‹ Histoire de Saint-Barbe (volume 2)Chapitre 38 sur 147 · Elle Vinet, Schola aquitanica · texte numérisé non relu

Elle Vinet, Schola aquitanica

DE SAINTE-BARBE. !Jl

Le jour de la Saint-Louis, 25 août, la cour du collège et les arbres de lu cour étaient tendus de draps blancs, sur lesquels on exposait, entre des guirlandes de feuillage, les bonnes pages d'écriture des commençants, et les pièces de vers ou autres compositions des bumanistes jugées dignes de remarque par les professeurs. Cela était calligraphié selon le savoir-faire des auteurs, avec accompagnement de lettres en or et en couleur. Chacun se tenait près de son œuvre, écoutant les critiques ou les éloges auxquels se livraient les personnes invitées.

Cependant la grande salle, décorée de tapisseries et garnie de banquettes, était le théâtre d'exercices d'un autre genre. Sous la présidence d'un prélat, d'un grand seigneur ou d'un magistrat de l'une des cours souveraines, les logiciens et dialecticiens commençaient à disputer sur des positions qui avaient été affichées d'avance aux carrefours de la ville. Quand la lutte était épuisée, c'était le tour des rhétoriciens. Les dix plus forts d'entre eux venaient déposer les copies d'une composition dont ils étaient allés la veille demander le sujet au président de la fête. Ils avaient été mis en conclave pour fournir cetle épreuve, et toutes les précautions prises afin qu'ils ne reçu«sent point d'aide de leurs maîtres. En présence de l'assemblée, chacun à son tour déclamait son ouvrage; ensuite un jury choisi en dehors du collège discutait, séance tenante, le mérite des concurrents. Un jugement semblable avait lieu pour les philosophes, et le vainqueur dans chaque Faculté recevait de la main du président un bonnet d'étudiant.

Ce n'est que beaucoup plus tard, et par imitation

de ce qui se pratiquait chez les jésuites, que l'Université consacra la solennité des prix annuels dans les collèges.

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