‹ Histoire de Saint-BarbeChapitre 21 sur 110 · N°du 9 janvier · texte numérisé non relu

N°du 9 janvier

Et le discours continue par le ridicule déversé sur ceux qui prétendent mort ce qui a tant de vie, par l'éloge de l'homme qui a relevé les autels de la Sainte, par le contraste des litres qu'apporte le triste abbé Lingois, y compris même sa fameuse grammaire. La péroraison est un appel à la concorde.

Ces vers furent imprimés au commencement de l'année 1808'. Peu après il en parut, imprimée également, une imitation libre en vers français, qu'un condisciple de Vatout composa pour les dames qui avaient des enfants à Sainte-Barbe^

A la façon dont s'étaient exprimés les journaux dévoués aux dissidents, l'instruction était perdue en France, et rien n'avait été fait depuis que la Révolution avait tout détruit. La cause de notre collège était donc aussi celle de la jeune génération. Aussi l'émotion de la querelle s'étendit-elle hors des murs de Sainte-Barbe. On vit le lycée Impérial (Louis-le-Grand) fournir à nos barbistes un auxiliaire, dont le secours est pour eux un de leurs titres mémorables.

Ce nouveau cliaujpion était un élève sortant de rhétorique, disciple bien^aimé et admiré de Luce de Lancival,qui se faisait suppléer par lui durant ses fré-quentes indispositions. Cet écolier hors ligne est aujourd'hui M^ Villemain. H sut être impartial, quoi-

1 . Carmen in quo juvenis Sanctœ-Baibarx alumnus lacessitam patronam défendit. 1808. Une feuille in-4°, signée à la fin ': « Sic in signum grati memorisque animi canebat J. V. (Jean Vatout) Sanctae-Barbarae alumnus, recensque rhetorices auditor. »

2. Défense de Sainte-Barbe par elle-mênae. Une feuille in-4°, signée a P. L. P. (Pierre- Léonard Perry), élève de rhétorique de Sainte-Barbe. » De l'impriaierie de Colas.

qu'il eût eu M. Pai menlier pour maître dans le pensionnat de Planche, où il commença ses études. Avec son fin esprit il démêla quel sentiment guidait la plupart de ceux qui s'étaient laissé enrôler pour cette triste campagne; il vit de vieux écoliers qui se plaisaient à prolonger leur enfance, et voulaient vivre à quarante ans sur ce qu'ils avaient fait à quinze :

Barbicolae duri% proies aeterna parentis Defunctae, caesa redivivi a stirpe nepotes, Quid vos barbato rursum puerascere vultu, Quid vos oie juvat rursum vagire senili?

A ces éphèbes surannés le jeune poète oppose ceux de la nouvelle génération, non moins assidûment exercés à la facture des vers latins, et qui ne demandent qu'à devenir des hommes :

Ergone, barbicolae veteres, quos altéra versus Barbara protulerit latios •, ut civis et ultor Vatultus^ patriam latiis defenderit armis, Omnia nota parum, aut genti spernenda superbae? « Mirantesque nihil nisi quod Libitiua sacravit, » Nobis déesse manus, calamos animumque putastis? Multi sunt vates; ut vos, mihi crédite, multi Nunc pâtre Virgilio, Flacco pâtre, versificantur; NuUus at, exigua contractus laude, senescet Perpetuum. Multos nova formavere lycaea «^t cantare pares et respondere paratos; » Nullus at infanti semper balbutiet ore.

1. C'est ainsi que commençait la pièce composée par Lemaire pour le banquet de l'an IX :

Barbicolae duri (neque enlm suraus ante malorum Immemores), ô vos, tautis jactata procellis Pieridumsoboles, etc, "

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