HO HISTOIRE
Mais cr n’était pas à Avignon seulement que )q culte de ce grand serviteur de Pieu était eu bon-* neur, Pans tout le Goiptat Venaissin ou l’invon qualt d’une manière toute spéciale ; dans les paroisses de Provence et de Languedoc, riveraines du Rhône, on recourait à son intercession pour être délivré des inondations et des dangers que l’on pouvait courir sur le fleuve ; à Viviers et à Vienne, on célébrait chaque année sa fêle ; le Vij- Jar<L sa patrie, l’avait chojsi pour son premier et principal patron ; et, à quatre lieues de Nîme^ pré? d’Aigfemont, un petit village qui portait son npm Bïnézet del QueironJ , s’était aussi placé sous sa protection puissante.
Malheureusement, à la fin du dernier siècle » l’intolérance révolutionnaire fit cesser en un jour les hommages que depuis six cents ans les peuples rendaient à la glorieuse mémoire «du bienheureux Berger. Le vandalisme des septembrî-
saurs, qui ayait osé déjà porter le marteau dévastateur sur le tabernacle du Dieu vivant, ne recula point devant le monument que la piété et la reconnaissance d’une ville tout entière avaient élevé en l’honneur du Saint.
Ses reliques vénérées furent, au moment de la suppression des religieux et de leurs monastère», transportées du couvent des Célestins dans l'église paroissiale et précédemment collégiale de Saint- Didier, par l’abbé Meynet, qui, grâce à son serment constitutionnel, était devenu curé de la paroisse. Gette translation impie se fit sur le soir, à là lueur des lanternes; Meynet la présidait entouré de gens connus par leur irréligion. 11 laissa le saint corps, pendant la nuit, dans une espèce de chapelle ardente qu’il avait disposée sous les arceaux du cloître capitulaire de Saint-Didier, derrière le puits ; le lendemain, il le porta dans l'église et le plaça sous l'autel qui était dédié ; à S. filzéar d’Arian.
Mais les prêtres constitutionnels, qui s’étaient si indignement substitués aux prêtres fidèles, furent à leur tour chassés par cette révolution à laquelle ils avaient honteusement prostitué leur ministère et leur conscience ; ils durent abandonner les églises qu’ils avaient envahies : la patrie en avait besoin. L’église de Saint-Didier, vu l’insuffisance des prisons de la ville, fut changée en maison de détention ; on y entassa pêlemêle une foule de personnes de tout âge et de toute condition que la justice de l'époque destinait à la commission révolutionnaire d’Orange. Parmi ces prisonniers se trouvaient bon nombre de soldats réfractaires de la légion de la Corrèze, gens la plupart sans aveu et sans foi ; ces malheureux se précipitèrent un jour (juin 1793) sur la châsse du Saint ; ils l’ouvrirent et en tirèrent les saintes reliques qu’ils jetèrent par terre, en les faisant rouler dans toute la nef, en présence des détenus. Cependant, au milieu de tant de
DE SAINT BÊNÉZET.
profanateurs sacrilèges, se trouvaient des hommes pleins de foi et de dévotion, dont tout le crime était leur fidélité à la religion de leurs aïeux. Trompant la vigilance de leurs geôliers et profitant des ténèbres de la nuit, ces personnes pieuses parvinrent à soustraire presque en entier le corps du Bienheureux ; elles s’en partagèrent les débris qu’ils emportèrent au sein de leurs familles, lorsque la liberté leur eut été rendue. Depuis lors, les saintes reliques étaient dispersées de côté et d’autre, et l’église d’Avignon n'avait plus que le nom et le souvenir de Saint-Bénézet à offrir à la vénération des fidèles.
Bien des fois on essaya de recueillir ses ossements sacrés; mais toutes les démarches faites dans ce but restèrent sans résultat satisfaisant. En 1846, des hommes recommandables par leur piété s’occupèrent de nouveau de cette affaire ; après sept ans de recherches, ils sont parvenus à
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offrir b M gr Dpbelay, archevêque d’Avignon, des portions assez considérables de ces reliques pré-, pieuses pour piptivpr des informations canoniques. (Ces informations ont été couronnées d’un plein succès.
DE SÀJflï BpÉZET.