Promulguée le 19 juillet suivant
par laquelle sera ,modifiée la première *. Trois ou quatre arrêtés préfectoraux, qui ont été rendus dans l'intervalle, ne sont point à compter.
Voici en deux mots ce qui eut lieu. La nouvelle bibliothèque prenant la plus grande partie de la rue Jean-Hubert, ainsi qu'une maison sur cette rue, qui appartenait à Sainte-Barbe, comme dédommagement pour celle-ci, on supprima la rue des Cholets, dont on lui abandonna la moitié ; on lui permit de s'adosser à un arrière-corps de la bibliothèque; on lui accorda enfin la faculté de pousser jusque sur la place du Panthéon un corps de logis dans lequel serait étabhe son entrée principale. Ce dernier bâtiment fut élevé en 1845 par M. Théodore Labrouste, qui en dessina la façade de manière à la mettre en harmonie avec celle de la bibliothèque , ouvrage de son frère, M. Henri Labrouste. Sur une plaque de marbre noir, dans le tympan de la porte , est gravé en lettres d'or le nom de Sainte-Barbe, et au-dessus du cintre, un écusson porte les trois dates qui résument les destinées de l'établissement, U60, 1798, 1841.
En 1 846 on démolit l'ancienne et la nouvelle chapelle, ainsi que les bâtiments élevés par Robert Dugast sur le fonds de Jean Hubert. Ceux-ci , comme on l'a déjà expliqué plusieurs fois, tombaient perpendiculairement à la rue de Reims, et se terminaient par une tour pentagone, adossée au mur de pignon du côté de Montaigu. On n'a pas oublié l'inscription que Robert Dugast fit graver sur cette tour, lors de sa
-1. Loi du 2 juillet d844. Bulletin des lois, n" '1107 (5 juillet
DE SAINTE-BARBE. 2b3
construction en '1553\ De nouveaux documents nous ont depuis révélé que l'orgueilleux docteur, afin d'attirer de loin les regards sur son collège, avait fait édifier au sommet un campanile en charpente, qui dominait le quartier. 11 appelait cela le Donjon de Sainte-Barbe'.
Avant d'aller rejoindre dans le néant son donjon abattu depuis près de deux siècles, la tour reçut la visite d'un vénérable grand-oncle de trois jeunes barbistes alors sur les bancs, M. Benoist de Plailly, maire du village de ce nom, sorti de l'ancienne Communauté en 1 778, et l'un des premiers actionnaires de la Société de 1 841 . Le vieillard grimpa lestement les cinq étages de l'escalier, et montra avec émotion la cbambrette d'où, soixante-cinq ans auparavant, étant élève de philosophie, il avait vu bâtir la coupole du Panthéon.
A la place des maisons de Robert Dugast, on construisit une galerie couverte, qui met en communication les nouvelles constructions du sud et du nord. Au milieu est engagé un petit arc de triomphe, garni en dedans de plaques de marbre pour inscrire les noms glorieux du Collège.
L'année suivante vit s'élever un nouveau corps de logis à l'ouest, sur la partie de la ci-devant rue des Cholets, cédée à Sainte-Barbe. Là furent placés le parloir, les réfectoires, et la chapelle au premier étage. Celle-ci est disposée avec élégance, munie d'un bas côté et éclairée par une coupole au-dessus du sanctuaire. Le talent de plusieurs barbistes a été mis à
d. Tomel, p. 30o.
2, Archives de TEmpire, S. 6184, Rapport d'expert, du 28 novembre 1683.
contribution pour la décorer. M. AmauryDuval, avec le concours de M. Brunel, l'un de ses élèves, a couvert de grandes figures peintes le tambour de la coupole. On y voit Jésus-Clirist entouré des petits enfants. La frise au-dessus est remplie par ce verset de saint Jean : Hoc est prœceptum meum, ut diligatis invice m sicut dilexi uos. L'autel aura quelque jour une statue de sainte Barbe, promise par le barbiste Dumont, membre de l'institut.
La stalle du Directeur est disposée à l'entrée du cbœur, du côté de l'évangile. M. Labrouste y a fait inscrire les mots : Ego pj^o eis rogo. Un marteau de fer, dont elle est munie et qui sert à régler les mouvements de l'assistance, est celui dont Victor de Lanneau et son fils se servirent pour le même usage.
L'arcbevéque de Paris, Mgr Àffre, vint faire la consécration le 4 décembre 1847, assisté de deux grands vicaires, du curé de Saint-Etienne du Mont, et de l'abbé Marcelli, alors aumônier de la maison. Il fallut faire entrer le cortège par une fenêtre, parce qu'il n'y avait pas encore d'escalier pour monter à la chapelle. Moyennant de riches tentures, les apparences furent sauvées.
Nous avons rapporté précédemment un mot curieux, prononcé par le prélat dans la sacristie*. Ce n'est pas la seule marque qu'il donna de ses opinions. S'entretenant avec M. Vavin, qui lui fit tout le temps les honneurs au nom du Conseil , il critiqua comme favorable à l'ultramontanisme une récente ordonnance du roi, qui reconstituait le chapitre de Saint-Denis.
\. Tome I, p. 4 86.
Après les cérémonies d'usage et la célébration de l'office, Mgr Affre visita l'établissennent. Deux rhétoriciens, Edmond Villetard et Léon Gauthiez, lui présentèrent une ode de leur façon, sur le rhythme employé par Horace pour chanter la fontaine de Banduse :
Qui nunc ingrederis limina non prius Ori visatuo, te, pater optlme,
Grata voce salutat
Omnis barbicolum domus.
Ils déploraient ensuite le temps , heureusement passé, où, leur ancienne chapelle étant démolie, ils avaient eu à faire des courses continuelles pour assister aux offices ; ils rappelaient les titres historiques de la maison à la sollicitude du pasteur; enfin, s' autorisant de l'exemple de Pie IX, qui venait d'octroyer la liberté aux Romains, ils demandaient l'objet éternel des désirs de l'écolier, un jour de congé en sus de celui de la Sainte-Barbe'.
L'archevêque accorda le congé, et dit adieu à ces enfants, en leur promettant de venir les revoir. Mais il ne lui fut pas donné de tenir sa promesse. Six mois s'étaient à peine écoulés qu'il tomba, frappé à mort, sur une barricade.
Sa mémoire est conservée d'une manière particulière au Collège, non-seulement parce qu'il a consacré la chapelle, mais parce qu'il l'a dotée des prérogatives les plus étendues, à ce point qu'on y accomplit toutes les cérémonies qui ont lieu dans les paroisses : ainsi on y fait la première communion des élèves, on y baptise, on y marie. Pour les actes qui exigent enre-