‹ Histoire de Saint Charles Borromée, Cardinal, Archevêque de MilanChapitre 118 sur 169 · Chapitre trente^ curième · texte numérisé non relu

Chapitre trente^ curième

date du 3 1 août, une lettre dont nous devons donner une analyse; tout en louant les bonnes intentions de l'archevêque, il fait des réserves sur l'ensemble de ses ordonnances. Il s'appuie sur l'Ecriture sainte pour dire que Dieu ne demande pas la perfection chrétienne à tous les hommes, que les chrétiens parfaits sont rares. Il part de ce principe pour établir que le cardinal exagère, que ses ordonnances sont trop sévères, enfin qu'il ne faut pas tant urger les choses. Pourquoi, ajoute-t-il, s'opposer à ce que les confréries des pénitents reçoivent un représentant du gouvernement dans leur assemblée? La présence de cet agent ne serait-elle pas une garantie d'ordre et de sécurité contre les hérétiques, qui environnent Milan et s'efforcent d'y pénétrer ? Il cherche à appuyer son opinion sur un texte de saint Jérôme, dans son apologie contre Rufin ; mais ce texte n'a aucun rapport avec la question. Le grand motif qu'il fait valoir pour justifier cette mesure, qui évidemment tenait au cœur de Philippe 1 1 et entrait dans ses habitudes inquisitoriales, c'est que l'archevêque ne sera pas toujours là. Le roi a certainement confiance en lui ; mais il veut se mettre en garde contre l'avenir, contre un successeur, qui n'aurait peut-être ni son esprit de foi, ni son zèle (*).

Le cardinal remercia le confesseur du roi de sa sincérité et il demanda la permission d'user de la même franchise dans sa réponse. Il ne s'était donc pas trompé, dit-il, en pensant qu'on avait fait à la Cour de Madrid de faux rapports sur les affaires de Milan. Quelquesuns croient que je veux obliger mes peuples à la perfection, en ne permettant pas les danses, les spectacles

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