‹ Histoire de Saint BernardChapitre 42 sur 55 · TÉMOIGNAGES D2S ÉVÈQUES, ABBÉS, DOCTEURS EN THÉOLOGIE, ETC · texte numérisé non relu

TÉMOIGNAGES D2S ÉVÈQUES, ABBÉS, DOCTEURS EN THÉOLOGIE, ETC

Pierre, abbé de Saint-Rcmy à Reims, puis évêque de Chartres (ann. 1 1 GO), combat un auteur anglais qui reprochait à saint Bernard de s'èlre prononcé contre la fête de l'iaimaculée conception de Marie. Il s'exprime ainsi : <■ Qui oserait mettre en doute la sainteté de Bernard, sa piété, ses mérites? Quisuis-je poiu' oser le justifier ? Su \ie , sa renommée, ses oeuvres, ses écrits , ses miracles, sa foi , son espérance, sa charité , sa chasteté , son abstinence, sa mortification , ses paroles , son \isage , ses gestes , toute l'attitude de son corps, tor.t en un mot rendait témoignage à sa sainteté... Il fut le disciple bien-aimé du Seigneur en l'honneur duquel il a construit, pas seulement une seule basilique, mais toutes les basiliques de l'ordre de Cîteaux... Si donc tu oses toucher la pupille r]3 l'œil de Notre-Dame , écris contre Bernard... » (lib. 6 , ei)ist. ult.).

GuiUci.v'.s évêque de Paris (ann. 1230), dit entre autres , dans son panégyrique ù'j saint Bernard : « Il a vécu dans la plus haute perfection ; il a enseigné av30 une grâce eminente; il s'est signalé par les plus illustres miracles. Sa sagesse ne procédait point de l'instruction humaine , mais de l'inspiration divine... De même que Dieu révéla ses mystères à Moïse , dont le front rayonnait nne clarté si vive que les enfants d'Israël ne ptirent le regarder : ainsi Bernard, initié dans les secrets du ciel, éclaira toute l'Eglise ù'iuie lumière céleste... •

Théohald, évêque. « Bernard a jeté un tel éclat par ses vertus et sa doctrine , qu'on ne saurait rien comparer à son génie, à ses mœurs, à ses paroles, à son éloquence, à ses actions. C'est lui tpii , durant les jours do sa vie, confondait les hérétiques, rappelait les schismatiques , redressait les erreurs , réprimandait les puissants .. 0 Dieu , combien d'églises le souhaitaient voir assis sur leur siège épiscopul ! Mais la mitre et l'anneau n'excitaient pas plus son ambition que le râteau et le sarcloir. »

Pierre le l'énérable , abbé de Cluny (ann. 1 140), écrit à saint Bernard : c Si cela m'était permis, si la volonté divine ne s'y opposait, si l'homme avait le droit de disposer de sa vie, j'aimerais mieux demeurer près de vous et vous être attaché par un nœud indissoluble, que d'être au premier rang parmi le» mortels ou assis sur un trône, etc... »

Le P. Aquarira, vicaire-général de la compagnie de Jésus (ann. 1610), avait une dévotion particulière pour la sainte Vierge et pour saint Bernard; et dans ses doutes connue dans les diverses circonstances les plus graves do sa \ie, il obtint visiblement les elfets de leur assistance. (Voy. Joh. Bourgesio in lib. cui titul. Societas Jésus Mari<u deipariu sacra, cap. 4).

llrnri de liesse, docteur de l'université île Paris, qui fut plu» tard chaitreux , «'exprime ainsi dans un traité qu'il adresse ù Jacques , abbé d'Ebcibach , con-

tre les détracteurs de saint Bernard (l'*' partie, chap. 3) : t Où trouver un feu de dévotion, un ruisseau de componction, un stimulant à l'amour de Dieu aussi efficace que dans la vie et la doctrine du bienheureux père Bernard , abbé de Clairvaux , cet astre de l'Eglise qui étendit si prodigieusement l'ordre de Citamx , excita une si vive ardeur pour la vie monastique , exhorta à h vertu d"\me manière si pénétrante ?.. Que dire des nombreux et magnifiques dissours où il élève jusqu'aux nues la gloire de la bienheureuse Vierge Marie; où il loue sa pureté en termes sublimes, et proclame la gloire de sa vir;',iiiité sans tache? Ses doctrines font briller l'édifice de l'Eglise universelle de l'éclat des pierres précieuses; et l'élégance singulière de ses paroles la font resplendir avec magnificence. Quel langage soulève le voile mystérieux des Ecritures, dissipe les obscurités, détruit les doutes, comme celui de Bernard?... Aussi l'Eglise, notre sainte Mère , après avoir acquis la certitude des témoignages nondjreux qui sont requis pour la canonisation des saints, concernant les miracles, la doctrine et la vie du bienheureux abbé de Clairvaux , lui confère, avec les louanges les plus éclatantes, le titre de confesseur et de docteur, ordoiuie que les honneurs solennels lui soient rendus, et qu'il soit inscrit avec gloire au catalogue des saints, i

