XXX INTRODUCTION
naçait chaque jour. Ne nous élevons donc pas, avec une grande partie de ses contemporains, contre cet acte conservatoire, ne blâmons pas l'activité qu'il déploya. En présence de tant de maux et de dangers qui menaçaient l'Europe, il ne put exilei" son âme ardente dans une profonde retraite; il se crut obligé, infatigable athlète de la foi, de lancer Louis le Jeune sur l'islamisme, et de lui procurer, par là , l'occasion de calmer les tourments d'une conscience troublée par le triste souvenir de l'incendie et du pillage de Vitry. Dans ce péril extrême, il s'adresse non -seulement à la noblesse française, mais il écrit encore, dans les termes suivants, aux peuples chrétiens de la Germanie :
«Voici, mes frères, un temps favorable, un « temps de grâce et de salut. — Le monde « chrétien est dans le trouble, la terre est ef- « frayée, car le Dieu du ciel a commencé à « peidre le pays où il s'était rendu visible, où « il avait conversé avec les hommes pendant « plus de trente ans ; un pays qu'il avait illustré « par ses miracles, consacré par son sang, vi- « vifié par les prémices de la résurrection. Et « maintenant cette terre de la promesse est