‹ Histoire de Saint Charles Borromée, Cardinal, Archevêque de MilanChapitre 104 sur 169 · Chapitre trentième · texte numérisé non relu

Chapitre trentième

des difficultés insurmontables. Il faudra la commencer, sans avis préalable : une fois en chemin, la république laisserait faire; il est dans sa nature de ne point troubler, sans de graves raisons, les choses qui sont en cours d'exécution (*). »

Le saint profita de son passage pour faire quelque bien, donner des avis, corriger des abus. Il fit observer aux évêques de laVénétie que l'habit séculier n'était pas conforme à leur dignité, il leur rappela les ordonnances du concile de Trente ; le nonce lui-même, qui donnait ce mauvais exemple, profita de la leçon ; il écrivait quelque temps après à l'archevêque de Milan que ses vêtements laïques ne lui servaient plus (2). Le cardinal avait rencontré à Venise seize évêques, qui vivaient là, éloignés de leurs sièges épiscopaux. Il s'informa du motif de leur absence, puis il pria instamment le nonce de les rappeler à leurs obligations et de les renvoyer au milieu de leur troupeau. Craignant quelque faiblesse de la part de l'envoyé du saint siège, il avertit le pape, il nomme à Speciano tous ces évêques, en énumérant les motifs qu'ils allèguent pour ne pas observer la résidence. Ces raisons n'étaient pas toutes canoniques et le souverain pontife fit rentrer chacun de ces prélats dans son diocèse.

Notre saint réformateur trouvait ainsi le moyen de procurer partout la gloire de Dieu et de faire exécuter les décrets du concile de Trente. Le patriarche d'Aquilée était à Venise. « La célèbre controverse du Pallium, dit-il, ne lui permet pas de retourner dans son diocèse. C'est pourquoi il serait temps d'envoyer un

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