Jeaii Gerso7i, docteur et chancelier de l'université de Paris, dans un sermon sur saint Bernard , lui adresse cette allocution : n 0 bienheureux Bernard, vou» êtes , j'en ai la douce conviction , vous êtes dans la société de ces esprits de feu que l'Ecriture appelle Séraphins ! Je vous prie donc, je vous suj)plie , au nom de l'amour (jui vous embrase, de prendre un charbon ardent sur l'autel de celui dont le feu brûle dans Sion , et dont la fournaise est à Jérusalem , et de m'en toucher et de purifier mes lèvres , etc • Et vers la fin : o En réfléchissant aux circonstances qui ont contribué à faire de saint Bernard un foyer d'amour de Dieu, j'en trouve quatre principales , qui sont : l'amour qu'il eut pour sa mère, ses dispositions naturelles, sa bonne éducation et son goût pour la solitude. 1 Et plus bas : « Enfin on peut dire que toutes les circonstances favorisèrent saint Bernard, et contribuèrent à en faire un prophète et un thaumaturge. Parmi ses miracles, je mets au premier rang la conversion de ceux-là mêmes qui fuyaient de toutes leurs forces l'occasion de ss convertir. »

Louis de Grenade (liv. II de la Relig. chrét. , ch. 7) : « Il ne serait pas con- ■venable , dit-il , d'omettre, entre les nombreux et graves docteurs, le très-doux et très-saint Bernard, ([ui dut à sa profonde huuùlité et à son grand éloi"-nement pour la vaine gloire une grâce triomphante et le pouvoir de faire des miracles. On raconte de lui (ajoute-t-il au chap. 11), qu'au commencement de son p'iorieux noviciat , il était tellement ravi en esprit , qu'il avait perdu l'usage de ses sens... ; car le développement de sa vie spirituelle et le goût de la divine suavité , que l'amour de Dieu inspire , avait tellement absorbé la puissance de sou âme, qu'il n'avait plus de force que pour la contemplation des choses célestes. »

Denys le Chartreux , dans son premier sermon sur la fête de saint Bernard , lui donne ces louanges : a Le bienheureux Bernard reçut du Dieu tout-puissant et tout miséricordieux des grâces si abondantes, qu'on peut dire de lui en vérité ce que le Sauveur a dit de l'apôtre saint Paul : Vas blcctionis est mihiiste (Act. IX, 15), et ce qu'on lit dans l'Ecclésiastique, XLIV, "20 : « Non est inventas simili:! ilii : {Il ne s'en est pus Ironie un semblable à lui). Car, de son temps, il n'y a pas eu son égal dans le monile, et il fut véritablement l'apôtro de son époque. » Et dans le second sermon : « Bernard , l'élu de Dieu , le plus excellent docteur de tous les religieux, la lumière et la gloire des moines l'exeoiple et le miroir des fidèles, fut prévenu de si nombreuses et de si p^randes

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grâces, dniu; île vciUis si r'.rcs, oiiu'; de tant de dons extraordinaires, (lu'il n'y a pas ifespiit i:ii[iablo de les pénétrer, pas do lan[;ue, pas de discours ca- |>al)les de les révéler, de les louer di[;nemeut. • ,

Pierre Canisins, de la compagnie de Jésus (Mariai., lib. V, cap. 28), s'cx- ]>riuic ainsi : o Sous Lotliaire H et Conrad 111, llorissait Bernard de Clairvaus, lionime de la plus haute célébrité en France , en Allemagne , en Italie , nonseulement à cause <le sa doctrine divinement inspirée , mais aussi à cause de la sainteté de sa \ie, démontrée par les miracles les plus écliitants. Aucun moine , au dire de Luther lui-même , n'a jamais ni mieux écrit ni mieux vécu. »

Saint Louis do Gotizaguc, de la même couipai^nic , selon le rapport de l'historien de sa \ie (iib. 11, cap. 32), « n'omit jamais, pas même à son lit de mort , la lecture de saint Bernard. Ce saint docteur lui était si cher que, dans sd dernière maladie, il se faisait lire chaijue jour quehiue chose des sermons sur le Cautique des canti(iues. »

Concluons ces témoignajjes , auxquels nous aurions pu en ajouter beaucoup d'autres, par les divers jugements que les hérésiarques eux-mêmes ont été forcés de rendre à rilluslre docteur et père dtf l'Ejlise.

Luther dit ([u'il l'emporte sur tous les autres docteurs : Bcrnardns omîtes Ecck'siœ doclorcs vincit. Uucer l'appelle nu homme de Vieu ^. Jeanœcolampade le loue connue un théologien dont le raisonnement était plus exact que celui de tous les écrivains de son temps : Excellcbat Vernardus cxactiore judicio omîtes suœ œtatis viros. Calvin l'appelle un pieux et saint écrivain , par la bouche du(iuel la vérité parle elle-niêuie : Bernardus ahbas in libris de ConMeralione ita loquitur, ut rerilas ipsa loqui tideatur -. Enfin Daniel Meinsius (Orat. 3) demande ce qu'il y a de plus suaves (juc les écrits de Bernard? 0 11 me semble , dit-il , que les méditations de cet abbé sont un ruisseau du paradis , une ambroisie pour les âmes, un aliment angélique, la moelle de Ja piété, Quis siiavius Bernardo scribit'f ciijus ego meditationes reruin paradisi , ambrosiam unimarum , pabulnm anijclicum , incdullam piclalis , vocare soleo. ■>

Ces témoignages des hérésiarques ne sont-ils pas la condamnation la p!u3 éclatante de leurs doctrines si opposées à la doctrine de saint Bernard ?

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