‹ Histoire de Saint BernardChapitre 12 sur 55 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Zèle de saint Bernard pour la réforme des mœurs cléricales et monastiques. — II dévoile les dérèglements de l'ordre de Cluny. — Conversion de Hombeline. — Mort de Gauldry.

Cependant le mal , dans toutes les institutions humaines , est à côté du bien ; l'un contribue à la manifestation de l'autre ; le bien , en ce monde, s'élabore dans le mal; et le mal s'accumule à mesure que le bien s'en sépare. De même que dans le travail digestif , le plus pur des aliments se dégage des substances grossières et se mêle à la vie pure, laissant à la terre ce qui est terrestre ; ainsi l'œuvre du christianisme , dans sa voie purgative , sépare les éléments divers qui entrent dans sa composition interne; et tandis que les âmes purifiées s'élèvent vers le ciel, le monde s'empare des formes vides et des corps sans esprit.

De là les vicissitudes des ordres monastiques et du clergé; de là les alternatives de gloire et d'abaissement de l'Eglise; de là encore la nécessité des rénovations périodiques qui changent la face des institutions religieuses et sociales.

Malgré les efforts prodigieux que, depuis Grégoire VIT, les souverains pontifes avaient tentés pour généraliser ce renouvellement , l'Eglise gémissait toujours sur des abus invétérés. La simonie déconsidérait le clergé; et l'ambition, la turbulence, les richesses accumulées depuis des siècles, avaient fait perdre aux anciens ordres religieux leur esprit de piété et leur splendeur spirituelle.

Nous l'avons déjà vu : l'ordre opulent de Cluny, dont les maisons se trouvaient partout , offrait dans le douzième siècle le spectacle de cette décadence ; et comme cet ordre était devenu en quelque sorte la pépinière des prélats et des grands dignitaires de l'Eglise, le luxe accompagnait les moines jusque sur le trône épiscopal.

Un tel état de choses excitait depuis longtemps les murmures du peuple et le zèle des hommes de bien. Mais les tentatives d'une réforme échouaient contre la puissance de ceux qui ne voulaient point l'opérer , de crainte d'être obligés de

la subir. 11 en résulla une riincsle oslcnlalion do richesses et de passions qui semblaient prévaloir dans l'Eglise, tandis que les humbles vertus restèrent ignorées et devinrent même un objet de sarcasmes pour les moines dégénérés.

Saint Uernard avait déjà , dans plusieurs occasions, élevé sa voix puissante pour le rétablissement de l'antique discipline. Tantôt avec un esprit de douceur, tantôt avec le fouet d'une implacable sévérité, il poursuivait, menaçait, pressait, conjurait ceux dont l'inconduite était notoire; et déjà il avait obtenu des succès partiels, des réformes locales et certaines conversions qui présageaient une régénération plus vaste. Cependant l'ordre de Cluny , pour lequel l'odeur de sainteté des moines de Clairvaux était une odeur de mort, faisait une sourde guerre à saint Bernard, et répandait contre lui et les siens les accusations les plus étranges. Ces accusations n'étaient point approuvées par le nouvel abbé de Cluny, Pierre le Vénérable; mais celui-ci , bien qu'il fût l'ami de saint Bernard, ne put empêcher une scission jmblique devenue inévitable. Une circonstance particulière la tu éclater, et força l'abbé de Clairvaux de dévoiler, à la face de toute l'Eglise, les turpitudes de ceux de Cluny. Il le fit avec un courage qui étonna d'autant plus que jusqu'alors personne n'avait osé attaquer de front un ordre dont l'autorité était redoutable.

La défection de deux moines qui avaient quitté Clairvaux pour s'aftilier à Cluny, fournit à ce dernier ordre l'occasion d'exhaler de noires calomnies ; ils accusèrent ceux de Clairvaux de se conduire en pharisiens plutôt qu'en vrais chrétiens, de rendre impraticable la règle de saint Benoît, de traiter avec orgueil les religieux des anciens ordres. Saint Bernard, vivement sollicité par Guillaume de Saint-Thierry, prit donc le parti de mettre cette atfaire à jour. 11 publia sa réponse et l'adressa à ce môme Guillaume , sous le litre d' Apologie *.

