‹ Histoire de Saint Charles Borromée, Cardinal, Archevêque de MilanChapitre 127 sur 169 · Lettre du 18 août. V. Oltrocchi, p, 530, note · texte numérisé non relu

Lettre du 18 août. V. Oltrocchi, p, 530, note

Les Droites apostoliques.

portée par le saint dans cette cérémonie fut telle que ses vêtements pontificaux étaient eux-mêmes entièrement baignés de sueur.

La piété de ces populations lui donna de si grandes consolations qu'il s'en souvint toujours; plus tard il n'hésita point à appuyer auprès du souverain pontife la demande qu'elles lui adressèrent pour voir ériger un siège épiscopal dans leur ville. Il écrivait à Mgr Speciano: « Les habitants de Salo ont dépassé mon attente par leur zèle : ils ont, en effet, accompli beaucoup de choses avec une perfection bien plus grande que celle que je demandais. Certes, ce fut un témoignage d'une obéissance toute nouvelle (r). »

Après avoir visité toutes les villes du lac de Garde, appartenant au diocèse de Brescia, le cardinal revint à Toscolano et de là, par le Val Trompia, il se rendit dans le Val Camonica, voisin du pays des Grisons. Sa marche dans ces pays presque sauvages fut un triomphe continuel. Partout la foule se pressait sur ses pas, élevait des arcs de verdure et de fleurs, aplanissait les routes pour les rendre plus faciles. Le clergé partageait cet enthousiasme populaire: les prêtres les plus coupables venaient s'agenouiller à ses pieds, lui ouvrir leur cœur, lui révéler les plaies de leur âme et lui, toujours bon, toujours indulgent pour les pécheurs repentants, les bénissait, les absolvait et les encoura geait dans leurs bonnes résolutions. Un de ces prêtres, malgré les prescriptions formelles du concile de Trente, avait conservé plusieurs bénéfices. La vue du cardinal Borromée suffit pour éveiller des remords dans son âme; sa conscience était chargée du fruit de tous ces

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