Statuts des pauvres, dans le Ms. de l'Arsenal, déjà cité
droit où finissaient les bâtiments de Tliôtel Chalon'. On prit des airs de proteclion à l'égard de la pédagogie qui n'avait ni existence officielle ni revenu assuré, et où l'exercice était exposé à cesser d'un jour à l'autre par la fantaisie d'un propriétaire ou d'un principal. Dès lors Montacutiens et Barbistes se visitèrent moins volontiers. Le dédain d'un colé, f irritation de l'autre, aiguisèrent des mots piquants qu'on s'envo\a par les fenêtres. A l'avènement de Jacques de Gouvéa l'aigreur avait atteint son dernier terme.
La rue qui séparait les deux collèges n'élait pas des plus fréquentées de Paris, ni des plus propres. A la noire nuit elle devenait un de ces repaires où les voleurs allaient concerter leurs mauvais coups-. Jamais peut-être, depuis qu'elle existait, le balai n'y avait passé. Les ordures de toute sorte y formaient une litière épaisse d'où s'exhalait pendant l'été l'odeur la plus fétide. Pour l'assainissement du quartier, le corps de ville décréta en 1522 qu'elle serait pavée immédiatement^ Sainte-Barbe et Montaigu firent, chacun pour leur part, les frais de cette opération, qui fut, contre les prévisions de l'édilité, un remède pire que le mal.
Il faut nommer les choses parleur nom. Les urines de Montaigu s'écoulaient d'ancienneté sur la voie publique, et s'infiltrant par le sol meuble qu'avait formé
1. Autorisation donnée le 4 décembre loOO, par Nicolas Potier, prévôt des marchands. Archives de l'empire, S. 6516, liasse 1 1 .
2. « Les mauvais garsons et ribleui's qui ont accoustumé aller en icelle rue. » Acte cité dans la note précédente.