Journal de l'Empire, n° du 27 décembre
cité à l'occasion d'une pièce de vers latins dont rend compte ce journal.
« M. Parmentier, élève de la Communauté de Sainte- Barbe, où j'ai fait mes études, a désiré que sa maison eût un conseil d'administration, composé d'anciens camarades. Je n'ai pas refusé d'en faire partie, parce que je prends et je dois prendre un véritable intérêt et à l'institution de M. Parmentier et à M. Parmentier lui-même. Mais cet intérêt ne me rendra injuste envers aucun établissement du même genre, et encore moins envers le vôtre, Monsieur, dont les élèves, ainsi que je me plais à le reconnaître, ont par leurs succès essentiellement contribué à la gloire du lycée Napoléon. Si donc, ce que je verrais avec peine, il s'élevait quelque difficulté entre M. Parmentier et vous, je vous prie de me regarder comme neutre^»
Par une autre lettre du même jour, M. de Wailly autorisa M. de Lanneau à rendre public son désaveu^; mais la conduite des choses n'était pas dans la tnain de M. de Wailly, et les regrets qu'il exprima n'empêchèrent pas les hostilités de se poursuivre.
Le Publiciste porta son coup après le Journal de rEmpire, et d'une manière encore plus brutale, car on y lisait entre autre amabilités : « Sainte-Barbe n'existe plus ; l'asyle de sa gloire antique est tombé. Sur les débris de ses murs, d'adroits étrangers sont
i. D'après l'original, du 29 décembre 1807.
2. a Vous pouvez dire à tout le monde et même écrire que je suis tout à fait étranger à cet article. » Cette seconde lettre, fondue avec la première, est imprimée dans le Journal de Paris du 2 janvier 1808, et dans le Publiciste du 4 janvier.
venus élever une nouvelle école, qui s'enrichit du nom de l'ancienne encore plus qu'elle ne s'en honore'.»
Ce fut ensuite le tour du Journal du soir^.
11 était impossible qu'une attaque si publique restât ignorée de la jeunesse, qu'elle concernait aussi. Malgré les précautions de M. de Lanneau pour tenir ses élèves en dehors du débat, ceux-ci apprirent de quelle provocation ils avaient été l'objet, et l'outrage infligé à leur cher collège. Un vengeur se leva parmi eux. Ce fut le jeune V'atout, alors élève de rhétorique. Facit indignatio versuni ; c'est en vers, et en vers latins, pour se mettre au diapason des agresseurs, que cet esprit aimable entreprit la défense d'un maître vénéré et de la Sainte-Barbe de la rue de Reims, la seule Sainte-Barbe, celle dont le nom reposait sur la double légitimité d'une transmission régulière , puisqu'elle avait été consentie par les ayants droit, et d'une possession honorable, glorieuse même, puisqu'il n'y avait qu'une voix sur la belle tenue de la maison.
Le poème de Vatout est dans la forme d'une apostrophe adressée par notre Sainte-Barbe à sa rivale :
Quae nova se nobis fallaci Barbara vultu Objicit ?
Qui étes-vous donc, dit-elle à ces hommes moroses ? Je crois vous reconnaître :
Dujii te, doctorum patrum venerande senatus, Aspicio, grandes agitantem in pectore curas, Agnosco genus ambiguum ingratosque nepoles.