‹ Histoire de Saint-BarbeChapitre 27 sur 110 · b novembre · texte numérisé non relu

b novembre

que ses classes intérieures étaient •de simples classes préparatoires, dont les élèves iraient au lycée aussitôt qu'ils seraient en état d'en suivre les cours. M. de Fonlanes, tant qu'il resta grand-maître, voulut bien se contenter de cette défaite. Il est certain que l'Université n'y perdait (jue les frais d'études, in)pôt qui ne figurait pas au budget , et dont elle se souciait médiocrement. La rétribution, qui avait bien plus d'importance a ses yeux, lui revenait tout entière, étant acquittée par les élèves de l'intérieur aussi bien que par ceux qui suivaient le lycée.

M. de Lanneau, étant parvenu à maintenir ses classes au-dessus de la septième , maintint à plus forte raison ses cours de français et de commerce ; mais il dut renoncer à la philosophie. Le cours cessa à la fin de Tannée scolaire 1808-1809; voici dans quelles circonstances :

La philosophie s'étant trouvée absente du plan d'études^ tracé par M. de Fontanes pour la nouvelle Université, Laromiguière réclama contre cet oubli. Dans une lettre admirable d'esprit et d'éloquence, il prouva qu'abandonner l'étude de la philosophie, c'était préparer l'affaiblissement inévitable de la pensée et la stérilité prochaine de la science. Ses raisons impressionnèrent vivement les membres du Conseil. On raconte que dans une discussion qui eut lieu à ce sujet, quelqu'un allégua l'exemple du cours de Sainte- Barbe. Le chancelier de l'Université voulut voir de ses yeux ce que c'était que ce cours.

Le chancelier de l'Université était le baron de Villaret, évéque de Casai. 11 vint, sans se faire annoncer, à l'exercice des thèses de 1809. C'était le jour où l'on

DE SAIME-BARBE. 97

reçut à Paris les bulletins de la bataille de Wagram. Le jeune Scribe argumentait contre Laromiguière en personne. Scribe, qui se montra dès son enfance tel qu'il ne cessa jamais d'être dauS tout le cours de sa vie, un esprit ferme et prompt à se retourner en face des circonstances , Scribe se tira d'affaire de façon à rendre décisive l'expérience qu'était venu faire le prélat. Il trouva même le moyen d'introduire dans l'un de ses raisonnements une louange fort bien tournée pour l'hommage public que le noble visiteur rendait à la science. M. de Villaret témoigna la satisfaction la plus vive : son rapport à l'Université fut qu'il fallait absolument transporter dans les lycées l'enseignement de Sainte-Barbe.

Au commencement de l'année scolaire 1809-1810, M. Maugras se trouvait inscrit comme professeur de philosophie sur les cadres du lycée Impérial. Il porta dans cet établissement sa méthode, son programme et jusqu'à l'usage des thèses publiques. Son départ ne fut pourtant point une rupture avec notre collège. Jusqu'aux derniers temps de sa vie, ce vieux professeur y fit des conférences, où il répéta ses propres leçons; cardes la première année de son passage au lycée, M. de Lanneau obtint d'envoyer à sa classe les élèves en philosophie de Sainte-Barbe, quoique Sainte-Barbe fût encore dans la dépendance du lycée Napoléon. Nos jeunes barbistes, recevant ainsi double façon du même maître de philosophie, devinrent imperturbables sur les matières du cours. Tant que fut maintenue l'épreuve des thèses, ils en portèrent presque tout le poids. Vavin, dont la maison porte le deuil encore récent, figurait à celle de 1810 ,

et le principal tenant de la même joute fut M. Joseph Beinard, député du Var après 1830, aujourd'hui conservateur à la bibliothèque Sainte-Geneviève. La dernière soutenance eut lieu en 1814. M. Maiigras essaya de remplacer cet exercice par un autre. Dans la cérémonie de la dislrijjution des prix de 1816 au lycée, redevenu Collège royal de Louis-le-Grand, il fit introduire la discussion d'un thème moral entre deux de ses élèves, et c'est encore à deux barbistes, Xavier Maugras, son neveu, et Partarrieu-Lafosse, qu'il confia les rôles. Cela ne fut pas recommencé.

Revenons à M. de Villaret. Sa visite de 1809 ne fut pas la première dont il lionora le Collège. Avant de se présenter comme grand dignitaire de l'Université, il y était venu comme pontife. C'est lui qui célébra le salut dans la chapelle de Sainte-Barbe, pour la fêle du 4 décembre 1808 II avait été fort question de ce modeste sanctuaire à propos d'un service qui y fut célébré, le 6 juillet précédent, en l'bonneur du défunt cardinal de Belloy, archevêque de Paris. La cérémonie fut très-belle, M. de Lanneau ayant voulu n'y rien épargner, pour témoigner son regiet d'un pasteur qui avait été plein de bonté à l'égard de sa maison et de lui-même, lly eutjusqu'àuneoraison funèbre', laquelle, imprimée et répandue dans le public, fut louée comme l'une des meilleures qu'eût inspirées la circonstance^

i. Eloge funèbre de monseigneur le cardinal de Belloy, arche- •vcque de Paris, prononcé dans l'oratoire de la maison de Sainte- Barbe, lors du service célébré pour Son Eniinence, le samedi 6 juillet 4 808, par Tabbé Siret, vicaire à Saint-Merry. — Irî-8'' Paris, Périsse et Compère.

Page 1