‹ Histoire de Saint Charles Borromée, Cardinal, Archevêque de MilanChapitre 122 sur 169 · Chapitre trcnte^troisièmc · texte numérisé non relu

Chapitre trcnte^troisièmc

dans le gouvernement spirituel des églises si difficile et si dangereux ? un des principaux défauts de ce gouvernement, ce serait de ne pas voir ou de ne pas vouloir reconnaître l'existence de nos manquements. Ces réflexions me sont suggérées par une de vos lettres dans laquelle vous manifestez du mécontentement et de l'inquiétude, dans la crainte de voir diminuer la bonne opinion qu'on a de vous, quand on saura que dans une visite apostolique vous avez reçu l'ordre de faire faire un nouvel ornement pour votre église... Néanmoins, Votre Seigneurie, me semble-t-il, aurait dû plutôt montrer cette hâte et cette sollicitude pour me faire connaître qu'elle s'était déjà occupée d'avoir cet ornement et qu'elle était allée au-devant des autres ordonnances qu'elle n'ignore pas, quoique je n'aie pu encore les lui adresser officiellement. Cela eût beaucoup mieux valu que de se tourmenter et de s'inquiéter de ce que les hommes peuvent penser d'elle, à l'occasion d'une ordonnance aussi peu grave que celle de faire un nouvel ornement. Cet ornement, en admettant que vous l'ayez fait faire à l'occasion de votre prise de possession, comme le font tous les évêques, a pu s'user depuis tant d'années!...

« J'ai voulu dire tout cela à Votre Seigneurie avec la franchise que je lui dois, à tous les points de vue, et à laquelle m'oblige spirituellement la charité qui, par tant de liens, m'unit à elle. J'estime encore que ma charge de visiteur me fait un devoir de vous délivrer, autant que je le puis, des angoisses d'esprit, qui vous enlèvent la liberté et l'activité nécessaires pour dilater votre cœur et le remplir de la charité de Dieu et qui vous empêchent de vous employer, avec toute votre

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énergie et infatigablement, au soin des âmes qu'il a reconquises par le sang précieux de son Fils unique (T).» La visite du diocèse de Crémone achevée, le saint revint à Milan pour célébrer, au milieu de son peuple, la fête de la Nativité de la Sainte Vierge, patronne de son église cathédrale. Les solennités terminées, il procéda aussitôt à la visite du diocèse de Bergame. L'évêque, Frédéric Cornelio, avait été appelé à Venise par son frère Louis, cardinal de la sainte Eglise romaine, pour y traiter d'affaires très importantes. Là, il fut pris par la maladie et, dès le 18 août, il avait exprimé au cardinal Borromée la crainte de ne pouvoir se trouver à Bergame pour le recevoir. Mais son affection pour le saint fut plus forte que la fièvre qui le torturait; dès qu'il eut appris le départ de Milan de son métropolitain, il se mit en route pour Bergame. L'entrée de Charles fut triomphale, comme l'avaient prescrit les chefs de la république de Venise sous l'autorité de laquelle était le territoire de Bergame. Le cardinal Louis Cornelio, l'évêque, les magistrats, la population entière se portèrent à sa rencontre. Il plut à Dieu, en cette circonstance, de manifester par un miracle la sainteté de son serviteur. Plusieurs personnes du cortège virent sa tête entourée d'une auréole, de six palmes de largeur environ, qui lui faisait comme une couronne de lumière. Les témoins de cette merveille l'attestèrent, sous la foi du serment, et Grattarola,qui accompagnait le cardinal Borromée, en fait mention dans le livre qu'il a écrit sur sa canonisation.

Dans cette visite, il renouvela les prodiges de zèle et de vertu dont le diocèse de Crémone avait été le

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