Journal des Débats du 18 mai
DE SAIME-BARBE. I5-
prospectus ne pouvait pas servir pour l'usage ordinaire. Messieurs de la rue des Postes la simplifièrent en se disant Xouvelle maison cle Sainte-Barbe^ et c'est comme directeur de la nouvelle maison de Sainte-Barbe que l'abbé Cottret signa sa correspondance. Il y eut ainsi deux Sainte-Barbe à Paris. M. de Lanneau ne tarda pas à s'en apercevoir par les notes à payer de l'abbé Cottret qui furent présentées à sa comptabilité, par les visites de parents qui vinrent demander rue de Reims des enfants dont on n'avait jamais entendu parler. Une réclamation, fondée à la fois sur les inconvénients d'une pareille confusion et sur la décision rendue en 1808, fut envoyée par M. Adam à la Commission de l'Instruction publique'.
La Commission de Tlnstruction publique avait toujours pour président Royer-Collard, qui, sans avoir de tendresse pour notre Sainte-Barbe, n'était pas non plus son ennemi. Nous tenons de bonne source que l'illustre philosophe, lorsqu'il étudiait en droit, passa plusieurs années de sa jeunesse au collège de Reims, dans le voisinage du nôtre, dont les affaires en ce temps-là ne lui étaient point indifférentes, à cause des souvenirs de famille qui s'attachaient pour lui à cette maison. Il savait à quoi s en tenir sur l'immaculée Communauté; il savait aussi ce que valait M. de Lanneau, pour l'avoir vu opérer dans l'Université impériale. D'ailleurs, comme dans toutes les questions il allait au fond des choses, il n'était pas disposé à admettre qu'un nom de lieu fût transporté par la fantaisie de