voulait qu ils eussent moins d'ouverture à son égard. Afin qu'ils ne s'inféodassent pas leurs élèves respectifs , il investit chacun d'eux du même droit d'inspection et de correction sur toutes les parties du collège, et celte égalité, il la maintint par son attention à les traiter tous avec les mêmes égards, à ne reconnaître entre eux ni premier ni dernier, à représenter dans ses discours le professoral comme un sacerdoce, dont le caractère n'était changé en rien, quel que fût l'objet ou le degré de l'enseignement. D'un autre côté, il anéantit l'importance des pédagogues ou précepteurs des élèves en chambre. 11 leur défendit d'enseigner dans d'autres livres que ceux des classes, de donner des devoirs particuliers, même de se servir des verges. Ils n'étaient que des surveillants, astreints à se référer de tout soit aux maîtres, soit au principal.
Telle est la constitution qui fit du collège de Guyenne « l'un des plus florissants et le meilleur de France*". »
Au plus beau moment de cette prospérité, André de Gouvéa fut détourné de son œuvre par les instances d'un solliciteur qu'il lui fut impossible d'éconduire.