‹ Histoire de Saint Charles Borromée, Cardinal, Archevêque de MilanChapitre 131 sur 169 · Chapitre trente^trotsième · texte numérisé non relu

Chapitre trente^trotsième

Charles étaient pour moi comme autant d'astres lumineux : je les avais toujours devant moi, comme la colonne de feu qui guidait les Israélites dans le désert(I). »

Le cardinal Ange Marie Ouirini, évêque de Brescia, dit à son tour: « Tous, encore aujourd'hui, nous vénérons les actes de cette visite signés du nom de saint Charles ; nous les honorons comme un gage sacré de son amour. Toutes les fois que je les consulte, ce qui arrive souvent, en ouvrant et en fermant ce vénérable volume, je le baise toujours avec respect. »

A Brescia, comme partout, on l'avait reçu, honoré et aimé comme un saint. Le chef de la noble famille des Luciagi de Brescia, Jérôme, avait pour lui une vénération qu'on ne saurait dépeindre; il le suivait dans ses visites, regardait comme un grand honneur de lui rendre les plus humbles et les plus petits services; il recueillait religieusement les restes de pain ou d'eau qui venaient de la table du cardinal, il les conservait comme de très chères reliques. Après la mort du saint, en 1602, au moment où l'on commençait à lui rendre les premiers honneurs, il voulut venir à Milan, malgré sa mauvaise santé, pour vénérer son glorieux tombeau. Il descendit chez les pères Jésuites de Saint-Fidèle et après quatre jours consacrés à la prière et aux visites de la tombe vénérée de son saint ami, il mérita d'être appelé par lui à partager sa récompense céleste. Il mourut entre les bras de l'archevêque Frédéric Borromée, qui lui ferma les yeux et lui fit de splendides funérailles.

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