Cet ouvrage contient une si vive peinture des mœurs du siècle, que nous croyons devoir en extraire ici les passages les plus saillants.

Saint Bernrrd commence par disculper ses religieux des reproches dont on les accablait.

* Apologiam ad quemdam iimicuni nostruni.

tt Que nous servirait , dit-il , d'êlre austères dans noire » manière de vivre , simples dans nos habits, mortifiés par » le travail des mains, par les jeûnes et les veilles, si , par » une vanité pharisaique, nous méprisions les aulres?... A » moins peut-être que nous ne fassions nos œuvres pour être î> vus des hommes! Mais le Sauveur dit que ceux-là reçoi- » vent leur récompense en ce monde. Ah ! si nous espérions » seulement en Jésus-Christ durant cette vie, comme dit » saint Paul , ne serions-nous pas les plus misérables de » tous les hommes? Et n'est-ce pas espérer en Jésus-Christ » pour cette vie seulement que de ne chercher qu'une » gloire temporelle dans le service de Jésus-Christ ? Nous » sommes bien malheureux si, nous donnant tant de peine » pour n'être pas comme les autres hommes , nous nous )> mettons en état de recevoir une moindre récompense ; ou » plutôt, de recevoir de plus grands châtiments que les » autres. Ne pouvions-nous donc point trouver de voie plus » douce qui nous menât en enfer , que d'y aller parmi les » épines et les croix de la pénitence?... Malheur, oui mal- » heur aux pauvres qui sont orgueilleux, à ceux qui portent » la croix de Jésus-Christ et qui ne suivent pas Jésus-Christ; » à ceux qui participent à ses souffrances et n'imitent point » son humilité. ..'Et cette humilité , ils la perdent quand ils » médisent de leurs frères ; parce qu'ils s'élèvent dans leur » propre estime , et perdent la charité en rabaissant les » autres *. »

Il signale ensuite les principaux désordres des monastères dégénérés, et les nombreuses infractions de l'ancienne discipline ^.

« ...Comment des abus si criants ont-ils pu se glisser dans » les monastères! Comment se fait-il que parmi les religieux >) on ti ouve une si déplorable intempérance dans la nourri- » ture, un si excessif luxe dans les habits , les couvertures ^) de liîs , les équipages , les chevaux, la structure des bâ- » timents ? Et chose incroyable ! plus ces excès se font avec » conscience, avec volupté, avec abondance , plus on dit >» qu'il y a de l'ordre dans ces maisons , et que la religion » y est florissante ! L'économie y passe pour de l'avarice, la '> sobriété pour de la rusticité , le silence pour de la mélan-

* Apol. , cap. 1. — 2 Idem , cap. 7.

» colic : au contraire , le relâchement s'appelle discrétion , » la profnsion libcralilé; la IVcuiuence des cnlieliens y passe » pour de la civilité ; les risées et les railleries pour de la » gaieté... Et lorsqu'on se permet des choses superllues , on » dit qnc c'est de la charité ! Mais cette charité fausse dé- » truit la charité véritable; cette discrétion ruine la discré- ^> tion... Et en effet, qu'est-ce qu'une charité qui aime la » chair et néglige l'esprit ! Qu'est-ce qu'une discrétion qui V donne tout au corps , et rien à l'àme ?... Non , je le dis en- » core, ce n'est ni de la charité ni de la discrétion ; mais de /> l'imprudence, que de nourrir les passions et les sensualités » de la concupiscence , et de ne travailler point à cultiver » les vertus '. »

Saint Bernard entre ensuite dans plus de détails. « Qui aurait jamais cru dans les commencements de la vie » monastique , que la ferveur primitive eût dii tomber en » de tels relâchements? Oh ! quelle différence entre ces re- » ligieux et ceux du temps de saint Antoine ! Lorsqu'ils se » rendaient parfois des visites de charité , ils recevaient ré- » ciproqnement avec tant d'avidité le pain de l'âme, qu'ou- » bliant les nécessités du corps , ils passaient souvent des » journées entières sans manger. Celait assurément garder » l'ordre véritable que de donner les premiers soins à l'âme... » Mais aujourd'hui personne ne réclame, personne ne donne » le pain céleste. Il n'est plus question des Ecritures et du » salut des âmes ; les entretiens se passent en bagatelles ,

