‹ Histoire de Saint Bernard et de son siècle, traduite de l'allemand, augmentée d'une introd., de notes historiques et critiquesChapitre 8 sur 31 · INTRODUCTION. XX.J · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XX.J

Bernard contre l'hérésie n'ont pas été soumises à d'assez miniilieuses inveslifijations, à des éludes assez laborieusement digérées. Où placer cependant, si ce n'est là, le point culminant dans la vie de l'homme dont nous nous occupons? Ne s'inspira-l-il pas dans ces luttes? ne faut -il pas v chercher la souice des attacpies sans nombre auxquelles il fut en butte de son vivant, et que quelques écrivains passionnés renouvelèrent après sa mort? Cette page est d'un haut intérêt; elle révèle les besoins du douzième siècle et ses tendances. Restieindre l'histoire sur ce point, présentait un grave inconvénient, celui de priver le lecteur des pièces d'une procédure portée en quelque sorte devant lui, partant, des moyens d'appréciation. M. INéander a senti l'inconvénient qu'offrait une semblable manière de procéder, aussi a-t-il abordé cette partie de son sujet avec autant de bonheur que de perspicacité et de franchise. Quelle que soit donc l'opinion à laquelle on appartienne, quelle que soit donc l'autorité religieuse devant laquelle on s'incline, on lira son livre avec autant de plaisir que de fruit.

Renouant la chaîne des temps , il nous a conduit des doctrines de Basilide, Valenlin ,

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Berdesane, Cerdon et Manès, à celles d'Abailard et d'Arnaud de Bresse, ce moine fougueux qui révolta la puissance séculière contre l'autorité des papes et de l'Eglise , et qui voulut rétablir, dans la capitale du christianisme, les lois de la domination païen ne ( r). Y aurait-il témérité à prétendre qu'en plaçant la question sur ce terrain , il nous a montié l'affinité des doctrines de ces divers chefs de secte avec la grande réformation religieuse et politique qui se produisit, avec tant d'éclat, au seizième siècle? Y aurait-il exagération à dire que cette réformation, qui, selon Hume, a seule fait marcher l'Anglelerie d'un progrès à un autre, qui, selon Lingard , n'a pu arrêter son développement, ne fut quele corollaii^e des longues luttes del'hérésie? D'après ce que nous avons vu, nous ne le pensons pas.

L'auteur' a divisé son livre en trois époques, comprenant la \ie domestique et monastique, politique et scientifique, et enfin la vie apostolique du saint. Toutes offrent de l'intérêt ; cependant , par les motifs que nous venons d'énoncer, nous aimons à nous arrêter princi-

(i) De Villefore, préface.

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