Chapitre trentc^quatrièmc
puisqu'elle ne veut pas les imiter, non seulement dans les offices, mais encore dans le vêtement et la barbe. Vous avez tout établi d'une manière diverse. Malgré cela, cependant, j'espère qu'on pourra défendre chacune de vos mesures et que Notre Seigneur ne voudra pas révoquer une chose faite, et déjà bien en train, en vertu de son bref (T). »
Le 4 juillet, Mgr Speciano rend compteà l'archevêque d'une visite qu'il a faite au saint père et au cardinal Morone : « Mercredi, lorsque je fus aux pieds de Sa Sainteté, je lui rappelai la copie du bref que nous vous avons mandé, avec une de mes lettres, et toutes les autres affaires, ainsi que les inconvénients qui résultaient de la diversité des rites. Il me répondit clairement qu'il ne trouvait pas bien de mettre l'ambrosien là où s'observaient les rites romains, qu'il eût fallu plutôt faire le contraire. La chose est faite, lui dis-je, elle a même été acceptée par le clergé, malgré les plaintes de quelques-uns. Alors Sa Sainteté m'a promis qu'elle ne reviendrait pas sur ce qui avait été fait et elle me l'a dit d'un ton qui me permet de croire qu'elle ne prêtera, en aucune manière, l'oreille à quiconque lui en parlera (2).>
Le cardinal Morone, quoique Milanais, ne se montra pas favorable et, dès le principe, il dit à l'agent : « Le cardinal Borromée a infligé une telle flétrissure à l'Eglise romaine que, moi et beaucoup d'autres cardinaux, nous en sommes scandalisés ; c'est une grande affaire. Et il doit venir des gens de Monza et de Trevi
1. BlB. Amb., Ms. G. 6". III, 8. — Nous avons parlé de la réforme pour la barbe. La soutane du clergé ambrosien est un peu différente de celle en usage ailleurs : elle est plus large et ne se ferme pas en avant par des boutons, elle se replie sur elle-même.