» en ris, en discours inutiles^

» Pendant que l'on traîne en longueur ces entretiens fri- » voles , les mets se succèdent ; et pour se dédommager de » l'abstinence de la viande , de grands corps de poissons pari raisscnl sur la lublc à doubles rangs ^. Etes-vous rassasié » des premiers , on vous présente les seconds ; et il ne vous » paraît plus que vous ayez goûté les précédents ; car l'a- )) dressedu cuisinier consiste à les assaisonner de telle sorte, » par des sauces diversi liées selon les espèces de poisson , » que les premiers n'empêchent pas qu'on ne mange des » autres ; de façon qu'après avoir dévoré quatre ou cinq

* Apol. , cap. H. — 2 Niijii Je Scriptiirîs, nlhil de salute agltur animarum; sed nugœ, et risus, et verba proferuutur in vcntum. — 3 Grandis pisciuin corpora duplicaiitur.

» plais , on est rempli , sans que la satiété ait diminué l'appétit ^..

» Les ragoûts toujours nouveaux séduisent le palais au » point que l'on recommence toujours comme si l'on était à » jeun. Le ventre , qui n'a pas d'yeux , ne voit pas qu'il se » charge , et la variété préserve du dégoût... Qui pourrait » dire seulement, pour ne point parler des autres choses , » en combien de façons on apprête les œufs? On les tourne, )) on les retourne, on les délaie, on les durcit, on les hache, » on les frit , on les rôtit , on les fricasse , on les farcit...

» Pour ce qui est de boire de l'eau pure , qu'en dirai-je , » puisqu'on n'en met pas même dans le vin ? Aussitôt que » nous sommes moines, nous sentons des faiblesses d'esto- » mac , et nous ne négligeons pas le conseil de l'apôlre sur » l'usage du vin ; mais nous oublions qu'il permet seulement » d'en boire un peu... En outre les jours de fête , on ne se » contente pas du vin naturel ; on achète des vins plus pré- » cieux, et on les préfère parce qu'ils viennent de l'étranger » et qu'ils sont mélangés avec des liqueurs et des poudres >> qui les rendent plus agréables au goût... »

Après avoir blâmé avec la même énergie le luxe des habits et les futiles inventions de l'oisiveté , il continue en ces termes ^ :

« Nous nous répandons au dehors ; et , laissant là les vé- » ritables et éternels biens du royaume de Dieu qui est en )> nous, nous cherchons hors de nous de vains amusements » et des apparences de consolations dans les choses passa- » gères ; et c'est ainsi que nous avons perdu non-seulemenl » l'esprit de notre ancienne piété , mais même la forme et » l'extérieur. Car nos habits, au lieu d'être des marques » d'humilité, servent de modèle au faste et au luxe. A peine » nos provinces fournissent-elles des étoffes assez riches à » notre gré. Le soldat et le moine partagent ensemble une » même pièce de drap, pour se faire, celui-là un habit de » guerre, l'autre un habit de cloître. Les plus illustres per- » sonnages, les rois eux-mêmes n'auraient point honte de » se vêtir des étoffes dont les religieux se servent aujour- » d'hui. Vous me direz peut-être que la religion n'est point

* Nec satietas minuat appetitum. — ^ Çgp. 10.

98 IIISTOIRE

» dans riiabit.niais clans le cœur. Cela est vrai... Mais ce qui » paraît au dehors, procède, selon l'Evangile, du dedans. » Lors donc que le cœur est vain, la vanité se montre au » dehors, et la mollesse de l'habit fait connaître la faiblesse » de l'esprit. On ne prendrait pas tant de. peine à orner le » corps si on s'appliquait plus sérieusement à orner l'àme » des verlus célestes...

