COMMUNIONS (I
« L’on peut dire, s’écrie à ce sujet uq aRÇieq historien du Bienheureux, que rien n’avoit ét^ oublié pour rendre le triomphe fie $. fiépézpt fies plus éclatante et des plus magnifiques, Topt y répopdoit admirablement biep ; ce? embellissements, qu’on pvpit fi judicieusement mép?§^ d^ns toute l’église, les voûtes et les murajl|es qui étoient tapissées de haute lisse depuis l’en fiagt jusqu’en bas; cette variété, ce rare mélange qu’on voyoit sur l’autel d’une infinité fie bassins, de plaques, fie vases et fi’aptres pièces d’argçn? terie et de vermeil, fesojent un merveilleux effet, Mais pette économie, qui paraissojt parmi plus de deux cents chandeliers fi’argent placés sqr guqorzp degrés qui se terqfiipoient en pyrqmidej
(1) Véras. Recueil des épitaphes et inscriptions des églises
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soutenoit sur la cime deux anges de vermeil qui portoient le saint sacrement, n'attiroit pas moins l’admiration de tout le monde. A chaque côté de l’autel, il y avoit aussi une pyramide relevée par de petits degrés qui répondoit à celle du milieu, et le fond de toute sa magnifique décoration, qui était doré, rehaussait fort la clarté que répandoient un si grand nombre de flambeaux et d’autres lumières, quelle rendoit un jour aussi agréable que celui du soleil qu’on avait caché de toute part. »
Le saint corps fut déposé dans la première nef à droite, celle qui avait été fondée par le duc Louis d’Orléans et que le cardinal Jean de Cordis, archevêque de Bourges, avait consacrée en 1473. Au milieu de cette nef, à la troisième travée, immédiatement avant le transept, on avait bâti une espèce de rotondeà pilastres et entablements corinthiens, au centre de laquelle s’élevait une
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châsse en bois magnifiquement sculptée et surmontée d’une belle statue du Bienheureux. La rotonde était fermée par une double grille de fer à trois serrures : une des clés fut remise à l’archevéque, une autre aux consuls de la ville, et une troisième au P. Prieur des Célestins (1).
La solennité et la pompe de cette translation ne servirent qû’à exciter davantage la dévotion des Avignonais envers S. Bénézet. L’administration consulaire, quelque temps après, le prit pour un des célestes protecteurs de la cité, en faisant mettre sur la tour du beffroi de l’hôtel-de-ville son image à côté de celles de S. Agricol, du B. Pierre de Luxembourg et de S. Magne.
(1) Quant à l’hôpital Saint-Bénéaet, il ne put plus recevoir les pauvres malades, vu que le passage du pont était devenu impossible par la rupture des arches : on y reçut alors les malades atteints de scrofules. En 1679, le pape Innocent XI lui unit l’hôpital Saint-Lazare des lépreux et celui de Saint-Roeh dee pestiférés. À l’époque de la révolution, il fut supprimé et vendu ; son prix de vente et ses revenus passèrent à l’hôpital Sainte-Marthe.