‹ Histoire de Saint-Barbe (volume 2)Chapitre 81 sur 147 · Ribadeneira, ch. vu, n^ll · texte numérisé non relu

Ribadeneira, ch. vu, n^ll

pas à prendre une pareille précaution. Loin d'avoir la dévotion de ses deux amis, il ne faisait que se moquer de leurs rigueurs envers eux-mêmes. Ignace riait de ses saillies, pressentant que l'esprit du jeune homme ne serait pas toujours si rebelle, et que tôt ou tard il le subjuguerait à sa doctrine. En attendant, il usa de tout ce qu'il avait d'art pour s'ancrer dans son affection. On raconte que Xavier ayant été chargé du cours fie philosophie au collège de Beauvais, Ignace, qui le savait glorieux, travailla son succès avec un zèle tout mondain. Il assista à ses débuts, lui mena autant d'auditeurs qu'il put en recruter, et non-seulement affecta de vanter son mérite, mais fit en sorte que les autres parlassent bien de lui. C'est par de telles prévenances qu'il prépara la victoire qu'il ne tarda pas de remporter au péril de sa propre vie, car lorsqu'on sut qu'il avait converti Xavier, un ami de celui-ci faillit assassiner le convertisseur. Mais ce trait eut lieu lorsque ni l'un ni l'autre n'habitaient plus le collège'.

Le séjour d'Ignace à Sainte-Barbe n'est marqué chez les hagiographes que par deux incidents de peu d'importance. Une fois on lui fit faire une quarantaine de quelques jours hors de la maison , parce qu'ayant appris que la peste était dans un couvent, il y était allé exprès, et s'était imposé le devoir de toucher un malade. L'autre anecdote concerne une nouvelle explosion de mauvais propos qui eut lieu sur son compte au moment où il préparait son examen de bachelier.

Cette épreuve était précédée d'une cérémonie qu'on appelait « la prise de la pierre. » Nous avons cherché

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