» Mais ce qui me paraît plus étonnant encore, c'est de )) voir, après les menaces de l'Ecriture qui déclare Icspas- » teurs responsables de la perle des bicbis, c'est de voir, » dis-je , que les abbés ne laissent pas de souffrir ces désor- » dres. C'est peut-être, si j'ose parler ouvertement, que nul » ne reprend en autrui ce qu'il peut reprendre en soi- » même... Oui, je le dirai, et je parlerai hautement, quoi- » qu'on m'accuse de présomption. Comment la lumière du » monde s'cst-elle obscurcie? Comment le sel de la terre » s'est-il aftadi ? Ceux, dont la vie nous devait servir de » modèle, sont des exemples de faste et de vanité par leurs )) actions; et aveuglés eux-mêmes ils conduisent des aveu- » gles ! Car enfin , et je passe ici sous silence mille autres » choses, comment font-ils connaître l'humilité de leur pro- » fession, lorsqu'ils marchent avec tant de pompe et d'éclat; » lorsque le monde les voit environnés d'un cortège de va- » lets et d'un train qui suffirait à deux, évêques? J'ai vu moi- » même un de ces abbés qui avait plus de soixante chevaux » à sa suite : on les prendrait pour des souverains de pro- » vinces; mais certes point pour des conducteurs d'àmes! » Le saint continue à passer en revue les principaux abus qui flétrissaient de son temps les anciens monastères ; il indique des remèdes, et termine ainsi : .

« Je sais qu'en reprenant les dérèglements, j'otfense les )) personnes déréglées. Néanmoins il peut se faire que , par » la volonté de Dieu , plusieurs de ceux-là même que je )) crains d'avoir choqués, ne le soient pas, et que ma fraii- » chise leur plaise. Mais pour cela , il faut qu'ils cessent » d'être ce qu'ils étaient... Enfin je loue et relève publiquc- » ment ce qu'il y a de louable dans notre ordre. Que s'il » y a des choses dignes de correction, je vous les signale, )> à vous et à mes autres amis, afin qu'elles soient refor- * mées. Ce n'est pas là l'ofiice d'un détracteur; c'est au

» contraire vous attirer au bien : Hoc non csi delraciio , sed » aUraclïo *. »

On conçoit quelles clameurs cette publication dut soulever. C'était, pour ainsi dire, attaquer le monde entier, rapporte l'annaliste ^, que de s'en prendre à ces moines dont le nombre cgala'il une armée immense; et il fallait que saint Bernard eût la conscience de sa mission pour les affronter, sans craindre de blesser ni ses amis, ni ses ennemis. En effet, la courageuse initiative du saint abbé de Clairvaux eut un succès inattendu ; il persuada à tous qu'il était suscité particulièrement pour rendre à l'état monastique sa pureté primitive et pour purger l'Eglise des vices qui la ternissaient. Peu de temps après ce manifeste, ainsi que le constatent les annales d'Orderic, les abbés de Cluny se réunirent en assemblée générale , à l'effet d'aviser aux moyens de corriger les vices et de remédier aux maux; de nombreuses conversions, dont nous aurons à parler plus tard, suivirent ces mesures efficaces.

Il y avait d'ailleurs dans les maisons de Cluny beaucoup d'âmes pieuses qui approuvaient les efforts de saint Bernard, et confirmaient hautement ses assertions. Celui qui se trouvait alors à la tète de l'ordre, Pierre le Vénérable, déplorait lui-même trop vivement l'étendue du mal , pour se formaliser de la franchise de Bernard. Aussi, et on aime à constater ces actes édifiants de l'esprit chrétien , au plus fort des démêlés de Cluny et de Clairvaux, les deux chefs de ces ordres , dignes l'un de l'autre par la noblesse de leur cœur se montrèrent constamment unis par la plus affectueuse amitié. Dans le temps même où les récriminatioi s étaient les plus violentes , ils s'écrivaient pour se consoler de leurs peines; et l'on pourra juger à quel point ces deux grands hommes s'aimaient, par le passage suivant d'une lettre de Pieri-e le Vénérable : « S'il m'était permis , mon » cher Bernard , et si Dieu le voulait , j'aimerais mieux vous » être uni par les liens les plus forts que de régner sur » l'univers; car ne doit-on pas préférer à tous les biens de » la terre le bonheur de demeurer avec vous? Non-seule- » ment les hommes, mais les anges en feraient leurs déli- » ces... En fait de lettres, je n'en ai jamais reçu de plus * Cap. 12. — 2 Henriquez, Ann. Cist. 1121.

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)) agréable que celle que vous venez de m'écrirc. Silôl qu'on » nie l'a remise, mon cœur l'ut saisi; et quoiqu'il se sentît » animé déjà d'une grande ardcuir pour vous, il devint » encore plus cliaud, à la lecture de celle lettre d'où vo- » laient dans mon cuuir les vives étincelles du vôtre *... »

Ces choses se passèrent vers l'année 1124.

