Bib. Amb., Ms. G. S. III
Le rite amtirosten.
aux pieds de Sa Sainteté pour lui demander des mesures contre ces nouveautés. »
«Je lui ai raconté ce qui s'était passé, dit l'agent, pour Trevi. Je lui certifiai ensuite qu'à Monza vous n'aviez agi qu'en vertu d'un bref du saint père ; que vous aviez l'habitude de tout faire avec réflexion ; qu'il pouvait croire que vous n'aviez pas été amené à cechangement, sans y être contraint par la nécessité de remédier à tous les inconvénients que la diversité des liturgies pouvait chaque jour enfanter dans votre diocèse. En conséquence, je le priai de se montrer bien disposé pour cette action de Votre Seigneurie, comme il l'est pour toutes les autres qui ont toujours pour fin la gloire de Dieu. » A ce discours, le cardinal Morone s'apaisa ; mais il n'en continua pas moins à dire que ce changement lui paraissait étrange, qu'il était de nature à diminuer le respect et la soumission qu'on devait à cette Eglise, mère et maîtresse de toutes les autres.
Speciano voyant l'inutilité de ses observations, désespérant de persuader le cardinal Morone de la sagesse et de l'opportunité de la mesure prise par l'archevêque, le pria au moins de vouloir bien défendre le fait accompli. Revenir si promptement sur ce qui a été fait serait trop préjudiciable au service de Dieu : ce ne serait pas le meilleur moyen d'assurer pour l'avenir à l'autorité l'obéissance à laquelle elle adroit. Il demande qu'on réfléchisse, qu'on réunisse une congrégation de cardinaux, qu'on étudie la question et enfin, si le saint père veut qu'on établisse partout la liturgie romaine, le cardinal Borromée est tout prêt à obéir (I).
i. Bib. Amb. Ms. G. S. III, 7.