Lettre du 15 septembre
La rue des Postes fut donc vaincue en 1 8 1 8, comme elle l'avait été en 1808. Il est à croire qu'elle ne serait plus revenue à la charge, si Royer-Collard fut reste à l'Instruction publique et l'abbé Nicolle en Russie. Mais le cours des événements fit que Royer-CoUard abandonna la direction de l'Université pour se livrer entièrement à la politique, et que l'abbé Nicolle eut avec l'archimandrite et les popes d'Odessa une querelle qui le ramena en France pour toujours.
On raconte que le clergé russe , jaloux de l'ascendant que le directeur du lycée Richelieu avait pris sur les mères de ses élèves, l'accusa de faire de la propagande catholique. Celui-ci courut à Saint-Pétersbourg pour se justifier. Il ne réussit pas ; une rupture s'ensuivit.
De retour à Paris en 1820, il n'eut qu'à s'élever sur l'échelle que lui tendit le duc de Richelieu, On lui offrit d'être évéque : il aima mieux siéger dans la Commission de l'Instruction publique, alors transformée en Conseil royal. Bientôt une ordonnance célèbre, rendue à sa suggestion, constitua à Paris un rectorat dont les attributions immenses furent remises en ses mains \
Nous n'avons point à nous étendre ici sur l'usage qu'il fit de sa -puissance pour la direction générale de l'enseignement. La fermeture du 'cours de M. Cousin à la Faculté des lettres , la suppression de l'Ecole normale, l'ancienne agrégation rétablie, mais avec des démarcations et des sujétions qui annulaient l'indépendance des professeurs, le programme des études