Mais avant de poursuivre le cours du temps, disons encore deux faits qui regardent la vie intime de saint Bernard. On n'a pas oublié Ilondjclinc, sa sœur, qui vivait dans les pompes du siècle, au milieu des vanités et des plaisirs. Cette noble dame, au bruit, de la réputation de son frère, vint un jour en grand équipage pour lui rendre visite. Elle s'arrête à la porte du monastère , et demande à parler au révérend abbé de Clairvaux. Celui-ci, abhorrant le luxe (jn'elle étalait dans son équipage, ne peut se résoudre à la voir; et ses frères, à son exemple, refusent de la recevoir. Aloi's Ilondjelinc , touchée au vif, exhale hautement sa douleur : « Je sais que je suis une pécheresse, s'écrie-t-elle en » fondant en larmes; je sais que je suis une pécheresse; mais n Jésus-Christ n'est-il pas mort pour les personnes qui me » ressembhint? Si mon frère méprise ma chair, que le servi- » teur de Dieu ne méprise pas mon âme. Qu'il vienne , qu'il » ordonne, qu'il commande! et je lui obéirai , et je ferai ce » qu'il me dira ^ ! d

A ces louchanlcs exclamations, la porte du monastère s'ouvre, et saint Bernard se présente, accompagné de ses frères. 11 eut avec Ilombeline un entrelien grave, la reconcilia avec Dieu , et lui donna pour règle de vie la règle que sa mère elle-même avait gardée durant le maiiage. Ilombeline , saisie de respect et pleine d'allégresse, s'en retourna toute changée par la puissance de la grâce; et, dans la suite, se trouvant dégagée des liens du mariage, elle prit \v, voile religieux et mourut en odeur de sainteté •^.

Celte convci'sion, selon le témoignage des historiens, causa une sensation vive parmi les dames du monde, et ser-

* Petr. Clun. Eplst. XXIX. Voy. Mabillon , Ami., lit). LXVIII , p. 931. — 2 Veniat, praeciplat ; qiiicquicl pricccpeiit , facere paiata sum. (Giiill., cap. 7, n. 30). — 3 Vit. 2- S. Bern. , uuctore Alano. (Cap. 7, p. 1261). Elle avait été mariée, selon (juclques auteurs, au frère île la cUichesse île Lorraine. (Voy. Ann. Cist. , toni. 1 , p. 140, n. 1 , 2). Le jour de sa mort est menliomié dans le niénolose de Cîteaux, à la date du 21 août 1141.

vit d'exemple à plusieurs d'entre elles. Mais la juie qu'en éprouva saint Bernard fut atténuée par la perte de Gauldry, son oncle, le premier de ses compagnons, qui mourut eu cette même année à Clairvaux. Les circonstances de sa mort offrent des particularités intéressantes. Nous laisserons parler un auteur contemporain.

« Après que Gauldry eut vécu quelques années dans Clairvaux avec une grande ferveur d'esprit et un zèle ardent pour la pratique de toutes sortes de vertus, il passa de cette vie à une plus heureuse. 3Iais environ une heure avant sa mort, il fut subitement troublé; il frémit, et tout son corps s'agita d'une manière effrayante. Après cela , il redevint calme et mourut doucement avec un visage serein et tranquille.

» Cependant le Seigneur ne voulut pas que le saint abbé, qui était en peine de cet accident, ignorât quel en avait été le sujet. Gauldry lui apparut la nuit en songe, et lorsqu'il rinleri'ogea touchant l'état où il se trouvait, il lui répondit qu'il était parfaitement heureux. Et le saint lui demandant quelle avait été la cause de cette horrible agitation avant sa mort, Gauldry lui répondit qu'en ce même moment deux démons l'avaient voulu précipiter dans une espèce de puits d'une épouvantable profondeur; mais que saint Pierre étant venu à son secours, les démons avaient quitté prise, et que depuis lors il n'avait plus ressenti aucun trouble '. »

Les apparitions de religieux , après leur mort , n'étaient point rares, et l'histoire de Cîteaux en rapporte de nomhrevLX exemples sur lesquels nous aurons peut-être l'occasion de revenir '.

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