‹ Histoire de Saint Charles Borromée, Cardinal, Archevêque de MilanChapitre 139 sur 169 · Chapitre trente-quatrième · texte numérisé non relu

Chapitre trente-quatrième

dit-on, ne vont plus à l'église principale, mais se rendent dans celles des religieux.

— Je n'en crois rien, Très Saint Père: le contraire a eu lieu, quand le cardinal s'est, dès le principe, rendu à Monza. »

« Mais j'avais peur, dit Speciano, que le saint père ne me donnât un ordre formel et je me hâtai d'ajouter : Votre Sainteté peut croire que le cardinal porte assez d'amour à ses brebis pour trouver un moyen de les satisfaire, n'importe par quelle mesure qu'il jugera la plus utile aux âmes et au service de Dieu.

€ Et le pape approuvant ce que je disais : « Ecrivez lui qu'il voie à les consoler (J) ! »

Speciano pensait que la chose en resterait là ; mais quelques jours après le pape insista de nouveau, il déclara que les habitants de Monza ne voulant point le rite ambrosien, il fallait leur rendre la liturgie romaine. « Le cardinal est prêt à obéir, répondit l'agent, si Votre Sainteté commande. » Il fît observer toutefois qu'il serait bon de laisser à l'archevêque l'initiative de cette mesure (2).

Cependant le saint ne se pressait pas. Il avait même adressé à Monza, pour le jubilé, des litanies conformes au rite ambrosien; de nouvelles plaintes se firent entendre : i Je vois bien, dit le pape, qu'il ne veut pas leur rendre le rite romain.

— Le cardinal est prêt à obéir, réplique Speciano, et il l'eût fait déjà, si les coupables, comme le pape luimême le leur avait ordonné, étaient venus s'humilier devant leur archevêque et faire des excuses.

i. Lettre du 15 août : Bib. Amb. Id.

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