ÉlieVinet, Schola aquitanica ^ p
pendamment de l'autorité. Les auteurs faisaient la science : expliquer les uns c'était enseigner l'autre; aussi les cours consistaient-ils uniquement dans l'interprétation des textes approuvés. Le professeur devait se traîner sur le livre, quel qu'il fût, qui passait pour contenir le dépôt de la science. Il lisait^ et ses élèves écoutaient , selon l'expression employée alors pour dire faire un cours, suivre un cours'.
Les leçons comportaient deux sortes de développements, qui se plaçaient à la suite l'un de l'autre, savoir l'exposition et les questions.
Par l'exposition on s'attachait à montrer tour à tour les raisons et les conséquences de chaque division de l'ouvrage, de chaque paragraphe, de chaque phrase et de chaque terme dans la phrase. Par les questions on dégageait toutes les propositions susceptibles d'être discutées en deux sens contraires, et on les résolvait en concluant par forme de syllogisme à raffirmative ou à la négative*.
L'exposilionetl'argumentationdevaient être débitées d'abondance, non pas lues comme le texte. Jusqu'aux approches de la Renaissance les professeurs furent astreints par serment à procéder de la sorte , dans la crainte que, s'ils lisaient le commentaire comme ils lisaient le texte, ils ne se donnassent plus la peine de préparer leurs leçons. C'était prendre contre les maîtres une précaution ])réjudiciable aux élèves, car le plus grand nombre n'ayant pas les livres qui faisaient l'objet de la leçon, il fallait qu'ils retinssent de mé-
1 . Thurot, De l'organisation de l'enseignement, etc., p. 6b.